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Impact économique du conflit états-Unis – Iran

Les marchés pétroliers dans l’incertitude

09 janvier 2020 à 10 h 00 min

Quelles seront les répercussions du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran sur l’économie mondiale et les prix du pétrole ? Fortement ébranlés hier, les places financières et les marchés pétroliers tentaient de garder leur calme après la riposte iranienne consistant en l’attaque des bases américaines en Irak.

Les tensions géopolitiques ont, hier, brièvement fait flamber le pétrole ainsi que le yen et l’or, valeurs refuges. Les prix du pétrole, connus pour leur volatilité, ont ainsi grimpé jusqu’à plus de 4,5% en matinée en Asie, avant de ralentir leurs gains. Ainsi, le prix du baril de brut américain WTI prenait 0,27% à 62,87 dollars, tandis que celui du baril de Brent de la mer du Nord gagnait 0,47% à 68,59 dollars. Cependant, il demeure aujourd’hui difficile de jauger l’impact économique du conflit.

«Pour le moment, c’est encore l’incertitude qui domine», commente Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, cité par l’AFP. «L’escalade peut-elle dégénérer, ou les deux pays sont-ils en train de scénariser leur conflit, sans franchir la ligne rouge qui mènerait à une guerre ?» interroge Tangi Le Liboux, analyste pour Aurel BGC, selon la même source.

Le fait est que l’Iran pourrait utiliser l’arme économique dans ce conflit. Téhéran a un contrôle sur le détroit d’Ormuz, zone stratégique où transitent 18 millions de barils par jour, soit 20% de la production mondiale de pétrole. Cette dernière stratégie pourrait s’avérer inopérante, selon les analystes, car ce couloir maritime alimente essentiellement l’Inde et la Chine (considérés comme des alliés de Téhéran).

Il est à noter, par ailleurs, que les Etats-Unis n’importent quasiment plus de pétrole du Moyen-Orient, s’appuyant davantage sur l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste américains. Si le prix du pétrole devait grimper, il se traduirait par une dépréciation du dollar, ce qui serait bénéfique pour les exportations américaines, mais aussi pour les pays émergents endettés en dollars.

Aussi, les craintes proviennent-elles essentiellement de certains pays européens (qui craignent une augmentation des prix à la pompe), mais aussi de la Chine, l’un des principaux pays importateurs de brut iranien. Pékin a appelé hier à «faire preuve de retenue». Il n’est dans l’intérêt d’aucune partie que la situation au Moyen-Orient s’aggrave encore, a averti, devant la presse, un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

Les entreprises sud-coréennes sont également sur le qui-vive. «La hausse des prix du pétrole et les incertitudes accrues constituent une menace sérieuse», ont déclaré des sources de l’industrie hier à l’agence de presse coréenne.

Le marché pétrolier a connu, ces derniers mois, quelques soubresauts, liés notamment aux attaques en septembre 2019 des rebelles yéménites de deux sites de production de l’entreprise Saudi Aramco, amputant la production de 5,7 millions de barils et faisant bondir le Brent à 69,02 dollars. Quinze jours avaient suffi pour relâcher la pression.

Dans un contexte marqué par l’instabilité en Libye et le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, une remontée plus marquée des prix des hydrocarbures ne serait pas à exclure.


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