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Crise libyenne : L’Onu tire la sonnette d’alarme

16 mai 2019 à 8 h 11 min

Des agences onusiennes s’inquiètent de la dégradation de la situation humanitaire dans la région de Tripoli où se poursuivent les affrontements entre les forces du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, et celles du maréchal Khalifa Haftar qui, sous prétexte de lutter contre le terrorisme, veut contrôler la capitale libyenne par la force.

D’après un bilan publié cette semaine par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les combats ont fait 454 morts et plus de 2154 blessés. Le porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Joël Millman, a alerté quant à lui sur le fait que «l’insécurité croissante à Tripoli mettait en danger les déplacés et les migrants».

Selon la même source, les affrontements et les bombardements ont déjà fait plus de 66 000 déplacés en Libye. «L’augmentation rapide du nombre de personnes déplacées est préoccupante alors que les combats s’intensifient en l’absence d’un cessez-le-feu humanitaire», a alerté Joël Millman.

Le mécanisme conjoint d’intervention rapide mis en place par l’OIM, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a, jusqu’à présent, explique-t-on, fourni des secours de première nécessité à 18 210 personnes.

Les Nations unies sont particulièrement préoccupées par le sort de plus de 3300 migrants et réfugiés retenus dans des centres de détention. «Dans plusieurs centres de détention, en particulier dans la région occidentale, des personnes ont besoin de soins médicaux d’urgence», a indiqué de son côté le porte-parole de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Charlie Yaxley, précisant que la nourriture disponible sur place est rare et que les installations d’eau et d’assainissement sont en mauvais état.

L’OIM s’inquiète en outre du retour des migrants vers des ports dangereux et de leur placement dans des centres de détention, souvent surpeuplés. L’organisation onusienne a indiqué qu’elle n’était pas en mesure de garantir la protection des migrants détenus, appelant à leur libération immédiate.

Trafic d’armes

Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est inquiété de l’armement entrant en Libye. «Je suis profondément préoccupé par les opérations militaires actuelles en Libye qui seraient alimentées par des transferts d’armes dans le pays, y compris via la mer», écrit-il dans un rapport portant sur la mission européenne Sophia.

Lancée en 2016 par l’ONU, cette mission autorise l’inspection de navires au large de la Libye. Selon le document de l’ONU, les autorités portuaires et les douanes libyennes ont saisi, en février à Misrata, des véhicules blindés et des armes en janvier à Khoms.

Dans un rapport récent, le Comité des experts de l’ONU, chargé de contrôler l’embargo sur les armes, indique enquêter sur l’implication d’une «troisième partie», probablement les Emirats arabes unis, dans le lancement en avril de missiles sur des unités fidèles à Tripoli.

Au plan politique, c’est évidemment le blocage. Les deux belligérants refusent de faire taire les armes et de reprendre les négociations.

Dans une déclaration adoptée lundi, le Conseil des affaires étrangères de l’UE a d’ailleurs exprimé ses inquiétudes sur l’impact des actions militaires sur les civils à Tripoli. Il a souligné qu’il n’y avait pas de solution militaire à la crise libyenne, exhortant toutes les parties impliquées à retourner à la table des négociations sous l’égide de l’ONU.

La Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) a souligné de son côté, dans un communiqué, que l’attaque contre Tripoli et la violence qui s’ensuit menacent la paix et la sécurité internationales, et le plus important, la stabilité de la Libye. Elle a exhorté une nouvelle fois toutes les parties libyennes à «coopérer rapidement avec les Nations unies pour un cessez-le-feu immédiat».

Elle a mis en garde contre les attaques aveugles contre les civils et les infrastructures civiles, rappelant à toutes les parties libyennes leurs obligations dans la cadre du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

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