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Crise diplomatique entre l’Arabie Saoudite et le Liban : Beyrouth appelle Riyad au dialogue

02 novembre 2021 à 10 h 20 min

Le Liban a appelé hier l’Arabie Saoudite au «dialogue» pour régler la grave crise diplomatique née des propos d’un ministre libanais fustigeant l’intervention militaire de Riyad au Yémen. «Nous voulons les meilleures relations avec l’Arabie Saoudite», a déclaré le ministre des Affaires étrangères libanais, Abdallah Bou Habib, dans des propos recueillis par l’AFP. «Mais les problèmes entre pays frères ou amis ne peuvent se résoudre que par le dialogue et les contacts, et non pas en imposant des points de vue.»

L’Arabie Saoudite, qui a rappelé son ambassadeur de Beyrouth, imitée par plusieurs pays du Golfe, et demandé le départ de l’ambassadeur libanais à Riyad, a jugé «inutile» de traiter avec le Liban, tant qu’il est «dominé» par le Hezbollah. Vendredi, Riyad a arrêté les importations en provenance du Liban. Le Royaume est le troisième marché d’exportation du Liban, représentant 6% des exportations du pays en 2020, et d’une valeur d’environ 217 millions de dollars, selon la Chambre de commerce libanaise.

Dimanche, le ministre des Affaires étrangères saoudien, Fayçal Ben Farhan, a déclaré que «le problème va bien au-delà des simples commentaires d’un ministre», et a dénoncé «l’hégémonie du Hezbollah sur le Liban». «Je ne suis pas d’accord avec les propos du ministre saoudien», a indiqué A. Bou Habib. «Le Hezbollah est une importante composante au Liban, mais il n’a pas d’hégémonie et n’accapare pas la scène politique», a-t-il affirmé.

Et de poursuivre : «Qu’une partie nous demande d’écarter le Hezbollah de la scène politique (…) Comment pouvons-nous le faire alors que le Hezbollah est une composante libanaise, qu’on le veuille ou pas ?» Il a expliqué que le rôle du Hezbollah à l’étranger constitue un problème régional dont le règlement «dépasse la capacité du Liban». Il a soutenu cependant «qu’un accord américano-iranien ou irano-saoudien peut aider à résoudre ce problème». «Mais nous ne pouvons pas le régler par nous-mêmes.»

Le Royaume a reproché au pays du Cèdre de ne pas maîtriser le Hezbollah qu’il a accusé de soutenir les rebelles houthis au Yémen. Riyad mène, depuis 2015, une coalition militaire qui soutient le gouvernement yéménite face aux rebelles houthis. Le ministre libanais de l’Information, George Kordahi, dans une émission télévisée datant du 5 août, alors qu’il n’était ni à ce poste ni membre de l’Exécutif, et diffusée lundi dernier a qualifié «d’absurde» l’intervention de la coalition militaire dirigée par l’Arabie Saoudite dans la guerre au Yémen opposant depuis 2014 pouvoir et rebelles. Il a affirmé que les insurgés se défendent «face à une agression extérieure». D’où l’ire de Riyad.

Abdallah Kordahi a souligné que ses propos reflètent son «opinion personnelle» avant sa nomination, le 10 septembre, ministre de l’Information. Mais il a refusé de s’excuser et de démissionner. Le Premier ministre libanais Mikati a dit «regretter profondément» la décision de Riyad, affirmant que les propos de A. Kordahi «ne reflétaient en aucun cas la position du gouvernement». Il a exhorté A. Kordahi «à privilégier l’intérêt national», l’appelant implicitement à démissionner.

Tensions

Les relations entre les deux pays sont déjà marquées par des tensions. L’Arabie Saoudite accuse le Hezbollah, qui combat aux côtés du régime de Bachar Al Assad en Syrie, de soutenir et d’entraîner les rebelles yéménites qui lancent des drones armés sur le territoire saoudien.

Début mars 2016, le Hezbollah, accusé de servir de tête de pont à l’Iran, est classé «terroriste» par les monarchies du Golfe. De son côté, son chef Hassan Nasrallah a reproché à l’Arabie Saoudite d’œuvrer pour une «sédition entre musulmans sunnites et chiites».

En novembre 2017, depuis l’Arabie Saoudite, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé sa démission. Il a accusé le Hezbollah chiite et son allié iranien de «mainmise» sur le Liban.

En réaction, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à l’époque, Bahram Ghassemi, a indiqué que la «subite démission» de Hariri et son annonce depuis un pays tiers est non seulement regrettable et surprenante, «mais montre qu’il joue sur un terrain conçu par ceux qui ne veulent pas le bien de la région (…) Avec la fin proche de Daesch (acronyme arabe de l’organisation Etat islamique) dans certains pays de la région, le temps est venu de (…) réparer les dégâts causés par les terroristes créés par les Etats-Unis et leurs alliés régionaux».


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