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Crise libyenne : L’ONU redoute une escalade régionale

29 juin 2020 à 9 h 28 min

Les deux principaux belligérants, les forces alliées au GNA et l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar, continuent de renforcer leurs positions autour de Syrte dans l’éventualité d’une bataille qui pourrait être déterminante.

L’émissaire par intérim de l’ONU en Libye, Stephanie Williams, a saisi l’opportunité d’une rencontre, samedi à Rome, avec le chef du gouvernement d’union nationale (GNA), Fayez Al Sarraj, pour rappeler ses inquiétudes concernant l’évolution du conflit libyen.

Elle s’est dite «très contrariée» par des informations concernant la présence «de nouveaux groupes de mercenaires de différentes nationalités» sur des sites pétroliers libyens. Cette présence, a-t-elle déploré, «menace de transformer en zone de combats le ‘‘croissant pétrolier’’», un secteur situé dans le nord-est de la Libye et comprenant les principaux terminaux et ports pétroliers du pays.

Vendredi, la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a dénoncé la présence de «mercenaires russes du groupe Wagner et étrangers» sur le champ Al Charara, l’un des plus importants, dans une zone toujours contrôlée par le maréchal dissident Khalifa Haftar.

La Libye dispose des réserves de pétrole les plus abondantes d’Afrique, mais leur exploitation est largement entravée par le conflit opposant depuis 2015 les pouvoirs rivaux de l’Ouest et de l’Est et qui a évolué, avec le temps, en guerre par procuration dans laquelle la Russie, l’Egypte, les Emirats et la France affrontent la Turquie.

Le déplacement du président du Conseil présidentiel du GNA à Rome, pour des «raisons personnelles», selon les médias italiens, intervient à un moment où la communauté internationale redoute une reprise des combats à Syrte. Les deux principaux belligérants, les forces alliées au GNA et l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar, continuent de renforcer leurs positions autour de cette ville côtière dans l’éventualité d’une bataille. Aussi, les appels pour un cessez-le-feu se sont-ils multipliés ces derniers jours.

La communauté internationale craint le pire. Pour certains observateurs, «une telle bataille pourrait mener à une escalade régionale, surtout que l’Egypte, qui soutient le maréchal dissident Khalifa Haftar, a menacé de s’impliquer dans le conflit dans le cas où le GNA déciderait de reprendre la ville de Syrte». A ce jour, toutes les tentatives visant à instaurer un cessez-le-feu durable ont échoué. Les cessez-le-feu conclus jusque-là ont tous été violés par les troupes de Khalifa Haftar.

Pour la Turquie, principal soutien du gouvernement de Tripoli, aucun cessez-le-feu ne pourra être signé en Libye, entre le GNA et le maréchal Khalifa Haftar, tant que les forces de ce dernier n’auront pas quitté la ville de Syrte. «Un cessez-le-feu doit être viable, ce qui veut dire que l’autre partie, la ANL de Haftar, ne doit plus se trouver dans une position lui permettant de lancer, quand elle veut, une nouvelle attaque contre le gouvernement légitime», avait déclaré, samedi 20 juin, Ibrahim Kalin, le porte-parole de la Présidence en Turquie.

Le GNA estime que toutes les parties doivent retourner à leurs positions de 2015, lorsque l’accord politique inter-libyen de Skhirat a été signé, ce qui veut dire que les forces de Haftar doivent se retirer de Syrte et d’Al Joufra.

Les développements des prochains jours sur le terrain seront donc déterminants. Mais le choix militaire serait, dit-on, un dernier recours pour Le Caire qui soutient, avec les Emirats arabes unis et l’Arabie Saoudite, le maréchal dissident Khalifa Haftar. Selon des proches de la Présidence égyptienne, cités par la presse française, l’intervention pourrait-être «progressive et limitée».

C’est que les Egyptiens redoutent de s’enliser dans le conflit libyen. Economiquement fragile, l’Egypte n’a pas les moyens financiers nécessaires pour mener une guerre longue en Libye. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le président Abdelfattah Al Sissi a multiplié, ces derniers jours, les contacts diplomatiques avec les Européens et les Américains.

Il attend notamment de ses interlocuteurs qu’ils convainquent la Turquie et le GNA de «geler» le front. Un gel qui serait le prélude à une reprise des négociations.



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