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mardi, 07 décembre, 2021
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Mouvement de protestation à l’ENIE Sidi Bel Abbès : Les travailleurs réclament la reprise de l’activité et le départ du PDG

07 janvier 2021 à 10 h 25 min

L’année 2021 commence mal à l’Entreprise nationale des industries électroniques (ENIE). Au bord de l’asphyxie financière, les unités de production de l’Enie sont à l’arrêt depuis plusieurs mois et les tensions sociales s’amplifient.

Plusieurs centaines d’employés de l’Entreprise nationale des industries électroniques ont observé mardi un sit-in de protestation devant l’entrée principale du complexe industriel pour réclamer le sauvetage de l’entreprise et un changement à la direction générale.

Les protestataires ont brandi des banderoles dénonçant les «dérives» du Président directeur-général de l’entreprise. «Stop à la mauvaise gestion», «PDG dégage», «Halte à l’injustice», pouvait-on lire sur les banderoles déployées à l’entrée du complexe, située à la sortie est de la ville de Sidi Bel Abbès.

Cette action de protestation intervient, expliquent des travailleurs, au moment où l’ensemble des unités de production de l’Enie connaît une rupture dans l’approvisionnement de kits électroniques et de matières premières.

Lors du sit-in, les protestataires ont particulièrement insisté sur le départ du PDG de l’entreprise qui, selon eux, «n’est pas en mesure de faire face» aux difficultés auxquelles fait face le leader de l’électronique grand public en Algérie. Ils craignent, entre autres, l’impossibilité dans l’immédiat de relancer l’activité industrielle et la perte des acquis sociaux du personnel de l’entreprise.

La plupart des travailleurs ont d’ailleurs constaté, en ce début du mois de janvier, le retard dans le versement des salaires. «Les échos qui parviennent de la direction générale sont inquiétantes et augurent de lendemains improbables», appréhendent-ils. Selon des travailleurs contactés par El Watan, la diffusion récente sur une chaîne de télévision d’un reportage vantant les «exploits» de la direction générale a provoqué un véritable malaise au sein des unités de production.

Ce reportage vraisemblablement «commandité» a eu un effet contraire et a précipité les choses, poussant les travailleurs à réagir. «C’est de la désinformation. Dans le reportage, le PDG a expliqué que la situation de l’entreprise est reluisante alors que la plupart des unités sont au bord de la faillite», expliquent, non sans colère, les protestataires.

Selon eux, plusieurs mouvements de protestation ont émaillé l’année 2020 sans que la direction générale daigne apporter des réponses.

En novembre dernier, une trentaine d’ingénieurs de l’Unité de maintenance et d’étalonnage (ULME) ont protesté dans l’enceinte de l’entreprise pour alerter l’opinion publique sur les agissements de l’actuel PDG. Ils ont notamment dénoncé le limogeage du directeur de l’ULME.

Non-renouvellement des importations des intrants

Le motif de ce limogeage a été rejeté par les travailleurs et ingénieurs de cette unité spécialisée dans la maintenance des équipements électroniques et le contrôle de qualité. «Nous assistons depuis plusieurs mois à des prises de décisions aléatoires et irréfléchies de la part de la direction générale», avaient-ils affirmé. Selon eux, toutes les unités affichent des résultats négatifs en raison de la baisse d’activités induite par la pandémie.

Déjà que la filière électronique et électroménager était, avant la pandémie, en grandes difficultés pour plusieurs raisons, notamment le non-renouvellement des importations des intrants nécessaires au fonctionnement des usines. Au début de la pandémie, l’Enie avait décidé d’arrêter l’activité au sein de l’ensemble de ses unités de production, et ce, dans le cadre des mesures préventives contre l’extension de la propagation de la Covid-19.

Le personnel (1200 travailleurs) avait ainsi été mis en congé pour une période d’un mois (avril 2020), avec le maintien d’un service minimum. Sur le plan commercial, les espaces de vente et autres showrooms de l’Enie répartis à travers tout le territoire national ont vu leur activité baisser graduellement. Actuellement, la plupart ne sont plus approvisionnés, alors que d’autres ont carrément baissé rideau.

Désormais, la sonnette d’alarme est tirée et les pouvoirs publics sont appelés à prendre en charge les revendications des travailleurs du plus gros pôle industriel de la wilaya. Nous avons tenté hier de joindre à maintes reprises le PDG de l’Enie, Abbès Mekamen, mais en vain. Visiblement, le PDG a, depuis plusieurs mois, opté pour une politique de verrouillage médiatique et de rétention de l’information.


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