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Au lendemain des mesures d’urgence décidées au profit de Sider El Hadjar : Le haut-fourneau à l’arrêt

21 octobre 2019 à 10 h 00 min

C’est le branle-bas de combat au complexe Sider El Hadjar de Annaba. Le haut-fourneau ( HF) n°2 est encore une fois à l’arrêt. Son processus a été bloqué avant-hier et son contenu en fonte liquide est en voie de durcissement, avons-nous appris des sidérurgistes sur place.

Selon les premières informations, c’est la qualité du coke, le combustible du HF, qui serait la cause de ce blocage. «C’est la qualité du coke qui est mise en doute. Elle semble être non conforme, sachant que la cargaison coûte plusieurs dizaines de milliards», expliquent des travailleurs.

Pis, une autre cargaison du même produit est actuellement en attente au port de Annaba. Il s’agit de 27 500 tonnes transportées à bord du Venture Spirit, un navire battant pavillon libérien à quai depuis le 13 octobre dernier. «Le déchargement accuse un retard de quelques jours.

Depuis son arrivée, seules quelque 10 000 tonnes ont été déchargées avec l’accord du fournisseur», révèlent des employés de Sider El Hadjar en activité au port de Annaba. Un retard qui coûte de l’argent, puisqu’il est éventuellement transformé en surestaries. Qui assume ces pertes ? «Le staff dirigeant», répondent les mêmes sidérurgistes.

A rappeler que cet HF a été réhabilité entièrement il y a à peine deux années ! Depuis, il a été sujet à plusieurs arrêts et blocages, mettant en ruine un important investissement en millions de dollars. Comment accorder du crédit à un staff dirigeant qui n’arrive même pas à choisir un bon combustible pour un HF qui a englouti des millions de dollars ?

Il y a un mois, le gouvernement a pris des mesures d’urgence pour traiter les interminables problèmes du complexe Sider El Hadjar. Parmi ses décisions, il a sommé la Banque extérieure d’Algérie (BEA) de traiter rapidement une demande de prêt d’un milliard de dinars et deux autres milliards de dinars en facilités de caisse à l’effet de lui permettre de faire face à ses dépenses financières. «C’est vraiment ridicule de croire que les problèmes de management se règlent avec de l’argent.»

C’est le cas des différents gouvernements algériens qui ont pompé vainement des centaines de millions de dollars dans ce complexe, à commencer par Ahmed Ouyahia, puis Abdelmalek Sellal et actuellement Noureddine Bedoui. «Ce complexe, le plus médiatisé en Algérie, est un véritable gouffre financier. Il a englouti plusieurs milliards de dollars, dont la dernière enveloppe accordée à cette vieille usine est du temps de Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre.

Aucun résultat probant n’a été constaté après la consommation de près de deux tiers de ce montant. Au contraire, sa situation empire d’une année à l’autre. Ce qui confirme que son mal est ailleurs. C’est-à-dire son management est à revoir en urgence, sinon la même crise se reproduira éternellement», estime, dans une déclaration à El Watan, un haut cadre de Sider El Hadjar.

Au lieu de mettre Sider El Hadjar entre les mains des compétences avérées dans le management des grandes entreprises et s’imposer en qualité et quantité sur le marché national, le gouvernement Bedoui a décidé de maintenir le complexe dans sa médiocrité en décidant de renflouer ses caisses une énième fois.

«Si le HF s’éteint, son redémarrage nécessitera plusieurs semaines», préviennent les fondeurs de Sider El Hadjar. Ce grave incident intervient au moment où quelque 37 responsables et cadres dirigeants en activité à Sider El Hadjar ont été auditionnés par la brigade de recherches et d’investigations, relevant du groupement de la Gendarmerie nationale de Annaba.

Les concernés sont cités, chacun en ce qui le concerne, dans des enquêtes enclenchées depuis octobre 2018, dont l’impact a secoué les arcanes du complexe tant les dossiers ont trait à l’atteinte à l’économie nationale.

Cependant, le retard dans la présentation des mis en cause devant la justice a suscité des appréhensions au sein des sidérurgistes, sachant que cette enquête vient de boucler une année. Contacté pour plus de détails, Maatallah Chemseddine, le PDG de Sider El Hadjar, était injoignable.


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