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Secteur public : De la mauvaise utilisation des ressources financières à la GAbegie

11 février 2019 à 11 h 00 min

Avec, d’un côté, une partie du secteur privé qui a largement profité grâce à ses accointancees politiques avec le pouvoir durant la période d’aisance de la commande publique via la réalisation de nombreux projets pas toujours aux normes requises (comme en témoignent les nombreuses malfaçons) et, de l’autre côté, de Petites et moyennes entreprises (PME), qui cherchent à se placer sur la scène économique dans un climat loin d’être propice à l’entrepreneuriat, quel apport pour le secteur économique public ? Un secteur qui, de surcroît, a fortement bénéficié des aides successives de l’Etat dans le cadre des différents plans de redressement et d’assainissement.

Une telle question s’impose en cette période d’incertitudes tant sur le plan politique que financier avec la fonte des réserves de change qui tournent actuellement autour de 82 milliards de dollars. Mais aussi en raison des faibles performances de ces entreprises publiques, dont le niveau d’endettement ne fait qu’aggraver la situation de ces EPE.

Une situation qui commence à lourdement peser sur le Trésor public tout comme celle de la surévaluation des projets dont les dépenses ont atteint 1200 milliards de dinars, selon le ministère des Finances. D’où les fortes inquiétudes affichées par les décideurs économiques. Le Conseil des participations économiques (CPE) a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme en décembre 2018 dans un document consacré à cet effet.

Le CPE chiffre l’endettement de six groupes publics, à savoir la SNVI, AGM (mécanique), GRCN (réalisation et construction), Imetal (sidérurgie), Agrolog (entrepôts et abattoirs) et Getex (textiles) à 718 milliards de dinars, soit 30% de l’endettement global des groupes publics. Résultat d’une gestion hasardeuse de ces entreprises en période faste. Résultat aussi de la mainmise des bureaucrates et de la soumission de ces entreprises à l’influence politique.

Situation insoutenable

D’ailleurs, de nombreux rapports le confirment. Exemple : en juillet dernier, une étude du département d’Etat américain consacrée au climat des affaires dans le monde a conclu que les entreprises publiques algériennes sont «généralement lourdes bureaucratiquement et peuvent être soumises à une influence politique».

Une analyse qui va directement à contre-courant des affirmations du gouvernement quant à l’autonomie de ces entreprises, comme l’a relevé le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, dans l’une de ses sorties rappelant la décision du CPE d’autonomiser ces sociétés.

«Le Conseil des participations de l’Etat a réaffirmé l’autonomie des entreprises publiques économiques sur lesquelles les administrations concernées exerceront une simple supervision», avait précisé Ahmed Ouyahia en décembre 2017 lors de la réunion de la Tripartite sur la Charte pour le partenariat public-privé appelé partenariat sociétaire s’engageant à approfondir cette question d’autonomie de manière à soutenir la dynamique de développement et de diversification économiques.

Et voilà que plus d’une année après, l’on revient avec un constat alarmant et non pas pour dresser le bilan de cette charte qui, faut-il le rappeler, a fait couler beaucoup d’encre.

Certes, le besoin pour le secteur public de s’ouvrir sur le privé est une alternative aux difficultés dans lesquelles il se , mais les conditions sont loin d’être assurées des deux côtés. C’est en fait toute l’organisation du système économique qui pose problème.

Autrement dit, la qualité des institutions en charge de cette organisation freine la dynamique économique. Et pourtant, ce ne sont pas les mises en garde et les propositions qui manquent à cet effet, que ce soit celles émanant des institutions internationales ou de la part des experts algériens des think tanks.

Les propositions pullulent, mais…

Dans ce cadre, Nabni (Notre Algérie bâtie sur de nouvelles initiatives) a pour rappel émis de nombreuses suggestions. Justement, en prévision de l’élection présidentielle d’avril prochain, le collectif entre «en campagne … d’idées» comme il le souligne dans un document rendu public cette semaine.

Nabni prépare actuellement un «livre blanc» constitué d’une sélection de l’ensemble des propositions publiées depuis le lancement de l’initiative, enrichies d’apports, qui sera versé aux débats de la campagne présidentielle afin, explique-t-il, que «nos élections soient bâties sur de nouvelles idées».

Le projet Nabni 2019 se penche sur quatre thèmes : la primauté de la bonne gouvernance, l’idéal de solidarité et de justice sociale, la transformation de notre modèle économique et l’acquisition et enfin la réforme de l’administration.

