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Crise libyenne : Al Sarraj tend la main à Tobrouk

18 juin 2019 à 10 h 00 min

L’initiative du Gouvernement d’union nationale (GNA), seule autorité légitime reconnue par les Nations unies en Libye, prévoit la tenue simultanée «d’élections présidentielle et législatives avant fin 2019», sans annoncer de calendrier.

Le chef du gouvernement libyen d’union nationale (GNA), Fayez Al Sarraj, a annoncé dimanche une initiative politique pour sortir le pays d’une profonde crise qui perdure.

«Partant de ma responsabilité nationale et malgré l’offensive brutale que nous continuerons à repousser (…) et à vaincre, je présente aujourd’hui une initiative politique pour une sortie de crise», a indiqué Fayez Al Sarraj, lors d’une allocution diffusée par la chaîne Libya Al Wataniya basée à Tripoli.

«En coordination avec la Mission d’appui de l’ONU en Libye» (Manul), M. Al Sarraj a proposé la tenue d’un «forum libyen» pour réunir «les forces nationales influentes sur les plans politique et social, et partisanes d’une solution pacifique et démocratique».

Cette initiative prévoit également la tenue simultanée «d’élections présidentielle et législatives avant fin 2019», sans toutefois annoncer de calendrier.

Fayez Al Sarraj, qui dirige un gouvernement reconnu par l’ONU, a par ailleurs estimé que l’offensive lancée il y a plus de deux mois par le maréchal Khalifa Haftar, pour s’emparer de la capitale, était vouée à l’échec. Jusqu’à hier, le gouvernement rival de Tobrouk qui soutient Haftar n’a pas fait connaître sa position concernant l’offre de dialogue de Tripoli.

Statu quo mortel

Après plus de deux mois d’offensive pour prendre la capitale Tripoli, les forces de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), du maréchal Haftar, sont toujours bloquées aux portes de Tripoli et les positions sont figées.

Les deux camps refusent jusqu’ici de négocier un cessez-le-feu. Le GNA exige le retrait des forces du maréchal Haftar vers leurs positions initiales, dans le sud et l’est du pays. M. Al Sarraj accuse le maréchal Haftar de chercher à «saper le processus démocratique (…) et à rétablir un régime totalitaire, celui d’un individu et d’une seule famille».

Le maréchal Haftar affirme de son côté combattre des «terroristes» et refuse lui aussi de faire marche arrière, synonyme d’une défaite pour lui et ses alliés.

Selon un dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les combats ont fait depuis le 4 avril 653 morts, dont 41 civils, ainsi que plus de 3500 blessés, dont une centaine de civils. 94 000 personnes ont été déplacées des zones de combat, d’après les chiffres de l’ONU.

Bien que l’ONU ait imposé un embargo sur les armes, les deux belligérants sont toujours alimentés, au vu et au su de tout le monde, par des acteurs régionaux et extrarégionaux.

L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a d’ailleurs récemment alerté sur les «risques graves» qu’encourt la Libye si le conflit ne trouve pas une issue rapidement. Dans la foulée, il a accusé la communauté internationale de faire preuve de «passivité» et d’être dans une «complaisance quasi-criminelle» à l’égard de la situation du pays.

Le 21 mai, M. Salamé avait mis en garde devant le Conseil de sécurité contre «le début d’une guerre longue et sanglante» qui «pourrait conduire à la division permanente du pays». Le diplomate libanais avait appelé alors à un cessez-le-feu immédiat en Libye et à une reprise des négociations.

Ghassan Salamé pense qu’il faudrait «étoffer la table des négociations» pour être sûr que les principaux acteurs qui peuvent faire la guerre «soient là à la table de la paix». «Je veux que les hostilités cessent», avait martelé le médiateur de l’ONU. Il n’avait pas été entendu. 


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