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Il a décidé 17 actions pour revenir sur les mesures phares de son prédécesseur : Biden rompt avec les dérives de Trump

21 janvier 2021 à 10 h 50 min

Joe Biden compte prendre dès son entrée à la Maison-Blanche 17 actions présidentielles pour revenir sur les mesures de Donald Trump, entre autres, le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat et au sein de l’Organisation mondiale de la santé.

Joe Biden a prêté serment, hier à Washington, comme 46e président des Etats-Unis.

La cérémonie d’investiture est marquée par l’absence du président sortant, Donald Trump. Le 45e président américain qui, a refusé de reconnaître sa défaite, a quitté hier matin la Maison-Blanche sans avoir rencontré son successeur.

Depuis la base militaire d’Andrews, il a salué quatre années «extraordinaires» et souhaité «bonne chance» à la nouvelle administration. Il a promis de revenir «d’une manière ou d’une autre».

Il s’est ensuite envolé à bord d’Air Force One pour la Floride, où se trouve son club de Mar-a-Lago. Avant de partir, il a néanmoins choisi de respecter au moins une coutume, en laissant une lettre pour Joe Biden.

A l’inverse de Donald Trump, son vice-président, Mike Pence, et les ex-présidents Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton étaient présents.

En parallèle, pour la première fois, l’ex-président Jimmy Carter est absent, en raison de son âge (96 ans). Juste avant de partir, Trump a gracié 73 personnes, dont son ex-conseiller Steve Bannon, accusé d’avoir détourné des fonds prétendument destinés à la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique.

La tradition de la grâce présidentielle remonte à George Washington. En fin de mandat, Barack Obama a commué la peine de l’ex-soldat Chelsea Manning, ex-informatrice de WikiLeaks, condamnée en 2013 à 35 ans de prison en cour martiale.

Bill Clinton a gracié en 2001, juste avant de quitter la Maison-Blanche, son demi-frère Roger Clinton, condamné pour «possession de cocaïne», et le milliardaire Marc Rich, important donateur du parti démocrate, condamné pour «évasion fiscale».

George H.W. Bush a gracié, en décembre 1992, l’ancien secrétaire à la Défense, Caspar Weinberger, l’ex-conseiller à la Sécurité nationale, Robert McFarlane, et quatre autres responsables américains impliqués dans le scandale de l’«Irangate», la vente secrète d’armes américaines à l’Iran, pour financer les Contras nicaraguayens.

Cela dit, Donald Trump entre dans l’histoire américaine comme le quatrième Président qui a refusé d’assister à l’investiture de son successeur.

Le 4 mars 1801, John Adams, premier pensionnaire de la Maison-Blanche, a quitté Washington le matin de la cérémonie d’investiture. La raison avancée consiste en la volonté d’apaisement des tensions dans la capitale pour l’investiture dans le calme de son successeur Thomas Jefferson.

John Quincy Adams est battu aux élections de 1828 par Andrew Jackson avec qui il était en froid. Il est parti de la Maison-Blanche la veille de l’investiture de son rival en mars 1829. Il a poursuivi sa carrière politique en réussissant à être élu à la Chambre des représentants en 1831.

Successeur d’Abraham Lincoln après son assassinat, Andrew Johnson n’a pas réussi à être le candidat du parti républicain pour l’élection qui lui préfère Ulysses S. Grant. Après la large victoire de ce dernier aux élections de 1868, il refuse d’assister à la cérémonie de son grand rival.

D’autres Présidents n’ont pas assisté à l’investiture de leur successeur, mais pas par choix. En 1921, les problèmes de santé de Woodrow Wilson l’empêchent d’être présent pour la cérémonie. En 1974, Richard Nixon a démissionné de son poste de Président, suite au scandale du Watergate, et a déjà quitté les lieux quand son vice-président Gérald Ford a pris ses fonctions

Rupture

Ceci dit, Joe Biden compte prendre, dès son entrée à la Maison-Blanche, 17 actions présidentielles pour revenir sur les mesures de Donald Trump, entre autres, le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat et au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon ses conseillers, relayés par l’AFP.

L’immunologue Anthony Fauci interviendra au nom des Etats-Unis à une réunion du conseil exécutif de l’OMS dès aujourd’hui, a déclaré Jeff Zients, qui coordonne la réponse de la nouvelle administration à la pandémie de Covid-19, lors d’un point-presse.

Pour limiter la propagation du virus Covid-19, le Président rend par décret obligatoire le port du masque dans les bâtiments fédéraux, ou pour les agents fédéraux. Afin d’atténuer son impact sur les personnes ayant perdu leurs revenus, il étendra également le moratoire sur les expulsions de logement et la pause dans le remboursement de prêts étudiants fédéraux, a-t-il ajouté.

