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Pétrochimie : Face au coronavirus, Sorfert entre résilience et citoyenneté

23 mai 2020 à 9 h 23 min

Alors qu’à travers le monde entier l’écrasante majorité des entreprises subit de plein fouet les terribles chocs de la crise économique générée par la pandémie Covid-19, en Algérie le complexe pétrochimique Sorfert, qui produit et exporte l’urée et l’ammoniac, affiche une résilience organisationnelle exceptionnelle.

Cette coentreprise détenue par le groupe international OCI N.V (51%) et Sonatrach (49%), est l’une des rares entités économiques épargnées par la crise. Implantée près d’Arzew, cette joint-venture a développé une capacité d’organisation qui lui a permis de surmonter les aléas et de résister aux chocs. En adoptant un modèle économique éclairé, l’entreprise a assuré la préservation de son potentiel et son ancrage sur un marché mondial de plus en plus tendu.

Ce site pétrochimique exporte la quasi-totalité (95%) de sa production en urée et 100% en ammoniac aux quatre coins du monde. «Nous escomptons atteindre 420 millions de dollars de chiffre d’affaires tirés des exportations, cette année», a révélé, mercredi dernier, dans un entretien accordé à El Watan, Massimo Lateano, président-directeur général de cette joint-venture. «Grâce aux efforts consentis par toutes nos équipes, nous n’avons subi aucun impact de la crise sanitaire liée à l’épidémie Covid-19.

Nous avons pu garder notre production intacte. La commercialisation n’a été affectée qu’à un degré marginal, imputable à une légère baisse des prix des engrais (-10%) et à de petites perturbations logistiques», se confie M. Lateano. «Grâce à une bonne gouvernance, nous nous sommes adaptés à la crise sanitaire. Notre cellule de crise a travaillé d’arrache-pied pour assurer la continuité de l’activité. 50% de nos effectifs ont été mis en congé spécial.

La chaîne de valeur a été maintenue», explique de son côté Mme Souad Abdallah, directrice générale adjointe. L’entrée en lice, en 2013, de ce complexe pétrochimique a permis d’accroître le potentiel de l’Algérie à l’exportation. Sorfert, qui compte 1500 emplois directs et indirects, compte une myriade de sous-traitants et de prestataires de services. «Notre complexe exporte l’essentiel de sa production de granulés d’urée, soit 1,1 million de tonnes métriques (95% de sa production) et 1,15 million tonnes métriques d’ammoniac, (100% de sa production).

La moitié de la production d’ammoniac est utilisée pour produire de l’urée, tandis que le reste est vendu en l’état», détaille le PDG. «De novembre 2019 à mars 2020, nous avons réussi à atteindre 100% des capacités maximales pour lesquelles l’usine a été conçue», se réjouit Massimo Lateano.

Le défi reste de gagner la bataille des parts de marché sur la scène mondiale. Avec une matière première (le gaz naturel) de moins en moins coûteuse, les usines d’engrais se sont multipliées à travers la planète. «Les marchés internationaux des produits pétrochimiques sont en forte évolution.

Sorfert produit 1% du marché mondial, estimé à 100 millions de tonnes métriques d’urée. L’offre commence à être tendue. Le créneau étant intéressant, de plus en plus d’acteurs de la pétrochimie arrivent sur le marché. Chaque année, deux usines de la taille de Sorfert voient le jour à travers le monde. D’où une éternelle compétition à mener», analyse M. Lateano.

Le marché des engrais s’est particulièrement restreint ces dernières semaines à cause des problèmes logistiques engendrés par l’épidémie Covid-19. Cela étant dit, dans la vie il n’y a pas que le business. «Sorfert est une entreprise citoyenne. Durant cette crise sanitaire, notre entreprise vient à la rescousse de la société.

Sorfert a fait un don de 20 millions de dinars, versé au compte bancaire public ouvert au titre de la solidarité pour renforcer la lutte contre la pandémie Covid-19.

Dans le cadre des activités citoyennes menées en collaboration avec les daïras d’Arzew et de Bethioua, nous avons également fait des dons de masques et de produits désinfectants», révèle la directrice générale adjointe. A présent, les regards des cadres dirigeants sont braqués vers l’avenir. «Pour améliorer sa performance, Sorfert a élaboré un plan d’investissement de 120 millions de dollars sur cinq ans, destiné à pérenniser et à optimiser l’activité», indique M. Lateano. Ces investissements permettront d’avoir de bonnes perspectives de croissance, d’autant plus que dans les années à venir, la consommation mondiale d’engrais azotés va continuer à croître.

La reprise progressive de l’économie mondiale et des prix de l’énergie apporte un espoir de rebond. Voilà qui inspire bien Souad Abdallah pour conclure sur une note d’espoir : «La pétrochimie est l’avenir.»



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