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Annoncé jeudi en Suède : L’accord de trêve interyéménite vole en éclats

17 décembre 2018 à 9 h 36 min

Dans la nuit de samedi à hier, des raids aériens et de violents affrontements ont encore lieu à Al Hodeïda, ville portuaire de l’ouest du pays, rapporte l’AFP. Ainsi vole en éclats l’accord de trêve relatif à cette ville.

Accord signé jeudi par les forces loyales au président Abd Rabo Mansour Hadi en Suède, sous l’égide des Nations unies soutenues par une coalition arabe menée par l’Arabie Saoudite, et les rebelles houthis.

Ainsi, l’émissaire de l’Organisation des Nations unies (ONU) au Yémen, Martin Griffiths, a exhorté hier les belligérants à respecter l’accord de trêve à Al Hodeïda. Dans un tweet, il a indiqué «attendre des deux parties qu’elles respectent leurs obligations conformément au texte et à l’esprit de l’accord» annoncé jeudi en Suède et «qu’elles s’engagent à en appliquer immédiatement les dispositions».

«Les Nations unies travaillent en étroite collaboration avec le gouvernement yéménite et Ansarullah (rebelles houthis) pour veiller à ce que les dispositions de l’accord d’Al Hodeïda soient mises en œuvre en temps voulu et correctement», a ajouté le représentant onusien. Vendredi, l’émissaire onusien a réclamé le déploiement rapide d’observateurs internationaux à Al Hodeïda et dans des ports de la province.

D’autres points sont loin d’être réglés, notamment celui concernant l’aéroport de Sanaa. La capitale est entre les mains des rebelles depuis 2014.

Lors des pourparlers de Suède, aucun accord n’a été trouvé sur cet aéroport international qui est soumis à un embargo de fait de la coalition arabe et dont l’ouverture est réclamée avec insistance par les rebelles.

Conformément à cet accord, le cessez-le-feu devait entrer «immédiatement» en vigueur à Al Hodeïda. Le retrait des combattants est prévu dans les «prochains jours».

Outre une trêve à Al Hodeïda, cet accord envisage un échange de quelque 15 000 combattants faits prisonniers ainsi que des mesures pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire à Taëz au sud-ouest, ville aux mains des loyalistes et assiégée par la rébellion. Les pourparlers interyéménites doivent reprendre fin janvier pour tenter de définir un cadre de négociation en vue d’un règlement global.

Depuis 2014, la guerre au Yémen a fait au moins 10 000 morts et des millions de personnes sont menacées de famine dans ce pays où sévit «la pire crise humanitaire du monde», selon l’ONU. Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde hier contre le risque d’une nouvelle détérioration de la situation humanitaire en l’absence de paix. «Le fait que la famine n’ait pas encore été déclarée ne diminue en rien notre inquiétude» face au fléau de la malnutrition dans le pays, a-t-il observé.

Le bourbier

Accusant le pouvoir central de les avoir marginalisés, les Houthis se sont emparés fin 2014 de vastes pans du pays, dont Al Hodeïda et la capitale Sanaa. D’où l’intervention de la coalition militaire menée par Riyad depuis mars 2015 aux côtés du président Mansour Hadi renversé par les rebelles.

Aussi, le royaume wahhabite compte réduire l’influence de l’Iran au Yémen qui, à ses yeux, soutient les Houthis. Le 13 juin dernier, les forces progouvernementales, appuyées par les Emiratis et les Saoudiens, lancent l’assaut sur Al Hodeïda, principal point d’entrée de l’aide humanitaire au Yémen en guerre.

Le lendemain, le chef des rebelles houthis, Abdel Malek Al Houthi, déclare qu’il faut «transformer la côte ouest en bourbier pour les envahisseurs». Le 4 juillet, l’émissaire de l’ONU pour le Yémen dit avoir eu des discussions «fructueuses» avec le chef des rebelles sur la relance du processus pour un règlement politique.

Le 2 août, au moins 55 civils sont tués dans des explosions frappant des secteurs densément peuplés de la ville, selon le Comité international de la Croix-Rouge. Les rebelles accusent la coalition, qui dément toute implication.

Le 8 septembre, des discussions sous l’égide de l’ONU, les premières depuis plus de deux ans, échouent à Genève, les rebelles ayant refusé d’y participer sans garantie de retour dans le pays. Le 24 octobre, des dizaines de civils, selon l’ONU, sont tués par des frappes sur la province d’Al Hodeïda.

Les rebelles accusent la coalition. Le 6 décembre, des consultations s’ouvrent en Suède entre le gouvernement et les rebelles, sous l’égide de l’ONU. Elles ont été favorisées par l’évacuation de 50 rebelles blessés vers Oman et un échange prévu de prisonniers.

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