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Conflit du Sahara Occidental : Guterres veut un mandat d’un an pour la Minurso

06 octobre 2018 à 0 h 00 min

Dans un rapport sur le conflit du Sahara occidental adressé, mercredi soir, au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a recommandé de «prolonger d’un an le mandat» de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).

Il a expliqué que cette prolongation permettra de soutenir la reprise des négociations politiques, début décembre à Genève, entre le Front Polisario et le Maroc. «Je recommande au Conseil d’étendre d’un an le mandat de la Minurso, jusqu’au 31 octobre 2019, afin de donner à mon émissaire l’espace et le temps nécessaires à la création de conditions permettant au processus politique d’avancer», a-t-il écrit dans son rapport dans lequel il a également exhorté «les parties et les voisins à venir à la table de négociations de bonne foi et sans pré-conditions», les 5 et 6 décembre en Suisse, comme les y a invités l’émissaire Horst Köhler.

Les invitations envoyées aux deux parties au conflit ainsi qu’au deux pays observateurs, l’Algérie et la Mauritanie, viennent en application de la résolution 2414 du Conseil de sécurité, qui a confirmé le soutien de l’organe onusien à la relance des négociations directes sans pré-conditions. Lors de son dernier briefing au Conseil de sécurité, tenu en août, le médiateur onusien avait expliqué que ces premiers pourparlers avaient pour objectif de discuter du cadre général devant servir de base pour les négociations à venir qui, elles, devraient aborder les questions de fond.
Le Front Polisario comme le Maroc ont répondu favorablement à l’invitation de Horst Köhler. Les négociations entre les deux parties en conflit (processus de Manhasset) sont bloquées depuis 2012.

Élément clé

Le rapport d’Antonio Guterres survient alors que le Conseil de sécurité est appelé en octobre à tenir trois réunions consacrées au Sahara occidental, dont une le 29 qui sera centrée spécialement sur la question du mandat de la Minurso. «Maintenir des conditions pacifiques et stables sur le terrain est essentiel pour favoriser une reprise du processus politique», a insisté le secrétaire général dans son rapport. «La Minurso demeure un élément clé des efforts de l’ONU pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable au conflit au Sahara occidental, qui garantisse l’autodétermination du peuple sahraoui», a-t-il encore fait valoir.

Des observateurs soutiennent qu’«en réaffirmant le mandat de la Minurso, Guterres met fin à une polémique créée par le Maroc qui veut cantonner la mission onusienne dans le rôle de surveillance du cessez-le-feu».

Un examen indépendant des activités de la Minurso, commandé par le secrétariat général, a été mené juste après le renouvellement du mandat de cette mission onusienne en avril dernier. Ses conclusions, incluses dans son rapport sur le Sahara occidental, a par ailleurs clairement mis en exergue le rôle joué par la Minurso dans la prévention des conflits au Sahel. L’audit a conclu qu’un retour aux hostilités en cas de non-renouvellement du mandat de la Minurso coûterait beaucoup plus cher à l’ONU que les 53 millions de dollars qu’elle verse annuellement pour financer le fonctionnement de cette mission.

Pression américaines

L’examen a fait ressortir également «la nécessité de moderniser la Minurso qui opère depuis 27 ans de la même manière, en la dotant de moyens technologiques pour mieux surveiller le cessez-le-feu». Il évoque aussi, les pressions exercées par les Etats-Unis au sein du Conseil de sécurité pour pousser à la reprise des négociations, rappelant le rôle joué par John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale, dans la décision prise en avril de ramener le mandat de la Minurso à six mois.

Les Etats-Unis, agacés par le blocage du processus de paix, avaient déclaré en avril dernier qu’il «était temps de voir des progrès vers une solution politique après 27 ans de statu quo». Washington a, alors, affirmé que la responsabilité incombait au Conseil de sécurité qui a laissé «le Sahara occidental devenir un exemple typique de conflit gelé». C’est d’ailleurs à ce titre que la 73e session de l’Assemblée générale de l’ONU a constitué l’occasion pour la communauté internationale de relancer le débat sur ce «conflit oublié».
La question est de savoir maintenant si John Bolton acceptera la demande de Guterres.


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