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Crise libyenne : Bernard-Henri Lévy chassé de Tarhouna

27 juillet 2020 à 9 h 45 min

Le pseudo philosophe français Bernard-Henri Lévy, très impliqué dans la décision française d’intervenir en Libye contre Mouammar El Gueddafi en 2011, a provoqué une controverse après une visite mouvementée samedi dans l’Ouest libyen, d’où il a été pratiquement chassé comme un vulgaire malfrat.

Selon des sources locales, BHL a atterri samedi à bord un jet privé à l’aéroport de Misrata, à 200 km à l’ouest de Tripoli. Il devait y rencontrer plusieurs responsables locaux et députés avant de visiter Tarhouna (ouest) pour enquêter sur des charniers découverts dans la ville, après le départ des troupes du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen.

Intervenant brièvement sur la chaîne libyenne pro-GNA Libya Al Ahrar, BHL a indiqué être venu en Libye «en tant que journaliste» pour un reportage pour le quotidien américain Wall Street Journal.

BHL, rapporte l’AFP, devait d’abord être reçu hier par Fathi Bashagha, ministre de l’Intérieur du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, et par des responsables des villes de Misrata et Tarhouna. Mais son programme tomba à l’eau. Tout le monde a en effet refusé de le rencontrer. La raison ? Il n’est pas difficile de la deviner. Après son engagement auprès des rebelles en 2011, BHL a beaucoup perdu de son aura.

Il est même devenu persona non grata pour de nombreux Libyens, notamment pour son activisme en faveur d’une intervention internationale en 2011, menée par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Une intervention qui a détruit la Libye et plongé les Libyens dans une guerre civile qui ne connaît pas encore son épilogue.

L’opposition à sa visite par une grande partie de l’opinion publique dans l’Ouest libyen est motivée aussi par les accusations du GNA contre la France, soupçonnée d’avoir appuyé l’offensive de Haftar contre Tripoli. Si l’objectif de la visite de BHL était de redorer le blason de la France dans l’Ouest libyen après son soutien au maréchal Haftar, c’est donc un fiasco complet.

Samedi, des groupes pro-GNA ont d’ailleurs empêché le convoi de BHL d’entrer à Tarhouna, à 65 km au sud-est de Tripoli et dernier fief des pro-Haftar dans l’Ouest. Des coups de feu ont été tirés en l’air pour preuve de leur détermination à lui interdire l’accès de la ville. BHL n’a eu d’autre alternative que de rebrousser chemin très vite et de reprendre son avion. Il n’oubliera certainement pas de sitôt sa virée libyenne.

Embarrassé par l’affaire, le bureau de Fayez Al Sarraj, chef du GNA, a démenti «tout lien» avec la visite de BHL et annoncé dans un communiqué avoir ouvert une «enquête» sur les circonstances de la visite, promettant des «mesures dissuasives» contre toutes les personnes impliquées dans l’organisation de la visite.


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