Le nouveau Président, qui a fait de la lutte contre le réchauffement climatique une autre priorité de son mandat, a décidé de saisir un courrier à l’Organisation des Nations unies (ONU) afin que les Etats-Unis puissent rejoindre l’accord de Paris d’ici un mois, a ajouté Gina McCarthy, responsable de ce dossier au sein de la nouvelle équipe présidentielle.

Il revient aussi sur une série de mesures de dérégulation prises par l’administration sortante en matière de normes environnementales, et l’autorisation donnée par Donald Trump au projet controversé d’oléoduc Keystone, entre les Etats-Unis et le Canada.

En matière de politique migratoire, il annule ainsi un décret migratoire controversé adopté par son prédécesseur pour interdire aux ressortissants de pays en majorité musulmans d’entrer aux Etats-Unis.

Le démocrate envisage par ailleurs une «proclamation» pour suspendre les travaux de construction d’un mur à la frontière avec le Mexique et son financement grâce au budget du Pentagone, qui ont suscité d’âpres batailles politiques et judiciaires ces quatre dernières années.

Joe Biden transmettra en parallèle un projet de loi sur l’immigration au Congrès. Il offrira notamment aux 700 000 jeunes arrivés clandestinement aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants, les «Dreamers», et aux autres immigrés en situation irrégulière une possibilité de naturalisation à terme et sous conditions.

Le projet de réforme prévoit aussi des fonds supplémentaires pour renforcer la surveillance et les contrôles aux frontières et un plan d’assistance au Salvador, au Guatemala et au Honduras, les pays d’origine de la plupart des migrants, de quatre milliards de dollars sur quatre ans.

Volet lutte contre les inégalités raciales : Joe Biden compte par un décret ordonner aux agences fédérales d’évaluer les inégalités dans leurs programmes et politiques, a précisé Susan Rice, nommée directrice du Conseil de politique intérieure et pour réinstaurer les formations à la diversité annulées par son prédécesseur. Ces mesures ne sont qu’une première salve et seront suivies d’autres décrets et proclamations dans les jours à venir, ont précisé les conseillers de Biden.

Réactions :

— Union Européenne :

L’Union européenne (UE) «a de nouveau un ami à la Maison-Blanche après quatre longues années» de présidence Trump, a lancé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen. «Ce jour apporte de bonnes nouvelles : les Etats-Unis sont de retour et l’Europe est prête à renouer avec un ancien partenaire de confiance pour donner une nouvelle vie à notre précieuse alliance», a-t-elle ajouté.

De son côté, le président du Conseil européen, Charles Michel, a lancé «un appel à construire ensemble un pacte fondateur, nouveau, pour une Europe plus forte, pour des Etats-Unis plus forts et pour un monde meilleur».

— Allemagne :

Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a fait part de son «grand soulagement», assurant que ce sentiment était partagé par «beaucoup de monde» en Allemagne. «Nous nous réjouissons que les Etats-Unis en tant que partenaire indispensable soient à l’avenir de nouveau à nos côtés sur de nombreuses questions : dans le combat commun et solidaire contre la pandémie de Covid-19, la protection mondiale du climat, sur les questions de sécurité», a-t-il observé dans un message vidéo. Et d’ajouter: «Quelle que soit la joie aujourd’hui, nous ne devons pas oublier: le populisme a aussi séduit la démocratie la plus puissante du monde.»

— Royaume-Uni :

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a félicité le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, se disant «impatient» de «collaborer étroitement» avec lui. «En matière de lutte contre la Covid et le changement climatique, de défense, de sécurité et de promotion et de défense de la démocratie, nos objectifs sont les mêmes», a-t-il affirmé.

— L’Otan :

«Nous nous réjouissons de travailler avec le président élu Joe Biden pour renforcer les liens entre les Etats-Unis et l’Europe, alors que nous sommes confrontés à des défis mondiaux qu’aucun d’entre nous ne peut relever seul», a déclaré le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), Jens Stoltenberg, sur son compte Twitter.

— Russie :

Le Kremlin a jugé que l’amélioration des relations entre la Russie et les Etats-Unis dépendait uniquement de la «volonté politique» du président élu Joe Biden. «Cela ne changera rien pour la Russie qui, comme c’est le cas depuis déjà de longues années, poursuivra son existence en cherchant de bonnes relations avec les Etats-Unis», a affirmé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors d’un point presse.

Il a ajouté que «la volonté politique» nécessaire pour raviver les liens entre les deux pays «dépendra de M. Biden et de son équipe». De son côté, le dernier dirigeant de l’ex-Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a appelé à «une normalisation des relations» qui sont aujourd’hui «source d’une grande inquiétude»

— Iran :

Téhéran a salué le départ du «tyran» Donald Trump, jugeant que «la balle est dans le camp» du nouveau président américain, Joe Biden, pour un éventuel retour de Washington à l’accord sur le nucléaire iranien. Donald Trump «n’a apporté que des problèmes à son propre peuple et au reste du monde», a ajouté le président iranien Hassan Rohani dans une allocution télévisée. 


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