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mardi, 04 août, 2020
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Sami Agli. Président du FCE : «Certaines institutions tergiversent à appliquer les mesures prises en faveur des entreprises»

03 mai 2020 à 9 h 41 min

-La crise sanitaire impacte sévèrement l’entreprise qui était déjà dans la difficulté. Le Forum des chefs d’entreprise a-t-il fait un bilan de la situation, un état des lieux pour mesurer les effets de cette crise sur l’entreprise et l’emploi ?

Nous n’avons pas de statistiques détaillées à ce sujet, mais nous avons transmis un questionnaire aux entreprises ; les réponses que nous avons reçues nous renseignent sur la gravité de leur situation tant au plan de l’activité qu’au plan de leur situation financière. La grande majorité des entreprises ont continué à verser des salaires à leurs employés en utilisant diverses formules, comme les reliquats de congé, l’anticipation sur le congé 2020 ou encore le travail partiel rémunéré totalement ou proportionnellement, il y a même des entreprises qui versent des salaires alors qu’elles sont à l’arrêt total. Nous sommes en train de vivre une crise sans précédent. L’épidémie du Covid-19 a des conséquences très lourdes sur les entreprises et donc sur l’emploi.

Nous avons, au sein du Forum des chefs d’entreprise (FCE), exprimé à plusieurs reprises notre profonde inquiétude. Tous les secteurs sont touchés ; la crise n’épargnera malheureusement, à moyen terme, aucun secteur d’activité. Les mesures de confinement et les restrictions en matière de déplacement des employés, tout à fait justifiées et même indispensables, se sont traduites par un ralentissement de l’activité. A cela s’ajoute, il ne faut pas l’oublier, les difficultés d’approvisionnement. Ainsi, les entreprises se sont trouvées contraintes de procéder à la libération d’une partie de leurs effectifs, à la mise au chômage technique et, dans des cas extrêmes, à préparer des plans sociaux. .

-Le gouvernement a pris une série de mesures pour atténuer l’impact de la crise, comme le report du remboursement des crédits bancaires, la suppression des pénalités, le report du dépôt des comptes sociaux etc. Pensez-vous que cela est suffisant pour préserver l’entreprise ?

En effet, le gouvernement a annoncé une série de mesures pour accompagner les entreprises à faire face aux conséquences de la crise sanitaire du Covid-19. Comme vous le dites, il s’agit, notamment, de mesures bancaires, fiscales et parafiscales et le Forum des chefs d’entreprises en a exprimé sa satisfaction. Néanmoins, nos membres constatent chaque jour que ces mesures ne sont encore effectives sur le terrain, certaines institutions tergiversent à appliquer ces mesures, ce qui pénalisent encore davantage les entreprises les plus audacieuses dans la lutte contre l’arrêt de l’activité. Ce sont des décisions que nous qualifions de courageuses, car elles interviennent dans une conjoncture économique difficile. Mais de mon point de vue, il y a surtout lieu de saluer la décision des pouvoirs publics d’ouvrir la concertation avec le patronat et le partenaire social. C’est une véritable réponse à nos attentes.

Au Forum des chefs d’entreprise, nous estimons que ce processus de concertation est le cadre approprié qui nous permettra sûrement de nous pencher sur la situation des entreprise et de l’emploi avec les ministères et proposer des mesures de sauvegarde. Permettez-moi de préciser qu’avant même ces rencontres de concertation, que nous saluons encore une fois, le Forum a formulé de nombreuses propositions. Certaine ont été prises en charge et nous nous en réjouissons. Nous sommes mobilisés pour poursuivre la concertation avec les pouvoirs publics et travailler avec les ministères pour relayer les préoccupations des entreprises et identifier ainsi d’autres mesures susceptibles de soutenir les entreprises à se maintenir en activité et seulement ainsi pour préserver l’emploi. Il s’agit, pour nous, d’élaborer un véritable plan national de sauvegarde et de développement des entreprises. Plan national de relance économique dans lequel l’entreprise est le moteur principal.

-Quelles sont, selon vous, les décisions à prendre pour sauver en même temps et l’entreprise et l’emploi ?

Le destin des travailleurs et celui des entreprises sont étroitement liés. On ne peut pas imaginer des travailleurs sans employeurs ou des entreprises sans salariés. C’est pourquoi, pouvoirs publics, entreprises et travailleurs doivent faire converger leurs démarches, leurs attentes et leurs responsabilités dans une direction commune, celle de l’intérêt commun, celui de l’Algérie. Les mesures déjà prises par les pouvoirs publics ont été salutaires pour organiser la résilience des entreprises ; il reste maintenant à prendre d’autres mesures plus audacieuses pour sortir de la situation de crise dans laquelle se débattent les entreprises.

Le nerf de la guerre demeure les problèmes de financement dans ses différents volets, nous en citons les principaux : rééchelonnement de la dette des entreprises en fonction des impacts subis par ces dernières ; le traitement des échéances immédiates (remboursement des crédits arrivés à échéance au cours de cette période de la crise sanitaire) et l’annulation de toutes les pénalités et des agios sur la période allant de mars à septembre 2020 ; la mise à disposition de crédits pour le financement du fonds de roulement avec des taux d’intérêt bonifiés.

La même démarche s’applique sur les problèmes de charges sociales des entreprises et les échéances associées. Pour certaines entreprises, il serait judicieux de les faire bénéficier d’exonération de ces charges proportionnellement au niveau de l’emploi maintenu pendant la période de sous-activité ou de l’arrêt d’activité. Dans un deuxième volet, il y a lieu de traiter les problèmes de bureaucratie qui empoisonnent la vie des entreprises et font perdre des ressources pour toute la nation. Les entrepreneurs souhaitent voir simplifiées toutes les procédures administratives pour mettre en synchronisation le temps administratif avec le temps économique.

Enfin les chefs d’entreprises souhaitent profiter de cette situation de forte communion entre les pouvoirs publics et le monde économique pour consolider les liens de confiance et de responsabilité partagée pour exprimer son engagement sans réserve pour être associer dans la préparation des plans de sortie de crise et surtout dans l’élaboration du plan de relance économique post-crise.

 

Propos recueillis par  Saïd Rabia



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