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Les cours du pétrole en hausse sur les marchés internationaux

Les guerres de Trump et la triche saoudienne

26 août 2018 à 1 h 24 min

Le recul des cours entre le 10 juillet et le 15 août n’est pas le fait du hasard. Ce phénomène est directement lié à l’annonce de l’American Petroleum Institute, qui a fait état de réserves pétrolières record aux Etats-Unis depuis 18 mois.

Les cours du pétrole ont terminé en hausse avant-hier et sur la semaine, dopés par les inquiétudes sur les conséquences des sanctions à l’encontre de l’Iran sur le marché mondial de l’or noir. A Londres, le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a gagné 1,09 dollar par rapport à sa clôture de la veille pour terminer à 75,82 dollars sur l’InterContinental Exchange (ICE).

Il a enregistré une progression de 5% par rapport à vendredi dernier, sa première hausse hebdomadaire en un mois. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance s’est apprécié de 89 cents pour clôturer à 68,72 dollars. Sur la semaine, il a aussi pris plus de 5%, ce qui représente sa première hausse hebdomadaire en deux mois.

Après avoir marqué la veille une pause qui a mis fin à cinq séances consécutives de progression, les cours sont repartis à la hausse le lendemain, soutenus en grande partie «par une offre qui reste limitée et le probable repli à moyen terme des exportations iraniennes», ont avancé les analystes de Schneider Electric.

L’annonce mercredi dernier d’un recul bien plus important que prévu des réserves d’or noir aux Etats-Unis a particulièrement fait bondir les prix du pétrole. En cours de séance vendredi, le relevé hebdomadaire de la société Baker Hugues a fait état d’une nette baisse du nombre de puits de forage en activité dans le pays (-9 unités à 860 puits), signe d’une moindre production à venir.

Pas seulement. Alors que les acheteurs se préparent à l’entrée en vigueur des sanctions américaines début novembre 2018, les exportations iraniennes reculent déjà. «L’Iran est le troisième plus grand producteur de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), et sa production pourrait reculer entre 1 million à 2,5 millions de barils par jour», a rappelé Artjom Hatsaturjants, analyste chez Accendo Markets. La semaine prochaine, certains membres de l’Opep ainsi que des représentants de leurs partenaires, qui contrôlent leurs extractions depuis début 2017 pour éviter un surplus de l’offre, se réuniront.

En plus de ces éléments fondamentaux pour le marché de l’énergie, «le pétrole a reçu un coup de fouet sur le marché des changes» avec la baisse du dollar, a commenté Stephen Brennock, analyste chez PVM. L’affaiblissement du billet vert tend en effet à rendre moins chers les achats de barils vendus dans la monnaie américaine pour les investisseurs munis d’autres devises.

Les investisseurs restent par ailleurs très sensibles à toute évolution dans les négociations entre les Etats-Unis et la Chine. «J’ai parfois tendance à penser que les marchés réagissent trop aux gros titres, mais sur ce sujet, les implications pour l’économie mondiale et donc sur la demande en énergie sont tellement importantes», a souligné Kyle Cooper d’IAF Advisors.

«Toute parole, tout geste, dans le sens d’un apaisement ou d’un durcissement des négociations peut faire bouger considérablement les cours», rapporte encore une dépêche de l’APS. Les cours du pétrole dépendent de cela mais aussi et surtout des décisions prises par le président américain, Donald Trump, pour défendre aussi bien les intérêts de son pays sur la scène internationale que le niveau de vie de ses concitoyens.

Le locataire de la Maison-Blanche joue à la balance entre les conséquences que pourraient donner les sanctions contre l’Iran sur les cours du pétrole et la nécessité de les faire baisser pour satisfaire des besoins internes. Réussira-t-il à le faire ? C’est la question que se posent de nombreux experts.

Pourquoi les américains stockent-ils du pétrole ?

Le recul des cours entre le 10 juillet et le 15 août n’est pas le fait du hasard. Ce phénomène, affirme le magazine en ligne Sputnik, est directement lié à l’annonce de l’American Petroleum Institute, qui a fait état de réserves pétrolières record aux Etats-Unis depuis 18 mois.

Il ne manquait que cela pour alarmer les opérateurs, surtout que «cette hausse est liée à une augmentation significative des importations américaines du pétrole en provenance d’Arabie Saoudite, qui a accru ses exportations d’un tiers jusqu’à 1,24 million de barils par jour». Dans l’ensemble, indique la même source, «les achats de pétrole étranger par les Etats-Unis ont augmenté de 11% pour passer de 8 à 9,01 millions de barils par jour».

Cela n’aurait rien d’inquiétant si, à la mi-août, les dépôts américains n’avaient pas accumulé 6,8 millions de barils de pétrole «en excès» — qui n’avaient pas été sollicités par les raffineries déjà surchargées. Pourquoi les Etats-Unis stockent-ils du pétrole?

Réponse : à l’approche des élections législatives de mi-mandat, Donald Trump fourbit ses armes. Alors que l’inflation est déjà orientée à la hausse aux Etats-Unis, «le président républicain cherche par tous les moyens à contenter les électeurs américains en évitant une hausse du prix du gallon d’essence au-delà de 3 dollars, un niveau qui correspond à un baril de pétrole supérieur à 80 dollars», souligne Alain Corbani, responsable matières premières et gérant du fonds Global Gold and Precious chez Finance SA.

A cet effet, «le département américain de l’énergie (DoE) vient d’annoncer que 11 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques des Etats-Unis seraient mis en vente entre le 1er octobre et le 30 novembre. Une fenêtre de tir choisie à dessein pour anticiper l’impact négatif sur l’offre d’or noir (et donc l’impact positif sur les cours) des sanctions contre l’Iran, qui empêcheront ses exportations de pétrole vers certaines régions du monde à partir de début novembre».

Mieux, «afin d’augmenter l’offre de pétrole – et donc peser sur les cours –, Donald Trump est parvenu à obtenir de l’Arabie Saoudite qu’elle augmente sa production d’or noir à hauteur de 0,5 million de barils par jour environ. Si les chiffres officiels font état d’une stabilité de la production entre juin et juillet, des sociétés de recherche indépendantes estiment que le pays triche et a en réalité accru sa production, la portant de 10,2 millions à près de 10,6 millions.

Cette évolution ainsi que l’augmentation de la production irakienne compenseront l’arrêt des exportations d’or noir de l’Iran vers certains pays. L’action de Donald Trump pourrait ainsi parvenir à empêcher toute hausse marquée des cours de pétrole d’ici les élections de mi-novembre», juge l’expert.

Au-delà des pressions baissières, à court terme, exercées par Donald Trump sur les prix du pétrole, «ils devraient rester soutenus à moyen terme par une équation saine entre l’offre et la demande d’or noir», juge Alain Corbani. «A moyen terme, la production américaine ne pourra pas augmenter beaucoup plus. Idem pour l’Arabie Saoudite, ainsi que pour le Venezuela, qui peine à investir, faute de moyens.»



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