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mardi, 23 octobre, 2018
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Une orientation purement commerciale

11 juillet 2018 à 10 h 15 min

Quelle approche pour la présence chinoise en Algérie ? A lire le volume des échanges commerciaux entre les deux pays et des investissements chinois dans le plus grand pays d’Afrique, force est de constater l’orientation purement commerciale de la présence du géant asiatique en Algérie mais aussi dans le reste des pays africains.

Premier fournisseur du pays, la Chine est loin pourtant de représenter un important client de l’Algérie. La stratégie commerciale chinoise consiste à exporter près de 8 milliards de dollars de produits annuellement et de n’en importer presque rien ou quelques produits énergétiques.

Depuis le début de l’année actuelle, la part de marché de la Chine dans le volume des importations algériennes est passée de 18% à 15% du fait de l’application des mesures de restriction à l’importation.

En termes d’investissements, on parle de 2,6 milliards de dollars d’investissement, mais contrairement aux apparences, la Chine n’investit pas beaucoup ou peu mais arrive à obtenir des projets de grandes envergures ce qui lui donne l’apparence d’occuper une place de choix dans les IDE. Les entreprises chinoises arrivent à décrocher de très bonnes affaires en Algérie, notamment dans des mégaprojets d’infrastructures, en commençant par les autoroutes, aéroports, ports, habitat et même la Grande Mosquée d’Alger. Ce sont plusieurs dizaines de milliards de dollars que les entreprises chinoises arrivent à rafler sur le marché algérien sans pour autant investir dans la production locale et encore moins dans le transfert de technologie.

Même la main-d’œuvre pour la réalisation de ces projets est chinoise. Selon une étude récente (juin 2018) de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed), l’investissement chinois en Afrique ne représente que 2,9% du stock d’IDE chinois dans le monde, très loin derrière les IDE en Europe ou dans les Amériques.

«Les Chinois connaissent peu l’Afrique, qui sert en quelque sorte de ‘‘laboratoire’’ pour leur stratégie qui est avant tout mondiale», indique le rapport. «Si elle s’inscrit dans la continuité des dix dernières années, la politique future de la Chine en Afrique ne suffira pas à relever le défi de l’industrialisation», note le document.

Toujours selon cette étude, en 2017, la Chine réalisait 14,9% des échanges du continent africain, dont 16,7% des importations et 12,1% des exportations. «Quatre pays seulement absorbent près de la moitié des exportations chinoises : l’Afrique du Sud (15%), l’Egypte (12%), le Nigeria (11%) et l’Algérie (8,7%). Ces pays accusent aussi le plus gros déficit de leur balance commerciale avec la Chine.

Les courants d’affaires restent déséquilibrés en volume et s’appuient sur des échanges de produits de base africains contre des produits manufacturés chinois.» La Chine a une approche de l’investissement en Afrique très prudente. Si l’investissement direct chinois en Afrique est de 2,4 milliards de dollars (1,2% du flux d’IDE chinois dans le monde), en 2016, le volume «des prestations de services et de travaux clés en main, parfois assimilées, à tort, à de l’investissement direct étranger, atteint 50 milliards de dollars de projets d’infrastructures.

Cinq pays représentent 56% de la totalité des contrats de prestations réalisées par la Chine entre 2003 et 2015 : l’Algérie, l’Angola, le Nigeria, l’Ethiopie et le Soudan».

La même étude affirme qu’il est peu probable de s’attendre à une implication chinoise dans le sud de la Méditerranée pour implanter des industries en vue de réexporter des produits manufacturés vers l’Europe ou vers un pays africain.

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