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Sider El Hadjar : Les sidérurgistes s’accrochent à l’espoir d’une renaissance du groupe

15 septembre 2020 à 11 h 00 min

Peut-on croire que le complexe Sider El Hadjar est en passe de redorer son blason terni et redevenir, à court terme, le fleuron de l’industrie nationale ? On est tenté de croire aux actuelles bonnes volontés, malgré les multiples échecs enregistrés par les précédents et différents responsables, soutenus, de surcroît, par les anciens gouvernements.

Le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, et le PDG du groupe Imetal Tarek Bouslama, semblent croire dur comme fer que le sauvetage de ce qui reste des vestiges de ce géant n’est pas impossible. Dans leur sillage, ils ont pu ramener le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, pour qu’il assiste dimanche à la présentation de cet ultime plan de sauvetage et constater de visu l’immensité de cette usine, bâtie sur plus de 900 hectares.

Préalablement, la Présidente du conseil d’administration (PCA) a énuméré les différents handicaps du géant sidérurgique dont les pieds sont, malheureusement, d’argile. «Son passif est lourd, sa production est faible, la quantité de minerai fournie par les mines de Boukhadra et Ouenza est insuffisante. A ce constat amer, il faut ajouter aussi une trésorerie agonisante, une rude concurrence, aggravée par un important recul dans la demande face à une importation massive des produits sidérurgiques, fabriqués par Sider El Hadjar», a lancé, d’emblée, la responsable.

Aux grands maux les grands remèdes

A la présentation de la nouvelle version du dernier plan de développement 2018, financé partiellement, devant amener Sider El Hadjar à augmenter sa production à 1,3 million de tonnes de fonte liquide, le Premier ministre a repris son souffle. «Dans notre nouveau plan de développement de Sider El Hadjar, il est prévu la diversification de ses produits, notamment ceux dits plats, la réhabilitation de l’unité d’étamage et de galvanisation pouvant fournir de la tôle aux industries spécialisées, aux constructeurs d’automobile et d’électroménager qui, prochainement, vont s’installer en Algérie.

Sider El Hadjar sera la seule entreprise à produire cette catégorie de produits. Pour ce faire, on aura recours à l’utilisation des pré-réduits du complexe sidérurgique Algeria-Qatar Steel (AQS) de Bellara (Jijel). On vise aussi l’autosuffisance en eau brute, à travers la réalisation de deux stations, l’une d’épuration et l’autre de pompage, qui seront implantées dans la localité de l’Alalligue (El Bouni).

Parallèlement, nous avons abandonné la construction d’une cokerie et d’une centrale électrique, inscrites dans le plan de développement de mars 2018, car budgétivores», a expliqué, au Premier ministre, Réda Belhadj, le jeune directeur général de Sider El Hadjar. Au terme de cette opération de marketing, M. Djerad aurait cru à l’aventure, avant de poser ses conditions. Il s’est dit, certes, «optimiste que ce plan de développement de Sider El Hadjar présente des capacités importantes, auxquelles il faut greffer un management rationnel et une bureaucratie bannie. Cependant, il faut trouver un équilibre financier permettant de lancer ces projets et d’autres donnant un nouveau souffle au complexe, ses dirigeants et ses travailleurs».

Avant lui, le ministre de l’Industrie avait annoncé, la semaine dernière : «Nous envisageons le rééchelonnement de ses dettes à l’effet de lui permettre un redémarrage facile et rapide, dont sa valeur ajoutée est attendue pour 2021. Des négociations avec les banques sont engagées pour offrir au complexe une situation financière allégée, puisqu’il est illogique de lui exiger un assainissement de son passif financier tout en lui demandant d’aller dans l’immédiat vers l’avenir. Il faut plus de 60 milliards de dinars en 2021 pour permettre au complexe une sortie sûre de la zone rouge, alors qu’en 2018, on comptait un bilan oscillant entre 20 à 25 milliards de dinars. Pour ce faire, des industries de transformation seront intégrées à court et moyen termes aux programmes de production de Sider El Hadjar.»

Potentialités à exploiter

M. Djerad a relevé, par ailleurs, que «la sidérurgie en Algérie possède les potentialités minières, les installations industrielles et les ressources humaines lui permettant d’atteindre l’indépendance industrielle et de bâtir une base performante en sidérurgie». Avant de passer au financement de ce plan, il a souligné que «l’édification d’une véritable industrie implique de s’adapter à la réalité et de s’orienter vers la relance des petites et moyennes industries et les industries de transformation qui dépendent fortement de l’industrie algérienne, en usant des ressources disponibles et variées pour répondre aux besoins du pays et atteindre la compétitivité sur les marchés extérieurs. L’important potentiel dont dispose le complexe sidérurgique El Hadjar doit être exploité pour contribuer à la relance des petites et moyennes industries et les industries de transformation».

