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Crise libyenne : Les enjeux de la conférence de Berlin

19 janvier 2020 à 9 h 30 min

Les travaux de la conférence internationale sur la Libye, pays plongé dans le chaos depuis le renversement par les Occidentaux du régime de Mouammar El Gueddafi en 2011, s’ouvrent aujourd’hui à Berlin, en Allemagne, sur une petite note d’optimisme.

Un optimisme certes mesuré et prudent, mais un optimisme quand même. Pourquoi ? En plus de noter avec «satisfaction» que le cessez-le-feu demandé par Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan le 12 janvier tient en dépit de violations inévitables, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a fait savoir en effet que les textes qui doivent être adoptés lors de cette conférence placée sous l’égide de l’ONU ont déjà été largement agréés par les différentes parties.

La remarque vaudrait en tout cas pour les principaux protagonistes de la crise, le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale et son rival de l’est du pays, en guerre ouverte depuis le mois d’avril denier. Le conflit a déjà fait plus de 2000 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Les documents en question portent sur le cessez-le-feu, une meilleure application de l’embargo sur les armes (violé par une douzaine d’Etats l’an passé), les questions militaires, comme celle du désarmement, le retour à la négociation politique, un volet économique et financier et enfin les droits de l’homme et le droit international humanitaire. Selon l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, trois d’entre eux sont déjà en marche.

«Une première réunion sur les enjeux économiques s’est déroulée à Tunis le 6 janvier dernier. Un dialogue politique est prévu à Genève à la fin du mois. L’agenda de la commission militaire est prêt : nous attendons seulement que les deux parties libyennes donnent leur liste de cinq officiers qui constitueront cette commission», a-t-il précisé dans une déclaration faite à la presse libyenne.

Relancer le dialogue inter-libyen

La conférence de Berlin, à laquelle participent, entre autres, l’Algérie, l’Egypte, les Emirats arabes unis, la Russie, la Turquie, les Etats-Unis, la Chine, l’Italie et la France, doit, d’après lui, «faire office de parapluie international afin d’aider les acteurs libyens à avancer sur ces points». Mais pour que ce parapluie fonctionne, Ghassan Salamé estime urgent que «cessent les ingérences étrangères».

Et les ingérences en Libye, ce n’est pas ce qui manque. Elles sont tellement nombreuses qu’elles ont fini par transformer un conflit interne de basse intensité, opposant les pouvoirs de Tripoli et Tobrouk, en une guerre par procuration qui risque aujourd’hui de provoquer l’éclatement du pays. C’est justement cette crainte d’une internationalisation de la crise et d’une déflagration de la Libye qui a conduit à l’accélération de la tenue de la conférence de Berlin.

Cette guerre par procuration – pour les ressources et l’emplacement géostratégique de la Libye – oppose d’un côté la Turquie à l’Egypte, aux Emirats arabes unis et à l’Arabie Saoudite et de l’autre les Européens aux Russes et aux Turcs.

Arrêter les ingérences

«Toute ingérence étrangère peut avoir un effet d’aspirine à court terme», a dit M. Salamé dans une allusion notamment au cessez-le-feu entré en vigueur le 12 janvier à l’initiative de Moscou et d’Ankara. «Mais la Libye a besoin que toutes les ingérences étrangères cessent. C’est un des objectifs de cette conférence» dans la capitale allemande, a-t-il assuré tout en soulignant la nécessité de «consolider le cessez-le-feu». Malgré son optimisme, Ghassan Salamé ne pense pas que le chef du GNA, Fayez El Sarraj, et l’homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar, qui cherche à le renverser, signeront aujourd’hui un accord à Berlin.

Pour lui, ce serait déjà bien qu’ils acceptent de s’engager dans une dynamique de sortie de crise. En revanche, il est crucial, selon lui, que les participants à la conférence de Berlin, en particulier ceux dont les pays sont impliqués dans le conflit, prennent l’engagement de respecter l’embargo sur les armes imposé à la Libye depuis 2011, mais resté jusque-là lettre morte. Ils doivent aussi souligner leur appui à la relance du processus politique.

Sans cela, la conférence de Berlin risque en effet de rééditer l’échec de Paris en mai 2018 et de Palerme en novembre 2018. «La conférence de Berlin doit assurer le minimum de consensus international, ce qui m’avait fâcheusement manqué lors de mes tentatives antérieures.

Le défi consiste à faire de la Libye une enclave où l’on se mettrait d’accord sur une idée commune de la sécurité collective. Ne pas relever ce défi nuira à tout le monde», reconnaît Ghassan Salamé, qui joue à Berlin son va-tout. Il est vrai que pour le moment, rien n’est encore acquis.

 

 

 

 

 

Les pro-Haftar bloquent les principaux terminaux pétroliers

Des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, l’un des principaux protagonistes du conflit en Libye, ont bloqué hier les principaux terminaux pétroliers situés dans l’est du pays, a indiqué la Compagnie nationale de pétrole (NOC). Dans un communiqué, la NOC a annoncé l’arrêt des exportations dans les ports du croissant pétrolier, poumon de l’économie libyenne : Brega, Ras Lanouf, Al Sedra et Al Hariga. Ce blocage provoquera la chute de la production du pays de 1,3 million barils par jour à 500 000 bj et un manque à gagner de 55 millions de dollars par jour, selon la compagnie. La NOC a déclaré «la force majeure» sur les sites concernés, une mesure invoquée dans des circonstances exceptionnelles, qui permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole. Un groupe proche du maréchal Haftar avait appelé vendredi à bloquer les exportations pétrolières du pays pour protester contre l’intervention turque dans le conflit, suscitant les inquiétudes de la NOC. La NOC avait alors dénoncé vendredi des outils de pression «pour des négociations politiques» à deux jours de la tenue d’une conférence internationale à Berlin visant à relancer un processus de paix en Libye.



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