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Après l’échec des pourparlers de paix : Les insurgés houthis appellent à la «résistance»

10 septembre 2018 à 20 h 59 min

Les discussions de Genève auraient été les premières entre le gouvernement yéménite et les Houthis depuis celles qui ont duré plusieurs mois au Koweït en 2016. La délégation des insurgés a ensuite été bloquée trois mois à Oman en raison du blocus aérien imposé par Riyad au Yémen. Ce précédent a suscité les craintes des rebelles ces derniers jours.

Les consultations prévues jeudi sous l’égide des Nations unies entre le gouvernement yéménite et les rebelles houthis ont échoué avant même d’avoir commencé. Impuissance de la diplomatie qui ne fait que prolonger le conflit armé. Ainsi, le chef des rebelles Abdel Malek Al Houthi a appelé samedi ses partisans à la «résistance face à l’agression» du gouvernement yéménite soutenu par la coalition militaire sous commandement saoudien.

Il a exhorté les Yéménites à «aller aujourd’hui sur tous les fronts» et leur a demandé de renforcer «la défense, la sécurité» et de «recruter (…) des volontaires sur le terrain», dans un discours retransmis samedi soir par la chaîne de télévision rebelle Al Massirah. Discours qui intervient quelques heures après l’annonce par le médiateur de l’Organisation des Nations unies (ONU), Martin Griffiths, de l’échec des discussions indirectes entre les belligérants.

Les discussions de Genève auraient été les premières entre le gouvernement yéménite et les Houthis depuis celles qui ont duré plusieurs mois au Koweït en 2016. Celles-ci ont buté sur le retrait des rebelles de villes clés, comme Sanaa, et le partage du pouvoir. La délégation des Houthis a ensuite été bloquée trois mois à Oman en raison du blocus aérien imposé par Riyad au Yémen. Ce précédent a suscité les craintes des rebelles ces derniers jours. Ainsi, ils ont exigé leur transport dans un avion omanais, le transfèrement de blessés vers Mascate et la garantie de pouvoir rentrer à Sanaa. Les insurgés, qui contrôlent de vastes pans du territoire yéménite dont Sanaa, sont restés dans la capitale yéménite en déplorant ne pas avoir bénéficié de garanties nécessaires pour pouvoir se rendre à Genève.

La capitale yéménite est aux mains des insurgés depuis 2014. La coalition militaire, conduite par l’Arabie Saoudite qui les combat et qui soutient les forces pro-gouvernementales, impose un blocus aérien au Yémen. La coalition et ses protégés yéménites exigent le respect de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l’ONU reconnaissant «la légitimité» du président Abd Rabbo Mansour Hadi, le retrait des Houthis des territoires qu’ils ont conquis et la restitution des armes lourdes. De leur côté, les Houthis demandent, eux, «l’arrêt de l’agression» saoudo-émiratie avant toute concession. Les conditions inconciliables des belligérants, constituent une aubaine pour d’autres acteurs de l’échiquier yéménite, comme l’organisation Al Qaîda, le groupe Etat islamique (EI) et le mouvement séparatiste du Sud, d’imposer leurs visions.

Frictions

Les rapports entre l’Arabie Saoudite et le Yémen ont toujours été conflictuels. Ce qui alimente une méfiance réciproque qui ne cesse de s’amplifier. Sanaa n’a jamais reconnu la souveraineté de Riyad sur les provinces de Jizan, Asir et Najran. Et les Saoudiens ont soutenu les royalistes, dont les zaïdites qu’ils combattent aujourd’hui, dans leur guerre contre les «républicains» de 1962 à 1970. Ces derniers sont appuyés par l’Egypte de Nasser en dispute avec Riyad sur le leadership du monde arabe. En 1990, lors de l’invasion du Koweït par les forces de Saddam Hussein, Sanaa, tout en s’opposant à cette opération de conquête, a refusé d’intégrer la coalition internationale pour libérer cette monarchie. Une vision qui a provoqué la colère de Washington et Riyad. En représailles, l’Arabie Saoudite a expulsé près de 800 000 émigrés yéménites de son territoire. Un coup dur pour l’économie yéménite, privée d’une source importante de devises.

Pour Sanaa, le royaume wahhabite cherche à affaiblir l’unité du pays consacrée en 1990. Durant la guerre de sécession en 1994, entre le Nord et le Sud, l’Arabie Saoudite a soutenu paradoxalement les Sudistes qu’elle dénonce jusque-là comme des «communistes». Le 26 février 1995, l’Arabie Saoudite et le Yémen signent à La Mecque un accord suivi d’une reconnaissance par Sanaa du traité de Taef. Six comités sont créés pour tracer les frontières terrestres et maritimes.

Dix-huit mois après, les négociations échouent. Le traité de Taef a été signé en 1934 entre Riyad et Sanaa. Il consacre la légitimité de l’Arabie Saoudite sur les trois provinces de Jizan, Najran et Asir, conquises militairement par Ibn Saoud pour les annexer à son royaume.

Dans la nuit du 25 au 26 mars 2015, l’Arabie Saoudite, à la tête d’une coalition arabe, a lancé une opération militaire aérienne au Yémen contre les rebelles houthistes, minorité zaydite d’obédience chiite. Objectif : chasser les Houthis de la capitale, Sanaa, qu’ils occupent militairement depuis septembre 2014 et rétablir le pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié à Riyad.



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