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Rentabilité financière

Les banques de la finance islamique maintiennent le cap

16 février 2021 à 11 h 20 min

A l’instar des autres entités économiques nationales, les banques de la place financière ont été impactées par le recul de l’activité économique en 2019 ; toutefois, elles ont réussi à garder un taux de rentabilité financière de leurs fonds propres appréciable, notamment les banques spécialisées dans la finance islamique, et cela malgré le resserrement de la liquidité bancaire et la crise économique.

Selon une analyse du cabinet SL Finances, qui s’est basée sur les données du Centre national du registre du commerce (CNRC), le taux de rentabilité financière (Return on Equity, RoE) des banques a atteint une moyenne qui avoisine les 8,5% pour le secteur public et 14% pour les banques privées en 2019. Ces taux sont estimés par les spécialistes comme appréciables, vu la situation économique que traverse le pays en cette période de transition politique.

Ayant un business model qui ne prend pas beaucoup de risques dans sa pratique, les banques exerçant dans la finance islamique ont eu des taux plus importants, à savoir 31,65% pour Al Baraka Bank, et 23,80% pour la banque Al Salam.

Selon Rachid Sekak, ancien cadre de la Banque d’Algérie, les raisons de cette performance des banques de la finance islamique sont dues à une tarification avantageuse, ainsi qu’à un des coefficients d’exploitation très faibles (frais généraux par rapport au PNB bancaire), ajoutant à cela leur coût de risque qui est très faible.

Le RoE, qui mesure la rentabilité des capitaux propres engagés dans des investissements, a été plus appréciable aussi chez les banques privées. Ainsi, la Citibank a réalisé un taux de rentabilité de 25,85%, Arab Gulf Bank 23,25%. BNP Paribas 17,77%, Société Générale Algérie, quant à elle, a atteint 15,36%. Natixis Bank a affiché un taux de rentabilité des capitaux de 13,58% et Arab Bank a atteint les 15,09%.

Cependant, la HSBC n’a pas réussi à réaliser une bonne rentabilité, en affichant un taux de 6,25%, de même pour la Cacib avec seulement 2,94% et Housing Bank, qui n’a pas eu de rentabilité.

Par ailleurs, les banques publiques n’ont pas pu atteindre des taux importants en termes de rentabilité pour la même période, puisque le taux moyen n’a pas dépassé les 8,4%. Le taux chez la BDL a atteint 1,82% et 18,86% pour la BEA. La BNA a affiché par contre un taux de 6,59%. Le CPA est à 11% et la BADR 4,69%.

Recul présagé de la rentabilité

Pour l’enseignant universitaire  Farouk Nemouchi, la rentabilité bancaire est restée favorable en 2019, mais il n’est pas sûr qu’elle le soit en 2020. En effet, il a estimé que la contraction de volume des activités des banques est derrière un recul présagé de la rentabilité. En 2018, les crédits ont augmenté de 14,2%, mais le dernier chiffre de la Banque centrale n’est que de 3% de hausse pour la fin de l’année 2020.

Le Dr Nemouchi a considéré aussi que les banques ont rencontré des problèmes de liquidité à cause du recul des dépôts, d’où le recourt au refinancement qui engendre des charges.

De ce fait, leur rentabilité sera sûrement impactée. L’économiste n’a pas manqué de signaler aussi le poids des crédits non performants qui ont pris de l’ampleur, provoquant des créances importantes, ce qui a engendré des provisions conséquentes pour les banques. Il a souligné que le ratio des provisions est passé de 9,2% en 2014 à 13% en 2018, et risque d’être plus important pour 2019 et 2020.

De ce fait, ces données nous amènent à nous interroger sur l’efficacité des différents business models qui sont déployés par les différentes banques nationales, a encore précisé Rachid Sekak.     


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