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Armement et défense : Comment l’UE finance l’industrie militaire israélienne

30 décembre 2019 à 9 h 02 min

La France, l’Allemagne, la Belgique et la Suisse apparaissent aujourd’hui comme des clients de choix pour les sociétés israéliennes qui restent très secrètes sur les équipements militaires vendus.

La révélation dans une publication du magazine Challenge de l’achat par la France de robots militaires terrestres à la société israélienne Roboteam, pour une facture s’élevant à un million d’euros, a suscité de nombreuses interrogations dans le milieu des industriels de la défense.

Comment un acteur israélien a-t-il pu remporter ce marché alors que les compagnies européennes ont des compétences techniques avancées et reconnues dans le domaine ?

La note technique obtenue par Roboteam lors de la phase d’évaluation était nettement inférieure à celle attribuée à d’autres industriels européens et justifiait difficilement sa sélection au regard de ce seul critère.

Mais pour Yannick Quéau, directeur adjoint du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP) à Bruxelles, de nombreuses conditions entrent en ligne de compte au-delà de l’exigence de la performance technique alléguée, «il y a les conditions de fabrication, de propriété intellectuelle, de coût de production, de fiabilité et d’expérience en théâtre. Sur ce dernier point, les entreprises israéliennes sont très compétitives».

Ainsi, dans l’affaire des robots militaires terrestres commandés par l’Agence française d’innovation de la défense (AID) et destinés à être déployés au Sahel à l’été 2020, l’entreprise israélienne Roboteam a été accusée de dumping déloyal en raison d’un prix cinq fois en dessous de celui du marché (soit 50 000 euros par engin au lieu de 230 000 euros).

Mais c’est principalement dans le domaine des drones que les entreprises israéliennes ont conquis le marché européen, Israël étant aujourd’hui le deuxième exportateur mondial derrière les Etats-Unis.

«La plupart des pays n’ont pas cru à la technologie des drones. Ils accusaient un retard au moment où les besoins opérationnels en Afghanistan et en Irak et dans le contexte de la lutte antiterroriste se sont intensifiés.

Les entreprises israéliennes ont été en mesure de répondre à des besoins spécifiques dans un délai très court», explique l’auteur.

Yannick Quéau rappelle qu’en dépit des capacités de l’industrie de défense européenne en matière d’aéronautique et d’électronique, les processus de fabrication des drones militaires sont assez longs et les plateformes technologiques israéliennes restent plus avancées, jouissant d’une réputation solide.

Dernière innovation en date, l’entreprise israélienne Skylock a développé un drone capable de brouiller le signal des engins hostiles à une distance maximale de 3,5 kilomètres avant de les neutraliser.

La France, l’Allemagne, la Belgique et la Suisse apparaissent aujourd’hui comme des clients de choix pour les sociétés israéliennes qui restent très secrètes sur les équipements militaires vendus.

Dans sa note d’analyse, Yannick Quéau revient sur le succès de la stratégie israélienne d’exportation vers l’Europe qui repose sur une offre en drones «complétée par des partenariats de codéveloppement et de coproduction auprès d’une multitude de partenaires. La manœuvre offre des garanties minimales de résistance à la concurrence aux acteurs israéliens».

Par ailleurs, l’Union européenne pourrait financer via le fonds européen de défense (conçu pour aider les Etats membres à développer et à acquérir des capacités de défense stratégiques clés dans un délai assez court) chaque année des programmes de recherche et d’innovation des entreprises non européennes qui concurrencent parfois directement les intérêts des industriels des pays de l’Union.

Dans le cadre du programme Horizon 2020, des chercheurs et entreprises israéliens se sont vus attribués plus de 700 millions d’euros, faisant d’Israël le deuxième bénéficiaire, après la Suisse, des fonds de recherche européens.

Si ces financements semblent problématiques, il faut cependant relativiser le niveau d’importance de cette question, selon Yannick Quéau, qui estime qu’en dépit des crispations, «tous les Européens ne parlent pas d’une même voix». «Les pays les plus avancés n’ont pas attendu l’UE pour avoir des programmes de coopération.

Certaines filiales d’entreprises étrangères font partie de leur base nationale de production d’armement et elles leur ont permis de rattraper un retard capacitaire», a-t-il indiqué. Pour l’analyste, il n’existe pas aujourd’hui de partenariat stratégique privilégié avec Israël, mais plutôt d’une coopération ponctuelle.

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