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Crise dans le Golfe : Doha évoque une sortie de l’impasse

08 décembre 2019 à 9 h 40 min

Le chef de la diplomatie qatarie a, selon la chaîne qatarie Al Jazeera, fait état vendredi de «progrès» dans les discussions avec l’Arabie Saoudite visant à mettre fin à la dispute perdurant dans le Golfe depuis plus de deux ans.

Des discussions facilitées par une médiation koweïtienne. «Ces dernières semaines, nous sommes passés d’une impasse à des progrès lors de discussions qui ont eu lieu entre nous et l’Arabie Saoudite spécifiquement», a déclaré cheikh Mohammed Ben Abderrahmane Al Thani lors du Forum du dialogue méditerranéen à Rome. «Nous espérons que ces discussions aboutiront à des progrès permettant de mettre un terme à la crise», a-t-il ajouté, affirmant qu’en 2017, «le blocus du Qatar et les événements qui ont suivi ont affecté et compromis la sécurité dans notre région». D’après une source diplomatique arabe, le ministre s’était rendu en Arabie Saoudite le mois dernier.

Ces déclarations font suite à l’invitation adressée par le roi Salmane d’Arabie Saoudite mardi à l’émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) prévu le 10 décembre à Ria. L’émir n’a pas encore répondu à cette invitation. Lors des derniers sommets, rappelle l’AFP qui rapporte l’information, le Qatar n’était représenté que par des hauts responsables, malgré des invitations transmises au cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani.

Si des observateurs saoudiens ont minimisé l’importance de l’invitation, soulignant qu’il s’agissait du protocole, d’autres y ont vu une nouveau signe de détente. «Les signes d’une réconciliation imminente se multiplient», avait estimé Kristian Ulrichsen, chercheur à l’Institut Baker de l’université Rice, aux Etats-Unis. Le Qatar accueille ainsi actuellement la Coupe du Golfe de football avec la participation, notamment, des sélections saoudienne, émiratie et bahreïnie, annoncée à la dernière minute, une première depuis le gel des relations avec Doha.

L’équipe saoudienne s’est rendue directement à Doha malgré l’interdiction des vols directs, mais celle des Emirats a fait escale dans un pays tiers. Plusieurs diplomates à Doha ont cependant laissé entendre qu’il existait des divisions parmi les adversaires du Qatar, les Saoudiens souhaitant une réconciliation tandis que les Emirats semblent préférer garder leurs distances.

En juin 2017, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont, rappelle-t-on, rompu leurs liens avec le Qatar qu’ils accusent de soutenir des mouvements islamistes – ce qu’il nie – et de se rapprocher de l’Iran, principal rival régional du royaume saoudien. Les quatre pays ont également imposé un embargo sur l’émirat gazier avec la fermeture de leurs espaces aériens aux avions du Qatar, la fermeture des routes terrestres et la suspension du commerce.

Après l’annonce de l’embargo en 2017, Riyad, Abou Dhabi, Manama et Le Caire avaient imposé 13 conditions sine qua non pour une reprise des relations avec Doha, dont la suspension de la chaîne qatarie Al Jazeera, la réduction des liens avec l’Iran ou encore la fermeture d’une base militaire turque dans l’émirat.

Le Qatar avait fermement rejeté ces demandes. Mais la récente montée des tensions avec l’Iran, accusé d’être responsable d’attaques dans le Golfe et contre des installations pétrolières saoudiennes, semble toutefois avoir incité l’Arabie Saoudite, chef de file des pays du Golfe, à modérer sa position et à tenter de construire un front arabe uni, selon des analystes.

A. Z. et agences


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