Crise libyenne : Consternation et horreur à Tripoli | El Watan
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Crise libyenne : Consternation et horreur à Tripoli

18 avril 2019 à 8 h 30 min

La population de Tripoli a vécu une nuit d’horreur avant-hier soir. Les bombardements ne se sont arrêtés qu’à l’aube, alors que le Conseil de sécurité ne s’est pas entendu, pour la troisième fois depuis le début des combats, sur une proposition britannique condamnant les violences et demandant un cessez-le-feu.

Les camps de Haftar et Al Sarraj s’accusent d’être à l’origine des bombardements chaotiques subis par la capitale libyenne et ayant causé quatre décès à Bouslim, au sud de Tripoli. Les deux camps libyens ont condamné les bombardements de la nuit de mardi à mercredi à Tripoli.

Le commandement général de Haftar a condamné les milices, «habituées à de pareilles pratiques et cherchant la sympathie internationale pour obtenir un cessez-le feu au Conseil de sécurité». Al Sarraj a visité les quartiers bombardés.

Il a accusé Haftar d’être à l’origine de ces bavures et annoncé qu’il portera devant la Cour pénale internationale. L’envoyé spécial de l’ONU, Ghassen Salamé, a appelé à l’arrêt des bombardements chaotiques qui mettent les vies des citoyens en danger.

Les citoyens, joints par El Watan à Tripoli, se disent consternés par la tournure prise par les événements. Mohamed, un journaliste de 29 ans, résidant dans le quartier de l’aéroport international, à une vingtaine de kilomètres au sud de Tripoli, assure que «ce genre de bombardements rappelle la terreur des combats de l’été dernier». Mahmoud, un enseignant vivant dans le quartier de Souani, écarte la possibilité que «l’armée en soit à l’origine puisque les bombardements n’ont pas été accompagnés d’une avancée des troupes».

Dans tous les cas de figure, les citoyens condamnent cette montée des périls. Salama Ali, ancien membre de Tarhouna du Conseil national de transition, dit que «Haftar n’a aucun intérêt à faire de pareils bombardements puisqu’il veut obtenir la sympathie de la population de la ville». Il ajoute que «cela lui rappelle les montages concernant l’utilisation des gaz chimiques par l’armée syrienne, pour justifier une condamnation, voire même une intervention internationale».

Le vice-président du GNA, Fathi Bach Agha, n’a pas manqué de demander un soutien international dans une interview sur la chaîne Libya Al Ahrar. De son côté, Khaled Mechri, le président du Conseil de l’Etat, a réclamé la levée de l’embargo sur les armes, promulgué par le Conseil de sécurité, pour pouvoir résister à l’avancée de l’armée de Haftar.

Champs de bataille

Les informations en provenance des aires de combat indiquent que tous les affrontements se passent dans des zones situées entre 10 et 50 kilomètres au sud et à l’ouest de Tripoli, dans les zones d’El Azizia, l’aéroport international, Aïn Zara, Souani et l’avenue d’Ezzaouia. L’est de Tripoli, abritant l’aéroport de Myitiga et la route vers Misrata, est épargné par les combats.

Toutefois, la piste et l’aire d’atterrissage militaire dudit aéroport ont été attaquées et endommagées par l’aviation de Haftar au début des combats.

Les observateurs constatent que les lignes de front bougent lentement depuis le début des combats. L’armée de Haftar essaie d’attirer les milices dans des affrontements en dehors de la ville pour «épargner les civils», selon le porte-parole Mismari, qui a précisé que l’ANL n’est opposée qu’aux groupes armés proches des islamistes radicaux, disparus de la circulation depuis l’été 2016 et qui ont refait leur apparition dans les rangs d’Al Sarraj.

Par ailleurs, concernant les troupes de Misrata, «Al Bouniane Al Marsous» (le bloc soudé) celles qui ont libéré Syrte des mains de Daech, elles se préservent pour les mauvais jours. L’état-major du «bloc soudé» estime que la bataille sera longue. Il préfère envoyer, d’abord, les milices sur les premières lignes pour épuiser les forces de Haftar.

L’élite n’entrera dans les combats qu’en phase avancée et alors que l’adversaire est déjà à bout de souffle. L’autre raison évoquée par les observateurs, est d’ordre défensif. Les forces de Haftar sont à 50 kilomètres de Syrte.

L’avancée des forces de Misrata vers Tripoli va systématiquement pousser l’ANL à s’emparer de Syrte et faciliter ainsi ses approvisionnements. Les forces du «bloc soudé» ont donc deux soucis contradictoires, ce qui affaiblit potentiellement les forces soutenant Al Sarraj.


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