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Hausse des prix et montée du protectionnisme

Le Covid-19 perturbe la chaîne de l’approvisionnement en produits alimentaires dans le monde

26 mars 2020 à 10 h 02 min

L’approvisionnement en produits alimentaires risque de connaître des perturbations et obstacles dans les prochains jours et semaines. C’est là un autre effet de la pandémie de coronavirus dans le monde qui perturbe le travail au niveau des entrepôts et du transport des marchandises dans différents lieux du monde.

Même si la production est abondante, les soucis logistiques retardent non seulement l’acheminement des denrées alimentaires mais aussi font grimper les prix des récoltes. Les contrats à terme de blé ont marqué une forte hausse lundi dernier, de même que ceux du soja, du café et du riz, dont les prix atteignent des cimes.

Une situation qui concerne directement l’Algérie qui dépend fortement des importations des produits alimentaires et particulièrement des céréales. «En Argentine, un syndicat représentant environ 7000 broyeurs de soja menace de faire grève face aux craintes de contagion, de même pour les travailleurs portuaires du géant agricole brésilien…

Un groupe de camionneurs canadiens signale un déséquilibre dans la chaîne d’approvisionnement, alors qu’une pénurie de cueilleurs de café est enregistrée en Amérique centrale et en Amérique latine», rapporte l’agence Bloomberg.

La chaîne d’approvisionnement en produits alimentaires, mise à rude épreuve, montre ainsi sa fragilité face à la propagation du virulent virus. «Il faut des ressources et des travailleurs au niveau des entrepôts, des camionneurs, des rails, des navires, des ports, des terminaux céréaliers et des usines de production pour garantir que la nourriture puisse être acheminée de la ferme à la table du consommateur…

Les étagères des supermarchés sont vides alors que les consommateurs font des achats effrénés et que les prix commencent à grimper», indique l’agence, en prédisant une possible inflation des prix des produits alimentaires.

«Il y a une demande sans précédent sur la chaîne alimentaire. Nos habitudes alimentaires sont totalement différentes. Cette pression va continuer», déclare un ancien gouverneur et sénateur de l’Etat du Nebraska.

Devant cette situation de folie acheteuse, des gouvernements commencent à restreindre leurs exportations en produits alimentaires. C’est le cas de la Russie ou même de la Chine, qui a revu sa politique des prix sur le riz et envisage d’acheter une quantité record de la récolte de l’année 2020.

La Chine a aussi réservé la semaine dernière 340 000 tonnes de blé dur américain et a effectué son plus gros achat de maïs jamais égalé depuis sept ans. L’Algérie a lancé également de nouveaux appels d’offres sur le blé. «Pour le blé, la demande sur le marché international est forte, comme le montre la décision de l’Algérie de lancer un nouvel appel d’offres. Cela s’ajoute à une demande déjà élevée de la Chine», indique le conseiller agricole français Agritel dans un communiqué.

«Il y a un manque de chauffeurs de camions ou de trains et certaines régions souffrent de problèmes d’approvisionnement», dit-il pour la France, mais aussi l’Amérique du Sud. Un des plus grands exportateurs mondiaux de farine de blé a décidé d’interdire les exportations de ce produit ainsi que des carottes, du sucre et de pomme de terre.

La Russie réfléchit à des dispositions qu’elle doit prendre dans les prochains jours. Une vague de nationalisme alimentaire se fait jour, perturbant ainsi les flux commerciaux dans le monde.

«Le verrouillage va empirer si les gouvernements ne travaillent pas collectivement et en coopération pour assurer un approvisionnement mondial régulier, et s’ils mettent simplement leurs nations au premier plan», estime Tim Benton, directeur de recherche sur les risques émergents au think tank Chatham House, à Londres. Le spectre d’aller vers plus de restrictions commerciales se rapproche à mesure que la pandémie continue de sévir.

«Si vous paniquez en achetant sur le marché toute la récolte de l’année prochaine, alors les prix augmenteront et à mesure que les prix augmentent, les décideurs politiques paniqueront davantage. Sans l’approvisionnement alimentaire, les sociétés se cassent totalement», déclare Tim Benton à Bloomberg, en notant que les factures au niveau des épiceries seront plus élevées, ce qui pourrait avoir des conséquences majeures.



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