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vendredi, 27 novembre, 2020
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Conflit entre le gouvernement Ethiopien et la province du Tigré : Addis-Abeba attaché à la solution armée

22 novembre 2020 à 10 h 40 min

Le gouvernement éthiopien a fait état, hier, d’avancées militaires dans la région dissidente du Tigré, rapportent des médias citant la presse locale et un communiqué officiel. «Nos forces sont en train d’avancer vers Mekele», la capitale de la région dissidente, a déclaré hier un média gouvernemental, Ethiopia State of Emergency Fact Check. Mekele est le fief du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirige la région.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a déclenché cette opération le 4 novembre contre le TPLF, l’accusant de chercher à déstabiliser le gouvernement fédéral et d’avoir attaqué deux bases militaires éthiopiennes dans la région, ce que nient les autorités tigréennes.

Selon l’agence gouvernementale, l’armée a par ailleurs pris le contrôle de plusieurs villes au Tigré, dont Aksoum et Adigrat, à quelque 117 km au nord de Mekele.

Le TPLF a fait état d’un «intense bombardement» d’Adigrat dans un communiqué, sans indiquer quel camp a désormais le contrôle de la ville.

Dans un communiqué hier, le Premier ministre éthiopien a salué l’avancée de l’armée : «Nos forces ont désormais pleinement libéré la ville d’Adigrat de la milice du TPLF.» Et d’ajouter : «Ensemble, avec le reste de l’Ethiopie, nous allons faire en sorte de répondre à tous les besoins humanitaires.»

Pour le Premier ministre, «la sécurité de tous et le bien-être de la population du Tigré sont d’une importance primordiale pour le gouvernement fédéral, et nous allons faire le nécessaire pour faire prévaloir la stabilité dans la région du Tigré».

Pas d’écho aux appels à l’arrêt des hostilités

Jusqu’à présent, le Premier ministre n’a pas répondu aux appels internationaux à la désescalade. L’Union africaine (UA) a désigné trois anciens présidents comme envoyés spéciaux en Ethiopie pour tenter une médiation, a annoncé vendredi soir le chef de l’Etat sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UA. Il s’agit de Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique, Ellen Johnson-Sirleaf, ancienne présidente du Liberia, et Kgalema Motlanthe, ex-président de l’Afrique du Sud. L’UA n’a toutefois pas précisé à quelle date les trois émissaires seront en mesure de se rendre sur place.

L’agence Ethiopia State of Emergency Fact Check a indiqué que le Premier ministre rencontrerait ces émissaires. Elle a néanmoins contredit C. Ramaphosa en relevant que «les informations selon lesquelles les envoyés spéciaux se rendront en Ethiopie pour une médiation entre le gouvernement fédéral et les forces criminelles du TPLF sont fausses».

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a déploré que «jusqu’à présent, il n’y a aucun accord des autorités éthiopiennes pour une médiation externe». L’opération militaire d’Addis-Abeba a dépassé les frontières du Tigré, avec au nord des tirs de roquettes du TPLF qui ont visé la capitale de l’Erythrée, Asmara, et au sud-ouest la région d’Amhara.

Après avoir dominé durant 15 ans la lutte armée en Ethiopie contre le régime militaire de Mengistu Haïlé Mariam, renversé en 1991, le TPLF a contrôlé durant près de trois décennies l’appareil politique et sécuritaire du pays, avant d’être progressivement écarté par A. Abiy depuis qu’il est devenu Premier ministre en 2018.

Pays de l’Afrique de l’Est, l’Ethiopie compte neuf régions administratives. Elles sont aménagées sur les bases d’un fédéralisme ethnique (Tigré, Afar, Amhara, Oromiya, Somali, Bani Shangul-Gumuz, Nations et peuples du Sud, Gambella et Harar). En parallèle, la Constitution oblige le gouvernement à organiser un référendum si une ethnie, parmi les plus de 80 que compte ce pays, souhaite former sa propre région

Plus de 36 000 Ethiopiens ont déjà gagné le Soudan, selon la Commission des réfugiés du Soudan.

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