Première action : la récupération du foncier non exploité depuis 2009 de Sider El Hadjar pour l’installation des projets liés à l’industrie sidérurgique dans son large contexte. En effet, une opération de démantèlement de l’unité du haut-fourneau (HF) n°1 du complexe a été entamée dimanche, en sa présence. «Au total, elles formeront l’équivalent de plus de 100 hectares, qui devront abriter plusieurs projets de petite et moyenne entreprises d’industrie liées à la sidérurgie, puisqu’il existe des projets industriels complémentaires et intégrés auxquels le complexe Sider El Hadjar peut fournir les produits nécessaires à leur fonctionnement.

Etant donné que le HF n°1 est désaffecté depuis plusieurs années, le ministre de l’Industrie en concertation avec le staff dirigeant ont décidé judicieusement de récupérer son terrain. Cette procédure s’inscrit dans le cadre d’une vision s’appuyant sur l’exploitation des ressources disponibles et inexploitées pour relancer l’activité économique du complexe» a révélé, face au chantier, le Premier ministre.

Opérations de sauvetage ratées

Mieux, ce haut-fourneau représente environ 150 000 tonnes de résidus de fer non exploités, susceptibles de couvrir les besoins du complexe sidérurgique en matière première (fer), pendant une durée d’environ six mois. Cette recette réussira à faire décoller le complexe de ses décombres, sachant qu’il est en arrêt depuis plus de six mois, et la masse salariale de ses 6200 travailleurs dépasse les 500 millions de dinars.

Pour mémoire, Sider El Hadjar a bénéficié de plusieurs plans de croissance et de réhabilitation. Au total, ils sont trois, 2013, 2016 et le dernier en 2018. Des centaines de milliards ont été dépensés vainement car destinés à récupérer une importante assiette électorale. Le dernier en date (2018) avait permis, dans sa première phase, à rénover le haut-fourneau n°2.

La seconde phase avait pour but de porter la capacité de production à 1,1 million de tonnes d’acier par la création d’une cokerie, afin d’assurer l’autonomie du complexe en consommation de coke et réduire la facture d’importation.

Ni la production n’a atteint cet objectif ni la cokerie n’a été réalisée. Parallèlement, il y a eu un véritable siphonnage de ses ressources financières, et plusieurs plaintes ont été déposées à la gendarmerie locale. Depuis octobre 2018, aucune plainte n’a abouti malgré les réclamations des cadres intègres de ce malheureux complexe.

 

 

Historique d’El Hadjar

Période coloniale : le projet de construction d’une usine sidérurgique à Annaba a été inscrit en 1958 dans le plan de Constantine. Ce projet a vu la création de la Société bônoise de sidérurgie (SBS), chargée de réaliser un haut-fourneau et ses annexes.

1964, création de SNS : après l’indépendance, l’Etat algérien a créé, le 3 septembre 1964, la Société nationale de sidérurgie (SNS), chargée de la construction du complexe sidérurgique d’El Hadjar.

1969, première coulée : le complexe entre en production après son inauguration, le 19 juin 1969, par le président de l’Etat algérien, Houari Boumediène.

1983, création d’EN Sider : la restructuration de l’industrie algérienne donne naissance à l’Entreprise nationale Sider.

1995, création du groupe Sider : cette évolution marque le passage de l’entreprise administrée à l’entreprise économique EPE/SPA.

1999, création d’Alfasid : un plan de redressement interne du groupe Sider donne naissance à 25 entreprises industrielles autonomes, dont Alfasid qui représentait le «cœur du métier» de la sidérurgie.

18 octobre 2001 : Ispat Annaba : un contrat de partenariat entre Sider et LNM donne naissance à Ispat Annaba. LNM détient 70% du capital social et Sider 30%.
Cette nouvelle société regroupe les filiales de Sider, liées au métier de base de la sidérurgie : Alfasid, Almain, Gessit, Iman, Amm, Comersid, Alfatub, Cryosid, Coprosid et Fersid.

Ispat Tébessa est créée à la même période. Elle est le résultat d’un partenariat entre LNM (70%) et Ferphos (30%). Elle comprend les mines de fer d’Ouenza et de Boukhadra.

Décembre 2004 : Mittal Steel Annaba : la société change de dénomination après la fusion de LNM holding et Ispat International.

Juin 2007, ArcelorMittal Annaba : résultat de la fusion entre Mittal Steel et Arcelor.

Octobre 2013, ArcelorMittal Algérie : la société change de dénomination après la signature d’un accord stratégique entre ArcelorMittal et Sider, par lequel la participation d’ArcelorMittal dans le capital de la société passe à 49% et celle de Sider à 51%.

Octobre 2015 : les groupes  ArcelorMittal et IMETAL définissent un schéma d’accord pour la restructuration de l’actionnariat des sociétés ArcelorMittal Algérie, ArcelorMittal Pipes and Tubes Algérie et ArcelorMittal Tébessa.

Août 2016, ArcelorMittal cède à IMETAL la totalité de ses parts sociales, détenues à 49% ArcelorMittal Algérie (AMA), 49% à ArcelorMittal Pipes and Tubes Algeria (AMPTA) et 70% à ArcelorMittal Tébessa (AMT). La société devient Sider El Hadjar.



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