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Conflit libyen : Ankara réaffirme son soutien à Al Sarraj

27 décembre 2020 à 10 h 19 min

«Nous devons rappeler aujourd’hui qu’il n’y aura pas de paix en présence d’un colonisateur sur notre terre», a déclaré le maréchal Haftar.

Le ministre de la Défense turc, Hulusi Akar, a effectué hier une visite en Libye afin d’inspecter les unités militaires turques présentes dans ce pays, a rapporté l’agence turque Anadolu.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar El Gueddafi en 2011. Deux autorités s’y disputent le pouvoir : le Gouvernement d’union nationale (GNA) à Tripoli, reconnu par l’Organisation des Nations unies (ONU) et un pouvoir basé à l’Est incarné par le maréchal Khalifa Haftar.

Un cessez-le-feu signé en octobre sous l’égide de l’ONU est respecté jusque-là. Entre-temps, les parties rivales se sont retrouvées à la table des négociations. Mais de profondes divisions sur le choix d’un nouvel Exécutif de transition retardent l’issue du conflit.

Jeudi, le maréchal Khalifa Haftar a appelé ses forces à reprendre les armes pour «chasser l’occupant» turc. «Nous devons rappeler aujourd’hui qu’il n’y aura pas de paix en présence d’un colonisateur sur notre terre», a déclaré le maréchal en allusion à Ankara. «Nous allons donc reprendre les armes pour façonner notre paix de nos propres mains (…) et, puisque la Turquie rejette la paix et opte pour la guerre, préparez-vous à chasser l’occupant par la foi, la volonté et les armes», a-t-il indiqué dans un discours à l’occasion du 69e anniversaire de l’indépendance du pays, à Benghazi (Est). Le même jour, Fayez Al Sarraj a exhorté depuis Tripoli les Libyens à «tourner la page des désaccords pour aboutir à la stabilité».

D’où la nécessité de «la solidarité entre forces politiques». Aussi, il a qualifié les conclusions des pourparlers engagés sous l’égide des Nations unies, notamment l’organisation d’élections le 24 décembre 2021, d’«une opportunité historique qu’il ne faut pas laisser passer».

Mardi, le Parlement turc a adopté une motion prolongeant de 18 mois l’autorisation de déployer des militaires en Libye. La motion votée a été présentée par la Présidence turque qui a notamment invoqué pour la justifier la possibilité d’une reprise des attaques de Khalifa Haftar contre le GNA. Le Parlement turc a voté une première motion en ce sens en janvier 2020 en réponse à un appel à l’aide du chef du GNA Fayez Al Sarraj, confronté à l’offensive du maréchal Haftar.

Elle s’inscrit dans le cadre d’un rapprochement entre Ankara et le GNA, traduit par un accord de coopération militaire et sécuritaire et un accord controversé de délimitation maritime conclus en novembre 2019 entre Fayez Al Sarraj et le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Ce qui a provoqué l’ire des pays voisins. Ainsi, la Grèce a considéré cet accord comme contraire au droit international, en observant qu’il n’existe pas de frontière maritime entre la Libye et la Turquie.Et en réponse au refus du gouvernement de Tripoli de révéler le contenu de ce traité, Athènes a expulsé l’ambassadeur libyen début décembre 2019. Le 2 janvier 2020, Chypre, l’Italie, Israël et la Grèce ont signé à Athènes un accord pour la construction d’un gazoduc sous le nom de EastMed.

De son côté, le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi a menacé dans un discours le 20 juin d’intervenir en Libye, en réaction à une implication directe de la Turquie, et qualifié Syrte de «ligne rouge», mettant en garde les forces du GNA. A la mi-juillet, le Parlement libyen basé à l’Est a demandé au Caire d’intervenir militairement pour contrer la Turquie. «Aux forces armées égyptiennes d’intervenir pour protéger la sécurité nationale libyenne et égyptienne, si elles voient une menace imminente pour la sécurité de nos deux pays», selon un communiqué diffusé dans la nuit du 13 au 14 juillet par le Parlement élu à l’Est en 2014. Et d’ajouter : «Nous appelons à des efforts concertés entre les deux pays frères, la Libye et l’Egypte, pour assurer la défaite de l’occupant envahisseur (la Turquie) et préserver notre sécurité nationale commune».

L’ire des voisins et présence étrangère

Les relations entre l’Egypte et la Turquie se sont détériorées depuis la destitution, en 2013, du président islamiste égyptien Mohamed Morsi, soutenu par Ankara et le Qatar. Abdel Fattah Al-Sissi a déclaré le 16 juillet lors d’une rencontre avec des représentants des tribus de l’Est libyen, que l’Egypte ne resterait pas «inerte» face à une «menace directe» sur sa sécurité nationale et celle de la Libye.

Le 20 juillet, le Parlement égyptien a approuvé une possible intervention armée hors des frontières du pays, allusion à la Libye. Le même jour, peu avant le vote, le Président égyptien s’est entretenu avec son homologue américain Donald Trump. «Les deux dirigeants ont affirmé la nécessité d’une désescalade immédiate en Libye, notamment par un cessez-le-feu et des progrès dans les négociations économiques et politiques», a déclaré la Maison-Blanche dans un communiqué après l’entretien.

Alors que les forces du GNA se trouvaient en mauvaise posture, elles ont renversé la situation en multipliant les victoires militaires grâce à l’appui de la Turquie. Le GNA a ainsi pu repousser l’offensive du maréchal Haftar lancée en avril 2019 contre Tripoli, et reprendre le contrôle de l’ensemble du nord-ouest du pays.

En juin, après la progression des forces du GNA face à celles du maréchal, le Président égyptien a proposé un cessez-le-feu, le retrait des mercenaires et le démantèlement des milices en Libye. Option rejetée par Ankara et le GNA.

Le gouvernement libyen a déclaré régulièrement que le maréchal Haftar reçoit un soutien militaire, financier et politique de la part de ses alliés dans la région et dans le monde, principalement de l’Egypte voisine, ainsi que des Emirats arabes unis, de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie, du Soudan, de la Russie et la France. Par ailleurs, la présence de combattants syriens supplétifs d’Ankara pour soutenir le GNA a été confirmée en février par Ankara. En juillet 2016, la France a annoncé la mort de trois de ses militaires dans un accident d’hélicoptère en Libye, où ils menaient une mission de renseignement auprès de forces de Haftar.

En avril 2019, elle a rejeté les accusations du ministère libyen de l’Intérieur selon lequel Paris soutient le maréchal Haftar. Le lendemain, la Maison-Blanche a indiqué que le président américain Donald Trump s’est entretenu avec Khalifa Haftar et a reconnu son «rôle significatif (…) dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des ressources pétrolières de Libye». En mars 2018, l’armée américaine a déclaré avoir tué «deux terroristes» lors d’une frappe aérienne, dans le sud de la Libye visant une «réunion de responsables terroristes».

L’armée a ciblé la banlieue de la ville d’Oubari, à 700 km au sud de Tripoli. La frappe a été effectuée en coordination avec le GNA.


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