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dimanche, 05 juillet, 2020
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Arrêt des discussions entre Washington et les talibans : Les insurgés menacent les États-Unis

09 septembre 2019 à 9 h 30 min

Les talibans ont averti hier les Etats-Unis qu’ils souffriraient «plus que tout autre», rapportent des médias citant les rebelles.

L’avertissement des insurgés intervient après la décision surprise, la veille, du président Donald Trump de mettre fin aux pourparlers avec eux sur l’Afghanistan et d’annuler par la même occasion une réunion, jusque-là tenue secrète, qui devait se tenir hier à Camp David avec les chefs des insurgés et le président afghan, Ashraf Ghani.

Le mouvement rebelle a indiqué dans un communiqué qu’il ne se satisfera de «rien d’autre que d’une fin de l’occupation (…) et poursuivra son djihad pour atteindre ce grand objectif». Les talibans ont affirmé cependant «croire» que Washington reviendra à la table des négociations. Le président Trump a défendu sa décision de mettre fin aux «négociations de paix», qui devaient permettre un retrait progressif des forces américaines, évoquant la mort d’un soldat américain dans un attentat jeudi, revendiqué par les talibans.

Le mouvement a menacé qu’en conséquence «l’Amérique souffrira plus que tout autre, sa crédibilité sera entamée… ses pertes humaines et financières vont augmenter…». Et d’observer : «Nous avons lancé un appel à la compréhension mutuelle il y a vingt ans, nous restons sur cette position et nous croyons que la partie américaine reviendra à cette position.» Dans leur communiqué, les talibans affirment que la date du 23 septembre a été fixée pour «les discussions interafghanes».

Les Etats-Unis ont engagé, il y a un an à Doha, des négociations directes et inédites avec les talibans, qu’ils ont chassés du pouvoir en Afghanistan dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001. L’accord sur le point d’être conclu prévoit un retrait progressif des forces américaines, devant passer de près de 14 000 soldats à 8600 dans les prochains mois. Un calendrier pour des diminutions ultérieures, si les conditions étaient réunies, devait aussi être inclus dans le texte.

En échange, les talibans interdiraient la présence sur le territoire d’organisations «terroristes», s’engageraient à une «réduction de la violence» dans certaines zones et entameraient un dialogue direct avec le gouvernement à Kaboul.

Attendre et voir

Interrogé sur la chaîne ABC quant au sort des négociations après l’annonce du Président de leur «cessation», le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a confirmé un peu plus tard dans la journée que l’émissaire américain, Zalmay Khalilzad, artisan des pourparlers, allait «rentrer à la maison pour l’instant». «J’espère que les talibans vont changer d’attitude et confirmer les engagements qu’ils avaient pris.

Au bout du compte, tout cela devra être résolu par le dialogue», a-t-il affirmé, appelant aussi à une rencontre directe entre le gouvernement afghan et les insurgés, qui s’y sont refusés jusqu’ici. «On a besoin d’un engagement significatif» de la part des talibans pour reprendre les discussions, a-t-il ajouté.

«Si les talibans ne se comportent pas mieux, s’ils ne tiennent pas les engagements qu’ils ont pris auprès de nous pendant des semaines, voire des mois, le président des Etats-Unis ne va pas réduire la pression. Nous n’allons pas réduire notre soutien aux forces de sécurité afghanes», a-t-il signifié sur une autre chaîne, CNN. «Nous pensions que nous aurions pu convaincre à cet endroit tous les dirigeants de l’Afghanistan, ainsi que les talibans, à améliorer la situation en Afghanistan», a poursuivi Mike Pompeo. Donald Trump est «prêt à prendre des risques pour cela».

Il a relevé que les négociations ont permis de faire «d’énormes progrès». «Nous avions un engagement des talibans assurant qu’ils rompraient avec Al Qaîda. Ils ont dit qu’ils réduiraient la violence», a-t-il signifié. Mais après le nouvel attentat, «le président Trump a dit : ‘‘Assez’’», a indiqué le secrétaire d’Etat américain. Cela dit, la violence risque donc de redoubler à l’approche de l’élection présidentielle du 28 septembre en Afghanistan.



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