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Indice d’une dépréciation du dinar

L’euro flambe sur le marché informel

16 décembre 2020 à 11 h 01 min

L’euro, la monnaie la plus prisée par les Algériens, valait 213 DA à l’achat et 205 DA à la vente. La hausse a également touché le dollar américain au marché noir de la capitale, illégal mais toléré depuis belle lurette par le gouvernement. Le billet vert était cédé à 173 DA à l’achat et 167 DA à la vente.

Le marché parallèle des devises flambe en cette fin d’année face à une monnaie locale faiblarde, encouragé par une demande en devises relativement en hausse, sur fond d’une crise politique, économique et financière.

Les principales devises étrangères se négociaient, avant-hier, à prix fort au Square Port-Saïd d’Alger, l’un des principaux marchés noirs de change du pays. L’euro, la monnaie la plus prisée par les Algériens, valait 213 DA à l’achat et 205 DA à la vente.

La hausse a également touché le dollar américain au marché noir de la capitale, illégal mais toléré depuis belle lurette par le gouvernement. Le billet vert était cédé à 173 DA à l’achat et 167 DA à la vente. Sur le marché officiel de la devise, le dinar algérien continue de perdre de sa valeur face à l’euro et au dollar américain.

La loi de l’offre et de la demande

Le billet vert et la monnaie européenne étaient cotés respectivement à 131 DA et 159 DA, selon les derniers chiffres publiés sur le site officiel de la Banque d’Algérie.

Entre les deux circuits, l’écart est de 54 DA pour l’euro et 42 DA pour le dollar américain. Sur le marché noir de la devise, où les transactions se déroulent sous les yeux de policiers conciliants, une seule règle prévaut : celle de l’offre et de la demande. «La valeur de l’euro n’a pas cessé d’augmenter ces derniers jours, après plusieurs mois de léthargie du fait du ralentissement de l’activité économique à cause de la pandémie de coronavirus.

La perspective de l’ouverture des frontières de l’Algérie, actuellement fermées à cause de la crise sanitaire, suscite une demande en devises plus importante», confie un cambiste, tenant une liasse de billets de banque entre les mains, interrogé à proximité du palais de justice, gardé par des policiers en faction.

Depuis le 17 mars dernier, les frontières de l’Algérie sont fermées et les vols de la compagnie nationale Air Algérie suspendus à cause de la crise sanitaire.

Vols commerciaux suspendus

Seule l’opération de rapatriement de ses ressortissants bloqués à l’étranger à la suite de la pandémie du nouveau coronavirus poursuit son cours. Pour le moment, le gouvernement n’a pas fait état d’une quelconque reprise des vols à l’international.

Notre interlocuteur, qui portait un masque anti-Covid-19, pronostique que les cours des principales devises vont flamber encore davantage une fois les frontières du pays rouvertes. Quelques mètres plus loin, la rue de la Liberté est pleine à craquer, et comme de coutume, l’effervescence est à son comble.

Sous les arcades ou à même la chaussée, les vendeurs informels de devises sont adossés aux voitures stationnées à défaut de bureau de change dont le projet d’ouverture a été mis au placard par les autorités monétaires, en particulier la Banque d’Algérie et le ministère des Finances. Selon des experts, 40% de la masse monétaire circule dans le marché informel de change du pays.

Certains cambistes imputent la hausse de la demande à un manque de devises, distribuées au compte-gouttes dans les banques. «Il y a encore deux semaines, l’euro était cédé à 199 DA. Aujourd’hui, nous le cédons à 205 DA. Le marché est très volatile. De plus, la devise se raréfie sur le marché noir», explique l’un d’entre eux.

Outre les raisons conjoncturelles, d’autres cambistes évoquent un problème de confiance, à tel point que les monnaies étrangères sont devenues, pour beaucoup d’Algériens, une valeur refuge en ces temps de crise tant au plan politique qu’économique.

Pour rappel, le ministre des Finances, Aymane Benabderrahmane, affirmait, en juillet dernier, que «le marché parallèle des changes (devises) est appelé à disparaître et le gouvernement travaille actuellement à des mesures allant dans ce sens». En revanche, le ministre des Finances était resté vague quant à la nature des mesures qui seront mises en place pour venir à bout de ce marché parallèle des devises.


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