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Après huis mois d’exercice : Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez convoque des législatives pour avril

16 février 2019 à 8 h 38 min

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a convoqué hier des élections législatives anticipées pour le 28 avril, les troisièmes en moins de quatre ans, après le rejet de son budget sur fond de crise persistante en Catalogne, selon l’AFP.

«J’ai proposé la dissolution du Parlement et la convocation d’élections législatives pour le 28 avril», a déclaré, devant la presse, le dirigeant socialiste, en poste depuis à peine huit mois. Un pari risqué alors que, selon plusieurs sondages récents, son parti pourrait arriver en tête, mais sans alliés suffisants pour gouverner. Une majorité que seraient en revanche en mesure de former le Parti populaire (PP, droite), Ciudadanos (libéral) et le parti d’extrême droite en pleine expansion Vox.

A la tête du gouvernement le plus minoritaire de l’histoire espagnole, Sanchez n’aura donc pas réussi à maintenir la fragile majorité, formée par les socialistes, la gauche radicale, les indépendantistes catalans et les nationalistes basques, qui lui a permis de renverser le 1er juin Mariano Rajoy (PP). Les séparatistes catalans ont en effet rejeté mercredi au Parlement, avec la droite, son budget au lendemain de l’ouverture à Madrid du procès de la tentative de sécession de la Catalogne de 2017 et quelques jours après une rupture du dialogue avec le gouvernement, alors qu’ils continuaient d’exiger un référendum d’autodétermination, inacceptable pour Madrid.

La chute

Devant la presse, Pedro Sanchez a vanté l’action de son bref gouvernement, marquée, entre autres, par une augmentation de 22% du salaire minimum, mesures contre les violences faites aux femmes, embauche de fonctionnaires. Comme il a défendu sa tentative, infructueuse, de dialogue avec les séparatistes catalans qui a précipité sa chute. «Je crois qu’avec le dialogue, nous pouvons trouver la voie pour résoudre nos divergences (…). Je suis partisan de prendre le taureau par les cornes», a-t-il soutenu.

Il a ensuite accusé la droite d’avoir «utilisé les institutions à des fins partisanes» pour «paralyser» plusieurs mesures comme la réglementation de l’euthanasie ou l’abrogation d’une loi sécuritaire controversée. De son côté, le numéro un du PP, Pablo Casado, s’est félicité d’avoir «fait tomber Sanchez» après que sa formation a mobilisé avec Ciudadanos et Vox des dizaines de milliers de personnes à Madrid, dimanche, pour réclamer des élections et dénoncer les «cessions intolérables» de Pedro Sanchez aux séparatistes.

Ces trois partis ont déjà scellé en janvier une majorité au niveau régional en Andalousie (sud) pour chasser les socialistes de leur fief historique. «Nous allons décider si l’Espagne doit continuer d’être otage des partis qui veulent la détruire» ou si «le Parti populaire peut parvenir à des accords avec d’autres forces politiques pour stopper le défi séparatiste», a ajouté Pablo Casado.

En moins de quatre ans, le bipartisme a volé en éclats, la Catalogne a tenté de faire sécession, un chef de gouvernement, Mariano Rajoy, a été renversé pour la première fois en quarante ans par un adversaire, Pedro Sanchez, pourtant battu dans les urnes. Et les élections qui se profilent fin avril pourraient ne rien résoudre. Avec l’irruption de Vox, la Chambre des députés pourrait battre un nouveau record de partis représentés et les indépendantistes, toujours au pouvoir en Catalogne et furieux du procès en cours à Madrid, seront des moins enclins à négocier. R. I.


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