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Crise libyenne : Alger et Tunis affichent leurs inquiétudes

17 juin 2019 à 9 h 02 min

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a exprimé l’inquiétude des trois pays voisins (Algérie, Tunisie et Egypte) de la Libye quant à la situation prévalant dans ce pays, et ce, lors de son entretien avec l’envoyé spécial de l’ONU, Ghassan Salamé. Algériens et Tunisiens s’inquiètent davantage du moment que les combats concernent la Tripolitaine et se déroulent autour de Tripoli.

Le communiqué publié suite à la rencontre tripartite a d’ailleurs longuement exprimé l’inquiétude commune face à la poursuite des combats.

Il a appelé à la multiplication des démarches auprès des belligérants libyens et des membres influents au Conseil de sécurité, en vue de parvenir à un cessez-le-feu et un retour au dialogue politique. Khemaies Jhinaoui, Sabri Boukadoum et Sameh Choukri ont mis l’accent sur la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire en Libye, ainsi que l’absence d’une alternative efficace au Conseil de sécurité, vu la différence d’approche de ses membres décideurs.

Pour ce qui est de la bataille de Tripoli, qui est déjà dans sa 11e semaine, l’armée de Khalifa Haftar maintient fermement ses positions au sud de Tripoli. Il y a donc un risque réel que la capitale libyenne connaisse, en cas de percée du camp de Haftar, une grande fuite d’éléments armés et une désertion d’une partie de sa population vers l’Ouest.

Les autorités tunisiennes ont déjà annoncé le renforcement du contrôle sur la frontière tuniso-libyenne, se trouvant à 165 kilomètre de Tripoli.

La frontière algérienne est certes plus éloignée (350 kilomètres), mais il y a surtout un souci sécuritaire dans ces régions, puisqu’il s’agit de grandes étendues sahariennes, difficilement contrôlables. L’inquiétude des pays voisins vient également du fait que la communauté internationale continue à observer de loin et timidement la scène libyenne.

Le Conseil de sécurité a renouvelé, la semaine dernière, les dispositions d’embargo sur les ventes d’armes à la Libye, en place depuis 2011, en autorisant les fouilles des navires suspects. Toutefois, pareilles dispositions n’ont pas empêché d’armer les Libyens, tous groupes confondus.

Le juge libyen Jamel Bennour dit avoir vu sur les pages Facebook des groupes armés, et comment des navires turcs ont déchargé des voitures blindées, des batteries de missiles et des munitions au port de Misrata et au profit du gouvernement d’Al Sarraj.

L’armée de Haftar bénéficie, quant à elle, du soutien de l’Egypte et de financements de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis. Donc, l’embargo existe juste sur les résolutions. Algériens et Tunisiens ont raison d’être inquiets, vu le volume d’armes en circulation en Libye.

Concernant le désastre humanitaire, causé par cette guerre, Salamé parle de 670 morts et 3547 blessés, dont 126 civils. Plus de 94 000 civils tripolitains ont été obligés de quitter leurs domiciles pour fuir les combats.

État des lieux

Pour ce qui est de la situation militaire, il est clair que les troupes de l’Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar pratiquent une stratégie d’usure contre les groupes armés soutenant le gouvernement Al Sarraj. L’ANL est basée, depuis la première semaine d’avril, dans plusieurs positions au sud de Tripoli, comme l’ancien aéroport international et le pont de Souani, plus à l’ouest.

Les groupes armés d’Al Sarraj ont essayé, en vain, de la déloger, notamment mardi, mercredi et jeudi derniers, lorsqu’ils ont concentré leurs forces dans une attaque contre l’aéroport. Le camp Al Sarraj a également essayé, sans aucun succès, de briser les lignes d’approvisionnement des troupes de Haftar, venant de l’Est et passant par le Sud, longues de près de 2000 kilomètres.

«La solidité de l’approvisionnement donne la preuve que Haftar a renforcé ses arrières», explique le politologue Ezzeddine Aguil à El Watan. «La stratégie de Haftar table sur le manque de discipline des miliciens, qui finiront par fuir la bataille au bout de quelques mois, comme ce fut le cas à Benghazi et Derna», ajoute le politologue. Maintenant, reprend-il, il y a une donnée régionale spécifique dans ces combats. «L’armée de Haftar est face aux combattants de Misrata à Tripoli.

Les villes de l’Est, du Sud et, même Misrata, sont épargnées. Il y a donc un grand risque de destruction de la capitale libyenne, puisqu’il est vraiment improbable de trouver un compromis politique à ce conflit», conclut le politologue d’un ton amer.


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