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Asie : Rien ne va plus entre le Japon et la Corée du Sud

17 juillet 2019 à 10 h 00 min

Les spécialistes de l’Asie rappellent que le litige qui oppose les deux pays voisins n’est pas récent et qu’il a un rapport avec les affres du passé colonial japonais.

Le Japon a déclaré une guerre commerciale à son voisin, la Corée du Sud. Fâché par une querelle historique liée à son passé colonial, Tokyo a infligé, depuis le 4 juillet, des sanctions économiques à la très florissante industrie sud-coréenne.

Les restrictions concernent spécifiquement certains matériaux, dont le fluorure d’hydrogène utilisé dans des composants à haute valeur technologiques, comme les semi-conducteurs, et que le Japon est l’un des rares pays à produire. De grandes entreprises sud-coréennes risquent à moyen terme d’être menacées par ces mesures. Samsung Electronics, le plus important fabricant de puces DRAM et NAND flash au monde, sera probablement l’entreprise qui sera la plus touchée.

Une réunion dans le but d’apaiser les tensions entre les deux pays devait avoir lieu au début de la semaine. La rencontre est cependant tombée à l’eau. Conséquence : l’embargo commercial décrété par le Japon contre les entreprises coréennes reste ainsi toujours d’actualité. Une escalade du conflit pourrait impacter le ravitaillement mondial de micro-puces et de composants pour smartphones.

Le marché mondial de la téléphonie mobile pourrait donc connaître une flambée. Il faut savoir que, conjointement avec d’autres firmes coréennes telles SK Hynix, le géant Samsung fait partie du peloton de tête sur le plan de la fabrication de puces, semi-conducteurs et écrans. A leur tour, Samsung Electronics et SK Hynix sont d’importants fournisseurs d’autres géants technologiques, dont Apple.

Les affres de la colonisation japonaise

Le Japon justifie officiellement son embargo par le fait que la Corée du Sud ne contrôle pas assez rigoureusement les marchandises qui entrent sur son territoire. Mais des spécialistes de l’Asie rappellent que le litige qui oppose les deux pays voisins n’est pas récent et qu’il a un rapport avec les affres du passé colonial japonais. Il remonte plus précisément aux années 1930 et 1940.

A cette époque, précise le site Data News, spécialisé dans les hautes technologies, «le Japon possédait de grandes parties de l’Asie, dont la presqu’île coréenne, où il força les habitants à travailler pour lui». Les plus connues et les plus tragiques de ces «esclaves» étaient, ajoute la même source, ce qu’on appelait les «filles de consolation», à savoir des femmes coréennes, mais aussi chinoises et philippines qui étaient systématiquement violentées afin de «rendre le moral» aux soldats nippons.

En outre, poursuit-on, le Japon contraignait des habitants locaux à travailler dans diverses usines pour maintenir opérationnelle sa machine de guerre. Ce sont ces derniers qui se mettent à réclamer des compensations auprès de tribunaux sud-coréens. L’année dernière, indique Data News, la plus haute juridiction de la Corée du Sud ordonna ainsi que Mitsubishi verse des réparations pour avoir eu recours à l’esclavagisme dans ses usines durant la Seconde Guerre mondiale. Quelques semaines auparavant, un jugement similaire avait déjà été rendu à l’encontre de Nippon Steel & Sumitomo Metal.

La tournure prise par les événements n’a évidemment pas plu au Japon, qui «préfère faire comme si ces méfaits de guerre n’avaient jamais existé et qui considère l’accord bilatéral conclu dans les années 1960 entre les deux pays comme la fin de tout litige en la matière». L’on rappelle en outre qu’un appel sud-coréen officiellement adressé à l’empereur japonais, Akihito, en février de cette année, pour qu’il présente ses excuses pour ces faits, fit l’objet de critiques acerbes.

Le fait qu’à présent les Sud-Coréens exigent de l’argent d’entreprises nippones et que le gouvernement sud-coréen laisse faire, n’est donc pas bien perçu au Japon. Et c’est ce qui aurait convaincu Tokyo de décider de déclarer une guerre commerciale à Séoul. Le Japon a même menacé d’étendre ses restrictions d’exportations à l’avenir, si les Sud-Coréens continuent à demander réparation. 


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