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Conflit du Sahara Occidental : Pourquoi il ne faut encore rien attendre de l’ONU

28 avril 2019 à 9 h 00 min

Dans son analyse de la géopolitique du Sahara occidental, Yahia Zoubir, chercheur à la Kedge Business School, attire l’attention sur le fait que les Occidentaux ont toujours perçu, par le passé, le Maroc comme une sorte de barrage contre l’avancée de l’influence soviétique au Maghreb. Et c’est ce soutien, ajoute-t-il, qui a nourri par la suite l’irrédentisme marocain.

Le conflit du Sahara occidental revient à la une de l’actualité internationale avec la réunion, prévue en cette fin de mois d’avril, du Conseil de sécurité de l’ONU sur le dossier. Que peut-il en sortir ? Lors d’une conférence-débat destinée à faire le point sur ce conflit vieux de près d’un demi-siècle, organisée hier au Forum du quotidien El Moudjahid par le Comité des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui (CJASPS), Yahia Zoubir, directeur de recherche en géopolitique à la Kedge Business School, estime qu’il ne faut rien en attendre.

Pourquoi ? Le chercheur, établi aux Etats-Unis, explique que l’instabilité en Libye et au Sahel pourrait convaincre les membres du Conseil de sécurité de faire durer le statu quo afin d’éviter de compliquer la situation dans la région. Cela surtout, a-t-il ajouté, que le Maroc pourrait être gagné lui aussi par la vague de contestation qui touche actuellement l’Algérie et le Soudan. Yahia Zoubir a dit s’attendre donc à ce que le Conseil de sécurité de l’ONU proroge de 6 mois à une année le mandat de la Mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental (Minuros).

L’irrédentisme marocain

Dans la foulée, Yahia Zoubir a soutenu que l’ONU, par son refus d’appliquer le droit international et les différentes résolutions pertinentes, «est complice du statu quo qui caractérise le conflit du Sahara occidental». Que faut-il penser de l’initiative de règlement du conflit initié par l’ancien président allemand Horst Köhler ? Là encore, le chercheur algérien estime que le Maroc tentera, à un moment ou à un autre, de torpiller les discussions pour gagner du temps. Et pour cela, a-t-il expliqué, Rabat pourra compter sur ses différents alliés, parmi lesquels la France et les Etats-Unis.

Dans son analyse de la géopolitique du Sahara occidental, le chercheur à la Kedge Business School a attiré d’abord l’attention sur le fait que les Occidentaux ont perçu, par le passé, le Maroc comme une sorte de barrage contre l’avancée de l’influence soviétique au Maghreb. Et c’est ce soutien, ajoute-t-il, qui a nourri par la suite l’irrédentisme marocain.

Un irrédentisme motivé, entre autres, par l’abondance des ressources naturelles du Sahara occidental. Malgré le soutien que Rabat reçoit des Occidentaux, Yahia Zoubir fera tout de même remarquer qu’aucun pays ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Ce qui est en soit une grande défaite pour Rabat. Pour sortir du piège du statu quo, Yahia Zoubir estime qu’il reste encore deux possibilités aux Sahraouis : ils peuvent soit reprendre les armes ou poursuivre, comme ils le font actuellement, la bataille juridique qu’ils mènent contre les pays qui violent les résolutions de l’ONU et le droit international.

Pour ce qui est de la position actuelle de l’Algérie vis-à-vis du conflit, Yahia Zoubir note qu’elle a connu ces dernières années une sorte d’affaiblissement. Un affaiblissement parsemé d’ambiguïtés qui renvoie à une absence manifeste de stratégie. Il relèvera, à ce propos, que les plus forts soutiens à la cause sahraouie sont désormais l’Afrique du Sud, le Nigeria et la Namibie.

«Israélisation»  du conflit sahraoui

Invité à la conférence-débat, l’ancien ministre de la Communication et également ancien diplomate, Abdelaziz Rahabi, a soutenu pour sa part que «la diplomatie algérienne a une identité et que la cause sahraouie fait partie de ses constantes». «Ceux qui parient sur le retrait du soutien algérien à la cause sahraouie ne connaissent pas l’identité de la diplomatie algérienne», a-t-il indiqué, précisant que la politique étrangère de l’Algérie n’est pas dictée uniquement par les intérêts. A ce propos, l’ancien diplomate rappellera que l’Algérie a continué à se tenir aux côtés des Sahraouis, y compris dans les moments les plus difficiles de son histoire.

Néanmoins, Abdelaziz Rahabi développe l’idée selon laquelle la politique étrangère de l’Algérie et sa politique de défense doivent s’appuyer sur un consensus national pour gagner en légitimité. Autrement dit, la démocratie et le renforcement du front interne ne peuvent que profiter à la diplomatie algérienne.

Dans sa prise de parole, Ahmed Kateb, enseignant universitaire et journaliste, établit, quant à lui, un parallèle entre les conflits israélo-palestinien et sahraoui. Pour lui, il y a beaucoup de similitudes entre les deux cas. Le conférencier parle carrément d’une «israëlisation» du conflit du Sahara occidental.

Exemple à l’appui, il démontre que le colonialisme marocain s’est largement inspiré de la politique d’apartheid pratiquée par Israël dans les Territoires palestiniens occupés pour spolier les Sahraouis de leurs terres, ainsi que de leurs richesses naturelles. Pour Ahmed Kateb, l’impérialisme marocain n’est rien d’autre qu’un impérialisme par procuration. Un impérialisme au service de l’impérialisme mondial.

– Al Ayoune : Les forces d’occupation marocaines répriment une manifestation pacifique

Les forces d’occupation marocaines ont réprimé violemment la semaine dernière des manifestants sahraouis rassemblés à Al Ayoune occupée, à l’occasion de la comparution du prisonnier politique sahraoui Ali Salem Boudjemaa Saadouni devant le tribunal de la ville, a rapporté l’agence de presse sahraouie (SPS).

Les forces d’occupation en uniforme et en civil ont violemment réprimé les manifestants qui commençaient à brandir des drapeaux sahraouis et des photos de prisonniers politiques sahraouis, ajoute la même source, précisant que de nombreux protestataires s’en sont sortis avec des blessures.

Ali Salem Boudjemaa Saadouni a été arrêté le 11 avril par les forces de répression marocaines pour des accusations montées de toutes pièces. Plusieurs organisations nationales, continentales et internationales des droits de l’homme avaient exprimé leur préoccupation quant à la dégradation de l’état de santé des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines, réitérant leur soutien et leur solidarité avec la justesse de la cause sahraouie. A. Z.


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