Autant de questions qui sont directement liées à l’objectif de l’amélioration de la qualité des institutions. Un thème qui a également fait débat fin janvier lors d’une des matinales du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE).

Zoubir Benhamouche, économiste à la commission économique des Nations unies pour l’Afrique (bureau de l’Afrique du Nord) a justement décortiqué cette question et son impact sur la diversification de l’économie. Là, justement, le constat est réitéré sur l’impact des institutions sur la gestion des ressources.

«Les institutions sont à la source de distorsions qui dévient l’économie d’une allocation efficiente de ses ressources», résume l’expert, rappelant que l’Algérie dispose d’un fort potentiel de croissance de la productivité des facteurs, «sans dépenser un dollar».

Mais qui ne pourrait se réaliser qu’en assurant une condition : en agissant sur la qualité des institutions. C’est tout le travail qui reste à faire pour réduire les distorsions, avoir un impact plus important de la dépense publique sur la croissance et enregistrer une hausse potentiellement importante de la productivité.

Une productivité qui brille par son absence dans le secteur public. Pourquoi ? Parce que la rente a permis de distribuer de l’argent à tout-va sans étude au préalable de l’efficience de ces dépenses au nom de l’assainissement.

Cela pour dire que la gestion des dépenses dédiées aux entreprises publiques par les institutions habilitées à le faire ont fini par avoir un impact négatif. «Les ressources ne vont pas aux activités/entreprises les plus productives», expliquera Zoubir Benhamouche, avant de détailler les causes menant à cette situation devenue insoutenable au fil des ans.

«Pouvoir discrétionnaire»

Des causes qui se résument en un point  : «L’action inadéquate de l’Etat», selon l’économiste. Ce qui trouve sa source, poursuit-il, dans la nature des instruments. «Les instruments utilisés, par nature, peuvent générer des distorsions», dira-t-il à ce sujet, donnant l’exemple de la fiscalité et des subventions «la fiscalité crée généralement des distorsions et les subventions accordées à certaines entreprises portent atteinte à l’égalité des conditions de concurrence», résumera M. Benhamouche.

Autre raison : la mise en œuvre des politiques. Il soutiendra dans ce cadre que les fonctionnaires utilisent leur pouvoir «discrétionnaire pour faire de la discrimination entre les entreprises et favoriser certaines par rapport à d’autres».

Ce qui est justement le cas. M. Benhamouche le dit clairement : «L’Etat peut affecter le degré de concurrence en favorisant les entreprises politiquement connectées.» Nous y sommes largement actuellement. Ce qui va s’accentuer avec la campagne présidentielle qui s’annonce et cette volonté affichée par le cercle autour du pouvoir d’œuvrer pour la perpétuité.

Ce qui rime avec continuité dans l’attente des réformes structurelles puisque ces dernières tardent à se faire, alors qu’elles sont l’unique gage susceptible de conduire à un environnement institutionnel à même d’assurer une meilleure gestion des ressources financières et à une allocation ciblée de ces ressources dans un cadre transparent.

Sinon, la situation financière du pays n’aurait pas atteint le fonds et les pouvoirs publics n’auraient pas eu besoin de recourir au financement non conventionnel (FNC). Un dossier sur lequel les interrogations et les réserves ne manquent pas.

Avec 5192 milliards de dinars en 2018, le FNC n’a financé la croissance au cours de cette période qu’à hauteur de 27% (dédiés au fonds national des investissement (FNI)).

«Hors apport au FNI et remboursement d’emprunt, 68% des dépenses couvertes par financement monétaire correspondent à des déficits structurels», fera remarquer à ce sujet l’économiste Mouloud Heddir, qui mettra en exergue là aussi le poids des subventions sur les seules entreprises publiques, dont la situation reste «soutenable» en l’occurrence Sonatrach et Sonelgaz.

M. Heddir trouve en effet anormal que ces deux groupes préfinancent sur longue durée la politique de subvention des prix de l’énergie pour 1500 milliards de dinars par an. «Le différentiel de prix que supporte Sonatrach pour les carburants, de l’ordre de 600 milliards de dinars, représente à lui seul la dette interne de l’Etat de 2012 à 2014», illustrera-t-il. Un chiffre effarant qui en cache d’autres et qui illustre fortement cette «détresse» financière à la veille du scrutin présidentiel pour lequel le jeu se corse déjà.

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