Suppression des avantages pour le montage de la téléphonie mobile : Les opérateurs protestent et le ministère intransigeant | El Watan
toggle menu
samedi, 07 décembre, 2019
  • thumbnail of elwatan20191207
  • Massage Tunisie




Suppression des avantages pour le montage de la téléphonie mobile : Les opérateurs protestent et le ministère intransigeant

12 novembre 2019 à 9 h 50 min

Le Collectif des fabricants de l’électronique, de l’électroménager et des mobiles a réagi, hier, à la décision d’exclure le montage de la téléphonie mobile du dispositif préférentiel d’importation des kits SKD/CKD ainsi que la suppression des avantages fiscaux dont ils bénéficiaient. «Cette décision est fondée sur des données totalement erronées… elle est porteuse de répercussions néfastes aussi bien sur les producteurs que sur l’économie nationale», affirme le collectif dans une lettre adressée à la ministre de l’Industrie et des Mines, rapportée par l’APS.

Pour rappel, le projet de loi de finances 2020 stipule que l’activité de montage local de la téléphonie mobile sera soumise au droit commun, c’est-à-dire qu’elle ne pourra plus bénéficier du dispositif préférentiel d’importation SKD/CKD. Le ministère de l’Industrie avait justifié cette décision par «la faiblesse du taux d’intégration national enregistré dans la filière, ainsi que par la hausse de la facture d’importation des composants pour cette activité». Le ministère avait même conclu que cette décision est le fruit de deux années d’observation de la filière pour arriver au constat qu’il «s’agit, dans la majorité des cas, d’importation de produits finis déguisée».

Les professionnels de la filière, tout en reconnaissant que le taux d’intégration est faible, affirment que la «fermeture des usines de montage de la téléphonie mobile conduirait, entre autres, au passage d’un marché régulé à un marché informel dans lequel il sera difficile d’identifier l’origine et la qualité des produits». Ceci et de plaider pour la préservation des «6000 emplois directs et plus de 20 000 indirects».

Ledit collectif propose à cet effet «une révision à la hausse des droits de douanes du régime SKD concernant la téléphonie mobile, tout en maintenant le droit additionnel provisoire de sauvegarde DAPS pour l’importation des produits finis». Il est aussi proposé, dans la même lettre, la mise en place d’un «comité regroupant des représentants du ministère de l’Industrie et du Collectif des fabricants, pour travailler sur un plan de conversion du régime SKD vers le régime CKD adapté à la filière».

Les fabricants de téléphonie soulignent, par ailleurs, dans leur lettre, que le coût d’importation des composants utilisés dans le montage de téléphones a fortement grimpé suite à l’avènement de la 3G et la 4G en Algérie, en passant de 400 millions de dollars en 2014 à 650 millions de dollars en 2016. «Alors que l’importation des téléphones mobiles était majoritairement en produits finis et soumise à un droit de douanes réduit à 5%», notent les rédacteurs de la lettre, avant de préciser que l’interdiction d’importation des produits finis en 2017 s’est accompagnée d’une baisse de la facture à moins de 230 millions de dollars. L’année 2018 a enregistré par contre une hausse de la facture, qui a atteint 511 millions de dollars suite à la conversion des importations de produits finis vers l’industrie de montage local SKD.

Même si le ministère assure qu’il ne sera pas question de geler l’activité de montage de téléphones, la nouvelle disposition gouvernementale aura assurément un effet sur les prix des téléphones mobiles montés en Algérie. «Nous n’avons pas décidé de geler les entreprises qui activent dans la téléphonie mobile… Ceux qui travaillent dans cette industrie sont exonérés de droits et taxes à l’importation de leurs kits, et il se trouve qu’il n’y a pas de montage, ce sont des téléphones qui sont importés», assure à partir de Tizi Ouzou la ministre Djamila Tamazirt, en appelant les entreprises concernées à poursuivre leur activité dans le cadre du droit commun et sans bénéficier des avantages du montage. «Quand l’Etat donne des avantages à un opérateur, c’est pour gagner en contrepartie une intégration et une industrialisation ; ce n’est pas le cas dans la téléphonie mobile, à la différence des voitures et de l’électroménager où il y a un taux d’intégration que nous suivons…», dit-elle.

Si des opérateurs comme Huawei, Condor et Iris veulent désormais continuer dans cette activité, ils devront se plier à la nouvelle disposition de payer les taxes d’importation des composants sans bénéficier des avantages, comme c’est le cas pour d’autres types de montage. Nous connaîtrons l’évolution que prendra cette filière dans les semaines à venir.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!