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Affaibli par la multiplication des centres de décision : La Tunisie se présente divisée devant le FMI

22 mai 2021 à 10 h 16 min

La crise économique asphyxiante n’a pas empêché la classe politique au pouvoir en Tunisie de continuer à se chamailler.

Le président Saïed accuse le gouvernement de ne pas faire ce qu’il faut pour faire face à la crise. Le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, reproche à la présidence de la République de bloquer l’équipe gouvernementale, en refusant le remaniement ministériel. L’Assemblée pointe du doigt la présidence de la République qui chercher à tout accaparer. Résultat des courses, le pays est bloqué et l’Etat ne cesse de perdre son autorité à l’intérieur et sa notoriété à l’extérieur. Les instances financières internationales ne voient pas d’un bon œil un tel chaos.

Un vif débat à distance a opposé, dans la soirée de mercredi dernier, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Promotion de l’investissement, Ali Koôli, au secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, à travers le plateau d’Ettassiaâ, concernant les négociations en cours avec le Fonds monétaire international (FMI), Taboubi niant tout engagement de l’UGTT avec le gouvernement pour soutenir cet accord. Pourtant, le ministre Koôli venait de dire qu’il y avait accord avec les partenaires sociaux, y compris l’UGTT, sur les principaux axes des réformes.

Et voilà le secrétaire général de l’UGTT qui téléphone à l’émission pour assurer, en direct, que la centrale syndicale n’avait aucune information quant au contenu du plan présenté au FMI. Taboubi a même accusé le gouvernement d’utiliser les organisations nationales pour faire sa propre promotion.

Par ailleurs, le secrétaire général est revenu sur les raisons du boycott, par l’UGTT, des rencontres de Beit El Hikma, incorporant les banques, le patronat et les experts, sur les perspectives économiques et financières en Tunisie, en affirmant douter de la sincérité des propos du gouvernement. «Nous étions de bonne foi et nous avons voulu démarrer sur des bases solides, sincères et intègres, mais ce n’était pas réciproque», a notamment dit Taboubi.

En conclusion, alors que le ministre se référait aux déclarations officielles des bailleurs de fonds ayant jugé le plan du gouvernement tunisien réaliste et réalisable, que sa démarche est la mieux indiquée et que les concertations aboutiront à un accord, le secrétaire général de la centrale syndicale assurait que «les institutions financières internationales ne tomberont plus dans le piège des fausses promesses et des engagements non tenus, comme ce fut le cas avec les gouvernements précédents. Aujourd’hui, un dialogue et un accord sur les procédés sont exigés de la part de la Tunisie».

Crise

La classe politique tunisienne ne semble pas se soucier outre mesure de l’impact de cette crise sur l’image de la Tunisie.

Pourtant, toutes les voix raisonnables, à l’image du président de la centrale patronale, Samir Majoul, ou d’ex-ministres, ont demandé de tenir des élections législatives anticipées, vu l’impossibilité de continuer à traîner une crise sans issue.

Mais, les partis assurant la ceinture gouvernementale, notamment les islamistes d’Ennahdha et leurs soutiens de Qalb Tounes, de Nabil Karoui, savent qu’ils paieraient la sanction des urnes et qu’ils seraient éjectés du pouvoir. Donc, ils refusent la tenue des élections. Et le régime politique tunisien ne permet pas au président de la République de dissoudre le Parlement. C’est donc l’impasse.

Par ailleurs, le rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Fayçal Derbel, a indiqué à El Watan que les semaines prochaines seront déterminantes pour la Tunisie, qui fera face à des échéances de paiement de la dette extérieure s’élevant à 4,2 milliards de dinars (1,3 milliard d’euros), des salaires mensuels de 1,7 milliard de dinars (520 millions d’euros).

En plus, a ajouté le député, la Tunisie accueillera prochainement une délégation de l’Agence de notation Fitch Ratings, dont une possible dévaluation de la note souveraine de la Tunisie pourrait faire descendre le pays vers l’abîme, surtout après le taux de croissance négatif de -3% durant le premier trimestre 2021, auquel il faut ajouter la grève des recettes fiscales depuis le 26 avril dernier, privant l’Etat d’une partie importante de ses revenus budgétaires. Le pire est à craindre.

 

Tunis
De notre correspondant  Mourad Sellami


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