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Conflit libyen : La Maison-Blanche avait soutenu l’offensive de Haftar contre Tripoli

18 avril 2020 à 7 h 01 min

L’Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie n’ont pas été les seuls pays à avoir soutenu l’offensive militaire lancée par Khalifa Haftar contre Tripoli en avril 2019 qui a fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Washington compte également parmi les capitales ayant donné leur feu vert à l’opération de renversement du Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu pourtant par la communauté internationale.

Aux Etats-Unis, révèle le New York Times (NYT) qui cite de hauts responsables de l’Administration américaine, c’est l’ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, qui a signifié en personne à Khalifa Haftar qu’il pouvait faire mouvement sur la capitale libyenne. «Si vous voulez attaquer Tripoli, alors faites le rapidement», aurait-il dit au chef de l’Armée nationale libyenne (ANL) qui l’avait appelé peu de temps avant l’offensive pour avoir l’approbation de Washington pour lancer son assaut contre Tripoli. Haftar sera même par la suite conforté dans sa position par un appel du locataire de la Maison-Blanche.

Intense lobbying

Le quotidien américain daté du 14 avril précise, dans un article intitulé «Les Etats-Unis ont béni la guerre en Libye mais la Russie l’a gagnée», que les Emirats arabes unis et l’Egypte ont mené un intense lobbying à Washington pour amener la Maison-Blanche à soutenir Khalifa Haftar.

Le prince héritier Mohamed Ben Zayed des Emirats arabes unis – qui est présenté comme étant le plus important mécène de Khalifa Haftar – a commencé travailler au corps très tôt l’entourage immédiat du président Donald Trump. Le NYT indique à ce propos qu’il avait déjà présenté Khalifa Haftar aux membres de l’équipe de politique étrangère de M. Trump lors d’une réunion secrète à New York en décembre 2016.

Mohammed Ben Zayed et le président égyptien Abdelfattah Al Sissi sont, mentionne-t-on, revenus depuis régulièrement à la charge pour amener Donald Trump à cautionner le renversement du GNA. En guise d’arguments, indique le NYT, les deux responsables ont assuré au président américain que le gouvernement provisoire (le GNA, ndlr) était «désespérément faible» et «infesté d’islamistes». Ils ont soutenu en outre que seul Khalifa Haftar pouvait empêcher les islamistes de prendre le pouvoir à Tripoli. Selon eux, une arrivée des islamistes au pouvoir en Libye créerait un effet domino dans la région.

Désinformation et mensonges

Le NYT précise que le tableau de la situation dressé par Mohamed Ben Zayed et le président égyptien Abdelfattah Al Sissi aux différents responsables qu’ils ont eu à rencontrer ne correspond pas à la réalité, puisque Khalifa Haftar lui-même flirte avec les islamistes. Il s’était, certes, engagé depuis 2014 à éradiquer l’islam politique. Néanmoins, rappelle le NYT, il avait discrètement formé une «alliance d’extrémistes ultraconservateurs de style saoudien appelés salafistes».

Le NYT précise que le soutien apporté par la Maison-Blanche au plan d’invasion de Tripoli par l’ANL a surpris autant les sénateurs américains que le département d’Etat qui, jusque-là, soutenaient le GNL. Pour eux, a confié un diplomate américain à El Watan, il n’était effectivement pas question de laisser arriver un nouveau Al Sissi au pouvoir en Libye.

Les sénateurs américains, précise la même source, se sont d’ailleurs alarmés du fait que la Maison-Blanche ait fini par soutenir le même camp que celui sur lequel mise la Russie. «Le président semblait enclin à soutenir Haftar alors même que le département d’Etat semblait s’opposer à lui», a déclaré le sénateur Mitt Romney, le républicain de l’Utah. «Y a-t-il de la cohérence», s’est-il interrogé. «Je peux dire sans équivoque que nous ne soutenons pas l’offensive Haftar», a pour sa part insisté David Schenker, le secrétaire d’Etat adjoint aux affaires du Proche-Orient.

La confiance limitée de Moscou

Quoi qu’il en soit, la position incohérente de Washington sur la Libye a, selon le NYT, joué un rôle majeur dans la prolongation du chaos. «L’absence d’une politique américaine forte a ouvert la porte à l’ingérence de partenaires américains concurrents, dont la Turquie, l’Egypte et les Emirats arabes unis», ajoute le journal américain, qui estime que «c’est la Russie qui est désormais la mieux placée pour dominer la Libye».

Rappelant que Khalifa Haftar est «un ancien client de la CIA», le NYT dit avoir appris que les Russes n’ont pas cru un seul moment que Khalifa Haftar était en mesure de faire tomber Tripoli.

C’est ce que pensait aussi le Quai d’Orsay. Un diplomate français a confié à El Watan que «Paris avait prévenu Khalifa Haftar qu’il allait se casser les dents». Alors, pourquoi la Russie continue à soutenir cet officier supérieur qui ne fait que collectionner les échecs ? Moscou, explique le NYT qui cite des rapports élaborés par des agences privées russes de renseignement, exploite l’aide qu’ils lui apportent pour «placer ses ‘hommes’ à différents paliers du pouvoir libyen afin de gagner en influence». Autrement dit, les Russes investissent sur le long terme en Libye.

 

 

Des «terroristes» libérés à l’ouest

Quelque 600 prisonniers ont été libérés des prisons des deux villes de Sorman et Sabratah, reconquises le 13 avril par le GNA dans l’ouest libyen.

Parmi ces détenus, indique RFI qui rapporte l’information, se trouvent quelques dizaines d’extrémistes et des trafiquants de tout bord. Parmi eux, indique la même source, il ya par exemple Abderrahmane El Miladi (plus connu sous son surnom El Pedjà), accusé par l’ONU d’organiser l’immigration clandestine et jugé en Libye. Ahmad Al Dabachi, connu sous surnom El Ammo et originaire de cette ville, a fait également sa réapparition.

Il est lui aussi réclamé par la CPI pour trafic d’êtres humains. «Autre djihadiste fraîchement libéré, Faraj Cheko, qui ne dépare pas non plus : il est l’un des dirigeants du conseil de la choura de Benghazi, qui a aussi fait allégeance à l’Etat islamique», prévient RFI. «Sabratah était la ville qui exportait le plus de migrants vers l’Europe avant un accord signé entre l’Italie et le GNA en 2017. Accord selon lequel les trafiquants ont touché de l’argent pour cesser leurs trafics.

Elle a aussi été dominée par l’EI. Par deux fois, les habitants se sont révoltés contre le diktat des trafiquants et des extrémistes», rappelle RFI. Pourtant, poursuit la même source, «tous ces extrémistes connus ont été remerciés sur Twitter par le ministre de l’Intérieur du GNA, Fathi Bachagha, qui les définit comme étant des ’compagnons d’armes’». Les forces militaires tunisiennes ont été mises en état d’alerte, dimanche, afin de repousser toute fuite d’éléments terroristes vers la Tunisie, selon Rachad Beltbib, président du comité de la lutte contre le terrorisme, cité par RFI.



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