Contestation en Irak : Echec annoncé du plan de sortie de crise de l’ONU | El Watan
toggle menu
samedi, 14 décembre, 2019
  • thumbnail of elwatan14122019


  • Massage Tunisie

Contestation en Irak : Echec annoncé du plan de sortie de crise de l’ONU

12 novembre 2019 à 9 h 01 min

Pour les protestataires, le système politique créé après la chute de Saddam Hussein en 2003 est à bout de souffle. Ils veulent une nouvelle Constitution et une classe politique entièrement renouvelée.

Alors que le centre de Baghdad, pris sous les tirs et saturé de gaz lacrymogènes, avait des airs de champ de bataille, Jeanine Hennis-Plasschaert, cheffe de la Mission d’assistance de l’ONU (Unami), a proposé dimanche soir une feuille de route pour sortir d’une crise ayant – officiellement – fait 319 morts depuis le 1er octobre.

A Najaf, où siège le grand ayatollah Sistani, figure tutélaire de la politique en Irak, Mme Hennis-Plasschaert s’est efforcée de consolider sa démarche : elle a annoncé que la plus haute autorité religieuse pour la majorité des chiites d’Irak avait endossé sa feuille de route, qui prévoit notamment une révision de la loi électorale sous deux semaines.

Le grand ayatollah, qui ne s’exprime jamais en public, «s’inquiète de voir que les forces politiques ne s’investissent pas sérieusement pour mener des réformes», a rapporté Mme Hennis-Plasschaert. Pour lui, «si les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif ne sont pas capables ou ne veulent pas mener sérieusement ces réformes, il y aura un moyen de penser à une approche différente», a-t-elle ajouté, en refusant d’étayer davantage.

Malgré ces propos rapportés, le grand ayatollah Sistani, qui passe pour faire et défaire les Premiers ministres, n’a pas retiré jusqu’ici sa confiance à Adel Abdel Mehdi, dont les manifestants exigent le départ. Il plaide pour des solutions politiques et «pacifiques» aux revendications «légitimes» des manifestants.

«Mais, dans la rue, cela ne suffit pas», croit savoir l’AFP. Pour les protestataires, le système politique créé après la chute de Saddam Hussein en 2003 est à bout de souffle. Ils veulent une nouvelle Constitution et une classe politique entièrement renouvelée. Quant aux appels du grand ayatollah à éviter la violence, ils n’ont jusqu’ici eu aucun impact alors que la majorité des forces politiques du pays se sont entendu pour en finir avec la contestation, quitte à recourir à la force.

Beaucoup dénoncent «une nouvelle république de la peur» en Irak, où des dizaines de manifestants ont été raflés – arrêtés ou enlevés. Hier, malgré tout, de nouveaux rassemblements ont lieu à Nassiriya, Al Hilla, Diwaniya et Kout, dans le Sud, où la désobéissance civile continue de paralyser des administrations et des écoles. La rue conspue toujours l’Iran, grand rival des Etats-Unis en Irak, accusé d’être l’architecte du système politique, rongé par le clientélisme et la corruption.

Les Etats-Unis, en revanche, sont les grands absents – il n’y a quasiment aucun slogan contre eux et très peu de réactions de la part de leurs autorités. Hier, la Maison-Blanche a tout de même proposé «des élections anticipées», option mise en avant il y a une dizaine de jours par le président Barham Saleh, mais rejetée par Adel Abdel Mehdi.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!