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samedi, 04 juillet, 2020
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Assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi : Washington promet de demander des comptes aux meurtriers

18 novembre 2018 à 10 h 30 min

Le vice-président américain Mike Pence a promis hier que Washington demandera des comptes aux meurtriers de Jamal Khashoggi, rapporte l’AFP. «Les Etats-Unis sont déterminés à demander des comptes à tous ceux qui sont responsables» du meurtre du journaliste qui s’est réfugié aux Etats-Unis, a affirmé le vice-président américain en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) à Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

La veille, le journal américain Washington Post, auquel collaborait régulièrement le journaliste, a indiqué que la CIA a conclu que le meurtre a été commandité par le prince héritier Mohammed Ben Salmane. «Nous allons suivre les faits», a déclaré Mike Pence, qui a refusé de commenter des informations classifiées mais a qualifié le meurtre du journaliste saoudien d’«atrocité» et d’«affront à une presse libre et indépendante». Selon le quotidien américain, la CIA a examiné plusieurs sources de renseignement, notamment un appel entre Khalid Ben Salmane, frère du prince héritier et ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, et Jamal Khashoggi. Khalid Ben Salmane a conseillé à ce dernier de se rendre au consulat saoudien à Istanbul, lui assurant qu’il ne lui arriverait rien. Le Washington Post a ajouté qu’il n’est pas clair si Khalid Ben Salmane, qui a passé ce coup de fil à la demande du prince héritier, était au courant que J. Khashoggi serait ensuite assassiné.

Jeudi, le bureau du procureur général saoudien a disculpé Mohammed Ben Salmane, réclamant la peine capitale contre cinq suspects en détention.

Composer avec la Turquie

Le même jour, le département d’Etat américain a annoncé que Washington continue d’étudier la demande turque d’extradition du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d’avoir orchestré le putsch manqué de 2016. Selon NBC, la Maison-Blanche étudie les possibilités juridiques de faire partir le prédicateur turc installé aux Etats-Unis depuis 1999. La chaîne de télévision américaine rapporte que cela s’inscrit dans un effort diplomatique pour que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, relâche la pression sur l’Arabie Saoudite après le meurtre du journaliste saoudien.

«Ces questions ne sont pas liées», a assuré jeudi la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert. Elle a ajouté que la Maison-Blanche n’a «pas été impliquée dans des discussions» avec «les Turcs» au sujet de «l’extradition de Fethullah Gülen». Néanmoins, elle n’a pas clairement démenti les informations de NBC sur des réflexions au sein de l’administration de Donald Trump sur une possible solution pour faire partir le prédicateur. «Nous avons reçu de nombreuses demandes de la part du gouvernement turc», «nous continuons d’analyser les éléments présentés par le gouvernement turc pour appuyer sa demande d’extradition», a-t-elle affirmé. Dans un communiqué, l’organisation qui soutient le prédicateur islamiste, Alliance for Shared Values, s’est dite «alarmée». «Le gouvernement turc n’a jamais réussi à fournir aux Etats-Unis les preuves nécessaires pour démontrer que F. Gülen était responsable de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016», a-t-elle déclaré. «Maintenant, selon des informations de presse, le gouvernement turc tente d’utiliser le meurtre tragique du journaliste saoudien» comme «monnaie d’échange pour sa demande illégale».

Allié de Riyad, Washington a annoncé le 15 novembre des sanctions contre 17 Saoudiens impliqués dans l’affaire, anticipant des mesures plus sévères du Congrès américain contre le royaume. Le vice-président américain a toutefois indiqué hier que Washington voulait trouver un moyen de garder un «partenariat fort et historique» avec l’Arabie Saoudite, notamment face aux ambitions iraniennes au Moyen-Orient. Le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dernier au consulat saoudien à Istanbul, a fait du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane un partenaire gênant. Outre Washington, il doit composer avec la Turquie. Le président Erdogan a déclaré plusieurs fois que l’ordre d’assassiner Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul est venu «des plus hauts niveaux du gouvernement saoudien», s’abstenant toutefois de citer le prince héritier. S’ils ont écarté la responsabilité du roi Salmane, la presse et des responsables turcs anonymes ont incriminé son fils. Vendredi, une source à la Présidence turque a fait état d’un entretien téléphonique Trump-Erdogan, assurant que les deux hommes sont «d’accord» pour que «rien ne soit dissimulé».

Les révélations du Washington Post risquent de tendre encore un peu plus les relations entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, qui a déjà rejeté les appels en faveur d’une enquête internationale. Depuis l’assassinat de Jamal Khashoggi, l’Arabie Saoudite a changé plusieurs fois son récit, niant d’abord avoir connaissance de la disparition du journaliste avant de faire état de sa mort lors d’une «rixe». Selon la dernière version du procureur général, une équipe de 15 agents est allée en Turquie pour ramener «de gré ou de force» Khashoggi au pays, mais l’opération a mal tourné et il a été brutalisé et «drogué» avant que son corps ne soit «démembré»



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