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lundi, 18 novembre, 2019
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Chili : Paralysie et craintes à Santiago après trois jours d’émeutes meurtrières

22 octobre 2019 à 9 h 00 min

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre la hausse du prix – de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euro) – des tickets de métro. Les émeutes se sont toutefois poursuivies, nourries par la colère face aux conditions socioéconomiques et aux inégalités dans le pays.

Avec des transports publics quasiment à l’arrêt, des magasins pour la plupart fermés et des militaires patrouillant dans les rues, Santiago était paralysée hier et redoutait de nouvelles violences après trois jours d’émeutes et de pillages qui ont fait 11 morts au Chili. Il s’agit de la pire explosion sociale depuis des décennies dans un pays jugé «en guerre» par son président Sebastian Piñera.

Les étudiants avaient appelé à de nouvelles manifestations pour hier et les quelque 7,6 millions d’habitants de la capitale chilienne ont vécu leur deuxième nuit consécutive sous couvre-feu, décrété entre 19h et 6h locales (22h-9h GMT). L’état d’urgence parallèlement en vigueur depuis vendredi soir dans la capitale concerne dorénavant neuf autres des 16 régions du pays. Près de 10 000 policiers et soldats ont été déployés.

C’est la première fois que des militaires arpentent les rues depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Selon les autorités, 1462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays. «Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite», a déclaré M. Piñera dimanche soir à la presse. «Lundi (hier, ndlr) sera une journée difficile», a poursuivi le Président qui, quelques jours avant la crise, qualifiait son pays d’«oasis» dans la région.

Il a demandé aux transporteurs privés d’aider aux déplacements. Dimanche, les prix des taxis et VTC s’envolaient à Santiago, où les transports publics sont quasiment paralysés. Le métro, par lequel transitent environ trois millions de passagers par jour, est fermé depuis vendredi après le saccage de 78 stations et des dégâts évalués à plus de 300 millions de dollars. Seule l’une des sept lignes devait rouvrir hier. Le réseau de bus ne fonctionnait que partiellement dimanche.

Gilets jaunes

Bus et stations de métro ont été particulièrement ciblés par les manifestations violentes, outre des dizaines de supermarchés, de véhicules et de stations-service saccagés ou incendiés. La plupart des magasins sont restés fermés dimanche. Les cours ont été suspendus dans les établissements scolaires de 48 des 52 districts de Santiago. Dans plusieurs quartiers de Santiago, des habitants s’étaient organisés pour éviter de nouveaux saccages. Avec l’autorisation des forces de l’ordre, ils ont monté une garde de nuit devant des magasins et effectué des rondes, armés de bâtons et vêtus de gilets jaunes, à l’image du récent mouvement social en France.

«L’idée, c’est de nous organiser et nous reconnaître entre voisins, d’où les gilets jaunes. Certains voulaient piller et nous nous sommes organisés pour nous défendre», a expliqué Priscila, une habitante du district de Macul (est), à la télévision 24 horas. Emeutes et pillages ont fait 11 morts durant le week-end à Santiago, dont cinq dans l’incendie d’une usine de vêtements et deux dans celui d’un supermarché. Trois personnes ont également été grièvement blessées.

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre la hausse du prix – de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euro) – des tickets de métro. La mesure a été suspendue samedi par M. Piñera et devait être approuvée hier par les sénateurs, après les députés dimanche.

Les émeutes se sont toutefois poursuivies, nourries par la colère face aux conditions socioéconomiques et aux inégalités dans ce pays loué pour sa stabilité économique et politique, mais où l’accès à la santé et à l’éducation relèvent presque uniquement du secteur privé. «De l’extérieur, on ne pouvait voir que les réussites du Chili, mais à l’intérieur, il y a des niveaux élevés de fragmentation, de ségrégation (…). La jeunesse en a eu marre et elle est sortie dans la rue pour montrer sa colère et sa déception», a expliqué à l’AFP Lucia Dammert, professeure à l’université de Santiago du Chili.


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