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Economie parallèle : L’argent qui aurait pu combler les déficits

15 octobre 2020 à 10 h 59 min

Certains estiment le volume de l’informel à 6000 milliards de dinars, d’autres, comme le patron de la Confédération nationale du patronat citoyen, l’évaluent à environ 80 milliards de dollars.

Al’ombre de l’avant-projet de loi de finances 2021 et les déficits qu’il met en évidence, revient la problématique de l’informel qui gangrène l’économie nationale et hypothèque sérieusement son développement.

Certains estiment son volume à 6000 milliards de dinars, d’autres, comme le patron de la Confédération nationale du patronat citoyen, l’évaluent à environ 80 milliards de dollars.

Une somme considérable qui aurait pu servir en ces temps de vaches maigres. En mai dernier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, misait sur ce gisement pour relancer une économie doublement impactée par la chute des prix du pétrole et la pandémie du nouveau coronavirus.

Le pari était donc lancé pour se réapproprier cette manne «des circuits souterrains». «Nous préférons emprunter aux Algériens en leur donnant toutes les garanties nécessaires», disait le chef de l’Etat, en faisant savoir que le secteur privé représente quelque 6000 milliards de dinars ou 10 000 milliards de dinars, l’équivalent de 100 milliards de dollars de fonds, estimait le président Abdelmadjid Tebboune, qui affirmait que «des garanties et des facilitations seront accordées aux propriétaires de ces fonds pour contribuer à l’économie nationale».

«Si certains demandent l’ouverture de banques islamiques sans intérêts, la porte est ouverte, et la Banque centrale est prête à accorder l’agrément», avait-il indiqué.

La question a été largement abordée lors d’un Conseil des ministres tenu en juillet dernier. Des mesures ont été prises pour récupérer «l’argent disponible dans le marché informel et le réintégrer dans le circuit officiel».

Le président de la République avait demandé alors l’accélération de l’ensemble du processus de réformes du secteur, notamment en ce qui concerne la réforme du système bancaire qui devient plus urgente que jamais, la numérisation et la modernisation des secteurs des impôts, du cadastre et des douanes, et la mise en place de la finance islamique pour dynamiser la collecte de l’épargne et créer de nouvelles sources de crédits.

Avec la réduction des importations, notamment les services et le transport maritime de marchandises, pour préserver les réserves de changes, et la récupération également dans les réserves d’or du pays, des fonds gelés depuis des décennies au niveau des douanes et des saisies au niveau des ports et des aéroports, pour les intégrer aux réserves nationales, le gouvernement tablait sur une économie, à la fin de l’année en cours, de près de vingt milliards de dollars.

On ne connaît pas encore les résultats qu’il a pu obtenir à plus de deux mois de la fin de l’année 2020. Mais force est de constater toute la difficulté sur le terrain de mettre fin à l’économie informelle qui continue à prospérer à l’ombre des hésitations politiques à donner un véritable coup de pied dans la fourmilière.

Les zones «franches» qui échappent au fisc et au contrôle de l’Etat et en dehors de la légalité, le marché de change parallèle (entre autres celui du square Port Saïd, en plein centre de la capitale) sont toujours actifs.

Ce n’est pas un épiphénomène, selon une enquête officielle, l’économie informelle, employait près de 4 millions de personnes en 2012.

A l’ombre de la rente pétrolière assurée par un prix du baril à plus de 100 dollars, elle était volontairement structurée comme soupape sociale par un régime hanté plus par sa propre survie que mû par la volonté de construire un pays avec une véritable économie.

Comment s’en défaire, aujourd’hui, maintenant que les recettes pétrolières font défaut avec des prévisions alarmistes sur le moyen terme ? Il est vrai que les milliards de dollars qui sont dans la nature auraient pu constituer une alternative à portée de main pour combler les déficits qui se creusent.

Mais la tâche semble aussi ardue que presque impossible pour faire rentrer l’argent de l’informel dans la cagnotte de l’Etat.

Ce n’est assurément pas les réformes annoncées du système financier ou la modernisation du fisc et des douanes, dont les résultats, si lesdites réformes ont lieu réellement, ne peuvent être attendus que sur le moyen et le long termes, qui le feront. L’économie a besoin d’une thérapie de choc. Des décisions hardies qui mettraient un terme à l’économie de l’ombre. 


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