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TURQUIE

Ankara renforce son contrôle sur les réseaux sociaux

30 juillet 2020 à 9 h 21 min

La Turquie a adopté hier une loi qui renforce les pouvoirs des autorités sur les réseaux sociaux, rapportent des médias. Texte qui suscite l’inquiétude des défenseurs de la liberté d’expression.

Le vote du Parlement est intervenu moins d’un mois après l’appel du président turc, Recep Tayyip Erdogan, à «mettre de l’ordre» dans les réseaux sociaux, l’un des derniers espaces où les Turcs s’expriment encore librement. Selon ce texte, les réseaux sociaux avec plus d’un million de connexions uniques par jour, comme Twitter et Facebook, doivent désormais avoir un représentant en Turquie et obéir aux tribunaux demandant le retrait de certains contenus. Ces géants du numérique doivent en outre stocker en Turquie les données de leurs utilisateurs se trouvant dans ce pays. En cas de non-respect de ces obligations, une forte réduction de leur bande passante et des amendes sont prévues.

Pour le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), la formation de Erdogan, cette loi vise à mettre fin aux insultes en ligne. Le texte a été présenté après que la fille et le gendre du Président aient essuyé des injures sur Twitter. Mais les défenseurs de la liberté d’expression l’accusent de chercher à museler les réseaux sociaux. Twitter et Facebook sont en effet déjà étroitement surveillés par le gouvernement et de nombreux procès pour «insulte au chef de l’Etat» ou «propagande terroriste» s’appuient uniquement sur un ou quelques tweets. En 2013, Twitter et Facebook ont ainsi été très utilisés pour organiser des rassemblements lors de grandes manifestations antigouvernementales connues sous le nom de «mouvement de Gezi».

Les organisations non gouvernementales (ONG) s’inquiètent de l’érosion de la liberté d’expression en Turquie et un contrôle accru des réseaux sociaux pourrait aussi limiter l’accès des Turcs à des informations indépendantes ou critiques, dans un paysage dominé par les médias pro-gouvernementaux.

De nombreux Turcs s’informent en effet sur les réseaux sociaux en suivant, par exemple, les comptes Twitter de médias alternatifs ou de journalistes réputés indépendants, qui ont parfois plusieurs centaines de milliers d’abonnés. «Les réseaux sociaux sont d’une importance capitale pour de nombreuses personnes qui les utilisent pour s’informer. Cette loi annonce une sombre période de censure en ligne», a ainsi estimé lundi Tom Porteous, de l’ONG Human Rights Watch. Selon le dernier «rapport sur la transparence» de Twitter, la Turquie figure, au premier semestre 2019, en tête des pays demandant le retrait de contenus sur le réseau social avec plus de 6000 requêtes.



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