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Les sidérurgistes interpellent l’institution militaire pour le récupérer : Le complexe El Hadjar dans le giron de l’industrie militaire ?

19 février 2020 à 9 h 30 min

L’annonce de Ferhat Aït Ali, ministre de l’Industrie et des Mines, la semaine dernière en marge de la présentation du plan du gouvernement au Conseil de la nation, n’a pas laissé les travailleurs de Sider El Hadjar indifférents.

Si la décision a été prise de rattacher la SNVI, dans deux à trois mois, à la direction de la fabrication militaire, le complexe Sider El Hadjar pourrait également connaître le même sort. «Le complexe Sider El Hadjar, qui est appelé à fabriquer dans l’avenir les produits plats, pourrait facilement se greffer à l’industrie de véhicules militaires algériens. Il peut ainsi intégrer les ateliers de fabrication des camions et bus de la SNVI, de celle de production de véhicules de marque Mercedes-Benz de Tiaret et des véhicules spéciaux de Constantine», plaident ses travailleurs.

Si l’option est maintenue par l’état-major de l’armée, cette action sera louable à plus d’un titre puisqu’elle répondra à l’appel des sidérurgistes qui dénoncent quotidiennement une mauvaise gestion chronique et le problème structurel au niveau de ce complexe. En effet, selon des sources proches de la direction des fabrications militaires du ministère de la Défense nationale, l’armée algérienne étudie effectivement l’option de reprendre le complexe sidérurgique d’El Hadjar, comme cela a été le cas pour plusieurs autres usines civiles, notamment de construction mécanique (SNVI) et de textile (Sonitext) et dont la majorité est en difficulté financière. Les importants montants en devises étrangères, près d’un milliard de dollars, siphonnés par «cette vieille usine et sa îssaba» sans résultat probant ont poussé les pouvoirs publics à se désengager de cet insatiable gouffre financier.

Une reprise par l’industrie militaire serait-elle son seul salut ? «Sider El Hadjar est condamné à disparaître, son problème est structurel. L’Etat cherche à gagner du temps, alors qu’il aurait dû investir dans le redéploiement de son personnel vers d’autres activités, notamment les produits plats. Aujourd’hui, avec l’investissement réalisé dans les produits longs (rond à béton et fil machine), Tosyali seul suffit à satisfaire le marché algérien. Avec le nouvel investissement dans les produits plats, il ne laissera aucune chance à El Hadjar. Il le surpassera en termes de spécification, qualité et coût du produit», avertit un cadre dirigeant de Sider El Hadjar. Seul Bellara peut, moyennant des investissements complémentaires, placer une partie de sa production en Algérie (Est algérien) et le reste à l’exportation.

En Algérie, la situation est paradoxale. Au lieu d’aider un entrepreneur algérien, à l’image de Rebrab qui a proposé à ArcelorMittal de reprendre le complexe El Hadjar et de le rendre performant, on a préféré soutenir un étranger. «C’était en 2012. Au départ, une grande partie des responsables de l’époque, dont le Premier ministre Ahmed Ouyahia, le ministre de l’Industrie, le SGP, etc. ont soutenu l’idée d’une reprise des actions d’ArcelorMittal El Hadjar (70%) par Rebrab. Mais une fois Ouyahia remplacé par Sellal et le ministre de l’Industrie par Cherif Rahmani, ArcelorMittal avait saisi Rebrab pour le rejet de sa proposition de lui céder ses parts dans le capital social d’El Hadjar. A ce moment-là, Tosyali n’avait qu’une petite aciérie électrique et un laminoir de rond à béton. Actuellement, on construit spécialement, pour Tosyali, un quai minéralier du côté de Bethioua. Il entrera en exploitation en mars prochain avec un tirant d’eau de 20 mètres, alors que celui de Djen Djen, destiné aux importations et exportations du complexe AQS, est de 18 m», regrettent de hauts cadres à Sider El Hadjar. En effet, pour faire avaler la pilule, on a annoncé que le quai minéralier servira à l’exportation du minerai de Gara Djebilet. Sachant que pour exporter ce dernier, il faut réaliser une voie minière de chemin de fer longue de 1600 km.

Cela nécessitera un délai de réalisation de 6 années au minimum, en travaillant sur plusieurs tronçons en parallèle. Tosyali a été soutenu politiquement et financièrement depuis 2012 pour réaliser ses extensions et être le seul acteur sur le marché national. Si le même soutien avait été donné aussi au patron de Cevital, Sider El Hadjar ne serait peut-être pas dans la difficulté qu’il connaît aujourd’hui.

Au moment où ce dernier est agonisant, Tosyali contrôle le marché local et exporte ses surplus de production aux Etats-Unis, au Canada et aux pays africains. Mieux, Tosyali a réussi à fédérer autour de lui les 15 principaux importateurs de rond à béton. Il les a convertis en distributeurs pour commercialiser ses différents produits.

Les sidérurgistes de Annaba veulent sauver le complexe d’El Hadjar en demandant son placement dans le giron de l’armée qui saura le restructurer, au grand bonheur de ses 4600 travailleurs.



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