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samedi, 31 octobre, 2020
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La chute des prix du baril de pétrole bouleverse les prévisions

Vent de panique sur l’économie nationale

01 mars 2020 à 10 h 01 min

En attendant de connaître la décision que prendront les pays de l’OPEP et leurs alliés à leur prochaine réunion sur la position à adopter face à cette chute inquiétante des prix, l’Algérie devra revoir ses prévisions budgétaires.

Avec un baril de pétrole affichant un prix de 50 dollars sur le marché, il y a de quoi paniquer de ce côté-ci de la planète, surtout que les prévisions budgétaires de la loi de finances 2020 sont basées sur un baril à 50 dollars et un prix de marché à 60 dollars.

Il y a donc plus à craindre de l’impact du coronavirus sur le marché pétrolier et ses conséquences sur une économie algérienne dépendante entièrement des hydrocarbures, que du cas du ressortissant italien contaminé par le virus.

En attendant de connaître la décision que prendront les pays de l’OPEP et leurs alliés à leur prochaine réunion sur la position à adopter face à cette chute inquiétante des prix, l’Algérie devra revoir ses prévisions budgétaires.

Si la rigueur budgétaire était déjà de mise dans les estimations de la loi de finances, force est de constater que la situation impose une révision des projections, notamment lors du recours à la loi de finances complémentaire.

Si les prix demeurent aussi faibles et tant qu’une solution ne sera pas trouvée pour endiguer l’épidémie de coronavirus, une révision à la baisse du prix de référence du baril pour la LFC sera inévitable.

Cette chute des prix du pétrole intervient quelques semaines après l’annonce de la fonte ayant touché les réserves de change qui se sont établies à 62 milliards de dollars alors qu’elles étaient à 72,6 milliards de dollars en avril 2019 et à près de 80 milliards de dollars à la fin 2018.

Le niveau de ces réserves se contractera davantage avec la baisse des prix du pétrole et risquent même d’être en dessous de la barre des 51,6 milliards de dollars prévus pour la fin 2020, soit moins de 12,4 mois d’importations.

Le propre d’une économie rentière est qu’elle est tributaire d’une seule ressource et le marché boursier est son seul indicateur de survie.

Les hydrocarbures représentent plus de 90% des exportations algériennes et 60% des recettes fiscales. Le bilan du commerce extérieur de l’année 2019 fait état d’un déficit commercial de 6,11 milliards de dollars contre 4,53 milliards de dollars, avec un volume des exportations de 35,82 milliards de dollars et une facture d’importations de 41,93 milliards de dollars.

Nous importons plus que nous exportons et nous n’exportons essentiellement que des hydrocarbures (92,80% de la structure des ventes algériennes).

Même nos exportations d’hydrocarbures baissent année après année et se sont établies à la fin 2019 à 33,24 milliards de dollars. Avec un tel schéma, le moindre mouvement du marché boursier est scruté tel un indicateur de bonne ou de mauvaise santé pour l’économie nationale.

Les limites de la politique de diversification de l’économie se vérifient chaque jour sur le terrain malgré les discours pompeux sur une limitation de la dépendance aux hydrocarbures.

Même si les feux de la rampe sont braqués continuellement sur des secteurs comme l’industrie et l’agriculture, les hydrocarbures demeurent la seule et réelle ressource sur laquelle se base l’économie en Algérie.

Le Fonds des réserves de change, qui devait servir de fonds de secours pour parer aux situations de crise, a été gaspillé par ceux censés penser aux générations futures.

«La Norvège produit 100% de son électricité par les renouvelables, et les recettes d’hydrocarbures sont entièrement placées dans un fonds réservé aux générations futures et qui, placé intelligemment, génère d’importantes ressources financières tout en plaçant l’Etat norvégien dans de fortes positions dans le capital de leaders industriels et technologiques mondiaux», écrit le spécialiste des questions économiques et pétrolières, Mourad Preure, sur sa page Facebook, en notant qu’il a été parmi de nombreux experts à proposer cette solution pour l’Algérie mais les décideurs n’ont pas voulu y concéder.

«Malgré la faiblesse de nos ressources financières et de nos réserves de change, la question d’un fonds souverain reste d’actualité», dit-il encore, en invitant à la réflexion «en considérant le jeu économique mondial non plus seulement comme des menaces, mais aussi comme des opportunités», en faisant la différence avec l’anticipation et l’intelligence.

«Libérons la riche intelligence algérienne pour trouver des solutions… à la crise dont le plus grand danger est qu’on se contente de la subir», affirme M. Preure. Un conseil avisé pour les tenants de la décision politique qui demeurent, hélas, otages des vieilles recettes et de la seule boussole pétrolière. 

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