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mardi, 30 novembre, 2021
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Nabil Djemaah. Expert en économie et finance : «Le commerce électronique transforme l’espace marchand»

03 janvier 2021 à 10 h 54 min

Malgré son lancement il y a plusieurs années, le paiement électronique avance à petits pas l Il n’arrive pas à vaincre les réticences de certains commerçants et les appréhensions des citoyens, qui font plus confiance, lors de leurs transactions, à la monnaie métallique et aux billets de banque. Sollicité, Nabil Djemaah, expert en économie et finance, nous donne son éclairage sur la question l Il cerne avec exactitude les facteurs de blocage et propose des pistes pour son décollage.

Propos recueillis par  Kamel Benelkadi

 

-Le paiement électronique peine à décoller en Algérie. Pourtant, il a d’énormes avantages…

Le e-paiement, ou le commerce électronique, constitue une nouvelle méthode de réaliser les transactions économiques, pour une application qui n’existe que depuis 5 ans, il pourrait transformer radicalement certaines activités économiques, comme les finances, le commerce, la communication, l’industrie et l’énergie. Il représente plus de 40% du PIB dans le monde. Ses incidences les plus significatives sont l’élimination des intermédiaires et la réduction des coûts de facturation et de services financiers. En fait, il s’agit d’une combinaison de réformes réglementaires et d’innovations technologiques.

-Quels sont les obstacles qui font que cette activité fait du surplace ?

Les obstacles de l’accès au commerce électronique en Algérie sont nombreux, mais ils commencent à tomber progressivement, aussi bien pour les acheteurs que pour les vendeurs. Le e-paiement peut contribuer à une saine expansion économique en Algérie et ainsi qu’au décollage de l’économie nationale et du pays en développant notamment le numérique et le digital.

Le commerce électronique transforme l’espace marchand. Il modifie la façon dont est conduite l’activité économique. Les intermédiaires traditionnels seront remplacés et des produits de marchés nouveaux vont apparaître. Des relations nouvelles et étroites vont se nouer entre entreprises et consommateurs.

Actuellement, le commerce électronique est relativement peu développé mais il croît rapidement et pourrait atteindre un niveau acceptable.

Il est au stade embryonnaire vu la technologie et la dynamique ailleurs, c’est notamment le cas pour le segment entreprise et consommateur, qui est considérablement réduit à cause de considérations liées à la sécurité des paiements, aux risques de fraudes de la part des vendeurs, à la protection des données à caractère personnel et aux coûts non encore maîtrisables. Ces questions représentent des enjeux de taille pour les décideurs.

-Nous avons constaté que plusieurs DAB ne fonctionnent pas. Crise de liquidités ? Pannes ?

Oui, justement, les normes de gestion des DAB et GAB sont absentes ? Les DAB sont devenus obsolescents avec la technologie nouvelle, il faut aller vers le paiement par mobile, il est moins coûteux, la carte CIB coûte 25 dollars l’unité pour l’Etat et elle est valable une année, alors que le mobile est valable plus de 5 ans et est plus performant.

Aussi, les TPE coûtent cher pour le pays et ils ne sont plus utilisés et ne sont plus sécurisés. Leur maintenance est onéreuse, ils sont facilement pénétrables à distance, absence d’intégrité de leurs données sauvegardées.

-Justement, il était question d’aller vers le paiement mobile d’ici la fin de l’année. Encore une fois, on est en retard…

Non, on peut regagner le temps perdu, il faut s’ouvrir aux autres en incluant le paiement mobile généralisé même dans la petite distribution et le virement des salaires des travailleurs, on va gagner 5000 milliards de dinars de monnaie scripturale et métallique.

Dans un avenir proche, nous allons définitivement nous débarrasser du marché informel qui bloque l’économie du pays et on va régler le problème d’assèchement des liquidités dans le système financier qui souffre énormément aujourd’hui. On évitera considérablement les détournements de fonds et on arrivera à la traçabilité totale des fonds de l’Etat. On aura une base de données réelle et des données statistiques du pays en matière de consommation, de production et de besoins. Mais il faut la volonté politique pour réaliser et mettre en œuvre ces solutions.

-Dans ses dernières déclarations, le GIE monétique affirme que l’utilisation du paiement électronique progresse, même s’il y a encore une grande marge de développement. Partagez-vous cette analyse ?

Non pas du tout, c’est dû généralement aux chaînes énormes devant les guichets de poste, c’est la raison essentielle, les gens n’ont pas le choix. Il faut développer les plateformes et les start-up numériques et casser les monopoles de l’Etat qui coûtent cher au Trésor public. La Satim elle aussi coûte cher à l’Etat et elle ne peut pas tout faire. Il faut décentraliser le numérique et libérer l’économie du pays.

-Le gouvernement a essayé d’imposer les TPE aux commerçants avec une échéance (fin d’année) qui a semble-t-il été reportée à fin 2021. Est-ce la bonne méthode pour généraliser le paiement électronique ?

Non, pas du tout, il faut toujours éviter les monopoles, il faut laisser la main invisible dans l’économie sinon ça ne marche pas, comme c’est le cas aujourd’hui. J’espère que cet état des lieux sur les principaux moyens de paiement sera utile pour les décideurs algériens pour les aider à choisir la meilleure option à nos problématiques actuelles et aux attentes de notre peuple.


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