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Abdelhak Lamiri. PH.D en sciences de gestion

Le débat sur l’utilisation des réserves est-il clos ?

30 juillet 2018 à 12 h 39 min

Nous avions constitué des réserves qui avoisinaient les 189 milliards de dollars, ce qui était une aubaine pour notre pays de sécuriser ses futurs échanges et d’amorcer un décollage économique sans pareil. Le débat est encore pertinent aujourd’hui malgré l’utilisation de plus de 50% de ces réserves.
Comment utiliser ce qu’il en reste, à savoir presque la moitié de ce que nous avions ? Il ne s’agit pas d’adopter une posture purement défensive : protéger uniquement nos marchés intérieurs. Cette position peut nous donner un répit, une période provisoire où nous pourrions revoir nos politiques économiques afin de tirer profit de l’évolution de l’économie mondiale.
Une analyse des pratiques internationales nous permet de tirer des conclusions très salutaires pour notre pays. L’attitude présente est peu compréhensible. Elle consiste à faire durer au maximum les réserves et à les utiliser pour combler les déficits incessants de la balance des paiements comme s’il était impossible de faire inverser le processus.
En pédagogie, on apprend que l’élève obtient approximativement la performance en fonction de ses moyens et surtout en fonction de ses ambitions. C’est surtout son désir d’apprendre qui influe sur son comportement et booste ses performances. Il en est de même pour les entreprises, les secteurs d’activités et les pays. Les contraintes peuvent limiter quelque peu les succès enregistrés, mais globalement une puissante volonté induit les personnes et les institutions à moduler leurs efforts et à concevoir des méthodes compatibles avec le niveau de réalisation souhaité.

Ce que l’on veut et ce qu’on fait

Les citoyens, les pouvoirs publics et les experts sont tous d’accord pour dire que l’urgence pour l’économie nationale est de construire une économie efficiente et diversifiée hors hydrocarbures. Nous ne pouvons pas nous passer des hydrocarbures pour plusieurs dizaines d’années encore et leur développement intelligent sera toujours nécessaire. Mais il s’agira de développer d’autres secteurs pour en atténuer la proportion des hydrocarbures. Ceci dit, que faut-il faire pour en accélérer le processus ? Comment réussir ce pari que nul gouvernement n’est parvenu à matérialiser depuis l’indépendance. Nous sommes d’accord sur les grandes lignes des objectifs à atteindre, mais pas sur la méthode. Les seules grandes tendances décisionnelles que l’on a concernent la continuation des investissements. On pense qu’en persévérant à faire la même chose que par le passé, il viendra un jour où nous aurions des résultats différents. Ce qui n’est pas logique. Et si on réfléchissait à une autre alternative plus prometteuse ?
La situation de stand-by va nous mener à une croissance faible, juste assez pour compenser la croissance démographique et continuer à exister. Nous ferons partie du décor des pays développés et émergents sans espoir de les rejoindre un jour. Si telle serait notre ambition alors nous sommes en train de la réaliser. Cette caractéristique existe dans la plupart des pays en voie de développement qui n’arrivent pas à décoller. La faiblesse des ressources a toujours été une excuse pour cacher son incapacité à formuler des politiques de développement. L’histoire nous a enseigné depuis de nombreuses décennies que le développement est loin d’être une question de ressources. Si besoin est analysons les processus de développement des pays asiatiques et ceux des pays pétroliers. Il nous faut alors concevoir les politiques structurelles susceptibles d’extirper cette économie de sa léthargie.

Les alternatives

La meilleure manière de dégager les bonnes alternatives possibles serait de mobiliser le maximum de cerveaux de nos citoyens et de nos experts pour développer des options et produire les détails opérationnels pour en réaliser le contenu. Nous avons maintes fois stipulé que le facteur de succès numéro un des entreprises et des pays demeure la gestion de l’intelligence humaine.
La différence se situe à ce niveau là : comment développer au maximum les cerveaux des ressources humaines à tous les niveaux et utiliser aussi bien leurs forces de travail que leurs cerveaux. Analyse après analyse, on découvre que c’est à ce niveau-là que tout se joue et que les pays développés et émergents ont pris une sérieuse avance sur les autres. La structuration de ces pays opte pour la canalisation des ressources vers ces facteurs clés de succès et nous avons un long chemin à faire avant d’atteindre leur niveau de performance. Mais ne soyons pas alarmistes, les processus de rattrapage deviennent de plus en plus courts. La Corée du Sud a rattrapé en quelques décennies des siècles de retard. En réalité, tout peut aller très vite dans la bonne direction. Mais à de lourdes conditions !
En réalité, pour accélérer la construction d’une économie diversifiée et compétitive hors hydrocarbures nous avons trois alternatives qui ne sont pas de valeurs équivalentes. Certaines sont nettement meilleures que d’autres.
Nous aurons à les analyser et en tirer les caractéristiques désirables pour notre économie ainsi que les nombreuses contraintes qu’elles recèlent. Continuer à faire la même chose, investir dans les conditions structurelles actuelles, ne va pas changer grand-chose. Bien sûr que de légères améliorations peuvent être apportées. Mais nous ne parviendrons pas aux performances que nous envisageons. La première alternative et la plus crédible consiste à créer un fonds d’investissement dont la stratégie serait d’acheter des entreprises de haute technologies et en transférer leur savoir-faire et leurs pratiques pour booster notre économie. Nous pouvons le faire dans les secteurs clés comme l’agriculture, les énergies renouvelables, les TIC et diverses industries du futur.
La seconde alternative serait d’opérer à travers un fonds d’investissement diversifié des placements internationaux, dont les ressources seraient investies au niveau national. La troisième piste consiste à injecter nos ressources dans l’économie nationale avec une modernisation des politiques conjoncturelles et structurelles. Mais lesquelles ? Ces trois alternatives seront détaillées avec leurs conditions de réussite. Mais il faut bouger nos pions, faire autre chose. Continuer avec les mêmes politiques économiques ne nous mènera nulle part. Alors autant faire nos choix rapidement.

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