Conflit libyen : Des chasseurs russes pour sauver la tête de Haftar | El Watan
toggle menu
samedi, 30 mai, 2020
  • thumbnail of elwatan30052020




Conflit libyen : Des chasseurs russes pour sauver la tête de Haftar

23 mai 2020 à 9 h 30 min

La Libye pourrait vivre dans les prochaines heures ou les prochains jours une nouvelle escalade militaire. Piqués au vif après la perte, au début de la semaine, de la base stratégique d’Al Watiya et de quelques localités environnantes, Khalifa Haftar et ses officiers ont menacé jeudi de faire abattre un déluge de feu sur Tripoli et de cibler les intérêts des Turcs, alliés au Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU.

Le soutien militaire fourni depuis près de 7 mois par la Turquie au GNA a été décisif dans la reconquête de nombreuses villes tombées dans l’escarcelle de Khalifa Haftar au cours de l’offensive qu’il a déclenchée en avril 2019 pour s’emparer de Tripoli. Le président Recep Erdogan a pratiquent sauvé Fayez Al Sarraj, le président du GNA, d’une chute certaine.

Le chef de l’armée de l’air de Khalifa Haftar, Saqr Al Jaroushi, a ainsi promis de déclencher la «plus grande campagne aérienne de l’histoire de la Libye», avertissant que toutes les positions turques allaient être désormais «des cibles légitimes pour notre armée de l’air (l’autoproclamée Armée nationale libyenne ‘‘ANL’’, ndlr)». Cet avertissement intervient alors que des responsables du GNA alertent sur le fait que Moscou a fourni un soutien aérien conséquent à Khalifa Hafar.

Le ministre libyen de l’Intérieur, Fathi Bashagha, a confié, jeudi, à l’agence de presse Bloomberg, que «la Russie a livré à Khalifa Haftar au moins six avions de guerre Mig-29 de fabrication soviétique et deux avions de combat Sukhoi 24 à partir de sa base à Hmeimim en Syrie».

Des Mig avec des bannières syriennes

Ces appareils flanqués des bannières syriennes auraient été escortés par deux Soukhoi Su-35 lors de leur déplacement à Benghazi. Des hélicoptères d’attaque Mi-24 seraient compris dans le lot. Il se pourrait que d’autres avions rejoignent ce groupe d’attaque, annoncent d’autres sources. Khalifa Haftar et ses alliés semblent donc décidés à regagner le terrain perdu.

Plus tôt dans la semaine, l’Egypte a d’ailleurs laissé entendre de façon assez sibylline qu’elle interviendrait dans le cas où Khalifa Haftar et ses forces seraient mis «en difficulté dans leur lutte contre les groupes terroristes et ceux qui les soutiennent». Les Emirats arabes unis ont promis, quant à eux, de continuer à soutenir financièrement l’effort de guerre.

La Russie est déjà accusée de soutenir Khalifa Haftar dans sa campagne contre le GNA avec l’envoi de milliers de mercenaires dans l’Est libyen. Mardi, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont exhorté à ce propos Moscou à cesser son implication dans le conflit en Libye. Cet appel intervient après la confirmation, dans un rapport récent de l’ONU, de la présence de mercenaires russes dans ce pays.

Ce rapport confidentiel émane d’experts onusiens contrôlant l’embargo sur les armes. Il confirme la présence en Libye de mercenaires du groupe Wagner et révèle celle de combattants syriens venus de Damas soutenir le maréchal Khalifa Haftar.

Certains d’entre eux ont été recrutés par le groupe Wagner pour le compte du maréchal Haftar, selon le rapport. La Russie dément cependant tout rôle de Moscou dans la participation de mercenaires russes aux combats et juge le rapport onusien «non fiable». Le document confirme aussi que des rebelles syriens combattent en Libye en soutien du GNA.

Les avertissements d’Ankara

Les Turcs ont averti quant à eux qu’ils riposteraient à toute attaque. Ibrahim Kalin, porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan, a martelé que la Turquie réagirait de la «manière la plus forte». Un haut responsable turc a déclaré que «l’armée est bien préparée à défendre les sites et les zones sous sa protection à l’aide de drones et de navires de guerre déployés près de Tripoli».

Des responsables occidentaux et libyens ont déclaré à Bloomberg que «les systèmes de défense antimissile sol-air envoyés à Tripoli par Ankara ont donné au GNA un avantage sur les drones armés exploités par les Emirats arabes unis».

Pour donner une plus grande marge de manœuvre à l’armée turque en Libye, Ankara et Tripoli ont décidé de signer un nouvel accord militaire. Selon le journal italien La Stampa qui rapporte l’information, la signature de cet accord pourrait intervenir dans les prochains jours.

Des experts affirment que Khalifa Haftar cherchera d’abord, lors de son offensive aérienne massive annoncée, à neutraliser les défenses anti-aériennes qui ont effectivement mis fin au gros des frappes sur la capitale depuis janvier.

La perspective d’une nouvelle escalade en Libye inquiète beaucoup la communauté internationale, surtout qu’elle pourrait déboucher sur une confrontation entre la Turquie d’une part et l’Egypte et la Russie d’autre part, ce qui renverrait aux calendes grecques le règlement politique du conflit et ferait entrer la région dans une longue période d’instabilité.



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!