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mardi, 07 décembre, 2021
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Poste frontalier de Bouchebka à Tébessa : Les exportateurs souvent malmenés

16 mai 2021 à 10 h 33 min

Lundi 3 mai au poste frontalier de Bouchebka, à environ 40 km de Tébessa, tout semble se dérouler normalement par cette journée printanière. La frontière avec la Tunisie est toujours fermée, suite aux mesures prises à cause de cette pandémie Covid-19, avec les craintes d’une troisième vague et l’apparition de nouveaux variants, encore plus contagieux.

Une situation qui pénalise énormément les exportateurs algériens, qui ont repris progressivement leurs activités, après 9 mois d’arrêt avec toutes les pertes qu’ils ont subies. Dans un contexte économique très difficile, pour lequel l’Etat algérien a prôné un soutien aux exportations hors hydrocarbures à travers l’assouplissement des procédures d’acheminement des marchandises, une grande différence persiste entre le discours officiel et la réalité du terrain.

Les procédures de contrôle au niveau des frontières restent lentes et lourdes. Ce qui a poussé certains opérateurs économiques dans l’import-export à quitter définitivement le créneau. Ils disent être heurtés à chaque fois à de nombreuses entraves, à commencer par les obstacles bureaucratiques causés par la complexité des procédures douanières. «Dès qu’un opérateur économique entame une opération d’exportation, c’est le véritable parcours du combattant. Trop de paperasses pour l’accomplissement des formalités douanières.

Nous exportons notre marchandise à des opérateurs économiques en Tunisie, en Libye et dans d’autres pays et le retard compte énormément», a expliqué un exportateur de produits laitiers rencontré sur le chemin vers le poste douanier de Bouchebka. Dans le contexte de crise sanitaire causée par la Covid-19, ces opérateurs ont été mis à rude épreuve par la fermeture des frontières.

A la reprise, il y a quelques mois, ils ont opté pour le transit de leurs marchandises via le poste terrestre de Bouchebka. Mais ils se trouvent confrontés à une multitude de difficultés. En raison de l’interdiction de la circulation des véhicules de transport des marchandises entre l’Algérie et la Tunisie, les exportateurs sont obligés de passer à une opération de transbordement (chargement-déchargement) nécessitant une manutention qualifiée et habile.

Un transbordement coûteux

«Après l’achèvement des formalités douanières, la marchandise sera déchargée entre les deux postes frontaliers des deux pays pour être rechargée dans un autre moyen de transport et acheminée vers le point de livraison en Tunisie, en Libye ou autre et vice versa», nous a indiqué un chauffeur de camion rencontré sur les lieux.

Une opération coûteuse et compliquée du fait qu’elle prend du temps, mais elle peut causer aussi beaucoup de dégâts. «Le chargement d’un camion pourrait prendre des heures et les risques de casse et de vol existent. La dernière fois et après avoir expédié un chargement d’oeufs vers la Libye via la Tunisie, mon partenaire libyen m’a téléphoné, annonçant qu’une importante quantité a été endommagée. Je suis obligé de le rembourser lors de la prochaine opération», nous a révélé Halim, un exportateur.

A Bouchebka, nous avons assisté à une situation désolante pour ces opérateurs économiques obligés d’attendre l’arrivée de l’acheteur de l’autre côté de la frontière pour récupérer sa marchandise. «Parfois, je passe deux jours à attendre l’arrivée du moyen de transport tunisien», a déclaré un chauffeur qui travaille pour un exportateur originaire de la wilaya d’Oum El Bouaghi. Certains exportateurs ont profité de notre présence pour lancer un appel au chef de l’Etat, l’exhortant à leur établir une dérogation pour l’ouverture des frontières uniquement pour les activités commerciales. Ils disent être irrités par cette situation qui perdure.

Par ailleurs, la main-d’œuvre, qui se fait rare et chère au niveau du village de Bouchebka, a rendu difficile le transbordement des marchandises, ce qui s’est répercuté négativement sur les opérations d’import-export. Un autre problème auquel sont confrontés ces opérateurs qui font parfois appel à des manutentionnaires des autres régions et même de l’autre côté de la frontière et qui seront payés en dinars tunisiens.

C’est le grand calvaire pour des exportateurs qui n’en finissent pas avec toutes ces contraintes après avoir passé des jours entre les banques, les transitaires et les services douaniers pour exporter un produit.


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