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Imitation des marques et concurrence déloyale : Le marché du faux prend une ampleur inquiétante

27 mars 2021 à 10 h 30 min

La contrefaçon est partout. Elle accélère le chômage et ruine les entreprises. En Algérie, elle a atteint des proportions alarmantes.

Ce sont les constatations faites lors des 5es Journées de la marque et contrefaçon, organisées à Alger par RH International communication. Les statistiques fournies par Necib Naoual, chef de bureau chargé de l’encadrement de la lutte contre la contrefaçon au niveau des Douanes, nous renseigne sur les tendances de ce phénomène.

La quantité des marchandises saisies soupçonnées de contrefaçon est tout simplement phénoménale. En 2017, elle était de 724 214 saisies, en 2018, elle est passée à 455 516 saisies, en 2019, il a été procédé à la saisie de 545 078 articles et en 2020, le nombre a été de 385 714 marchandises saisies. Les produits les plus contrefaits sont les articles de sports (54 754), les produits de beauté et d’entretien corporel (313 653), habillement et textile (8307), chauffages (750) et téléphones portables et accessoires (8250).

Les imitations concernent également l’emballage et les couleurs. Une entreprise a contrefait la solution hydroalcoolique désinfectante Enadol, propriété de l’entreprise Enad-Shymeca. Ainsi le produit «contrefait», présenté dans des contenants «identiques» à ceux du produit original, reprend toutes les informations de l’étiquetage du produit original, avec la même police de caractère et la photo d’illustration du produit de l’Enad-Shymeca, à une exception près, la lettre M a remplacé la lettre N (Enadol est devenu Emadol). Nano Vista, montures optiques et lunettes solaires pour bébés et enfants, a aussi été contrefaite. De faux produits sont en vente. Une société Soprosel utilise le même emballage que la société Enasel pour vendre du sel. En plus d’être une concurrence déloyale, ces nouveaux fléaux touchent à la fois l’économie, la sécurité et la santé publique.

Un sondage effectué par l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce) a démontré que si les Algériens affirment qu’ils accordent la priorité aux produits originaux, une grande majorité achète un produit de bonne qualité même contrefait. Les raisons du choix des produits contrefaits sont «l’indisponibilité du produit original, sa cherté, le produit contrefait est d’excellent qualité, décision de boycotter la marque et un produit original pas satisfaisant». Ils disent prendre quand même des précautions lorsqu’il s’agit de «denrées alimentaires, produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques, produits de maquillage et de beauté, électroménager, pièces détachées, détergents et vêtements».

L’enquête de l’Apoce a permis de déduire que les Algériens «recherchent les alertes essentiellement sur les réseaux sociaux, qui sont en Algérie l’outil n°1 de communication». Cependant, il faut plus de synergie et d’efforts pour la lutte contre la contrefaçon, ce n’est pas une question qui doit préoccuper l’Etat ou les administrations publiques et les opérateurs économiques, mais c’est l’affaire de tous, y compris la société civile, le consommateur lui-même.

Nécessité de communiquer sur la dangerosité des marques contrefaites

Il a été préconisé de mettre en place un système d’alerte accessible et rapide, ce réseau existe dans la réglementation, mais sur le terrain, il n’est pas encore opérationnel. Il faut inciter les opérateurs à communiquer plus sur les signes distinctifs de leurs produits, c’est-à-dire s’ils ont une marque, elle doit apparaître de manière visible et attractive de sorte à ne pas laisser aux contrefacteurs la possibilité de l’imiter. Il faut inciter les opérateurs locaux à diversifier leurs produits low cost pour toucher le maximum de consommateurs, particulièrement en ces temps de forte détérioration du pouvoir d’achat.

Lors de sa communication par visioconférence sur comment communiquer sur la dangerosité des marques contrefaites sur les consommateurs, Xavier Dordor, président de MyEvent network (France), a affirmé : «Informer sur les questions de contrefaçon ne suffit plus. Il faut vraiment convaincre. Réprimer n’est pas l’unique solution. Il faut différencier quand on parle à ceux qui produisent de la contrefaçon et à ceux qui l’a consomment.

Produire la contrefaçon obéit à des motifs rationnels et économiques à court terme. Il faut informer sur les risques et mettre en place une politique réaliste de la répression, on parle souvent d’argent, le vrai sujet est la saisie de l’outil de production et la destruction des stocks. L’amende ne suffit pas.» Pour lui, «il s’agit de médiatiser cette lutte par des médias d’actualité et culpabiliser par les médias sociaux. Toujours maintenir un site de référence au niveau du gouvernement sur les conséquences et les risques».

La consommation de marques de contrefaçon obéit à des pulsions surtout irrationnelles, c’est un déséquilibre entre le prix et le paraître. L’appel au civisme est-il encore performant ? «En information peut-être, mais sans doute pas en conviction», explique l’expert. Il faut «démoder la contrefaçon, la ringardiser, ce qui veut dire que celui qui porte une contrefaçon n’est plus un héros».


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