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En l’absence d’un nouveau cahier des charges pour le régime SKD/CKD : L’annulation du paiement en différé des importations sans effet

17 novembre 2021 à 11 h 02 min

Certes, la mesure récente de l’ABEF annule l’obligation de régler les importations de téléphones mobiles et d’électroménagers en CKD/SKD, par un paiement différé de neuf mois, et autorise donc à nouveau le paiement à vue. Mais, aucune facilitation ne suit pour lever les contraintes de cette filière.

Le régime SKD/CKD continue à faire débat. Les décisions portant sur l’importation de ces kits s’enchaînent sans que le nouveau cahier des charges, fortement attendu par les opérateurs de la filière électronique électroménager, soit élaboré.

L’Association des banques et établissements financiers (ABEF) a émis deux notes au sujet de l’importation des SKD/CKD en l’espace de deux ans, l’une en septembre 2019 et la deuxième annulant la première rendue publique tout récemment, soit le 11 novembre.

Dans la note du 30 septembre 2019, il a été décidé l’instauration d’un différé de paiement des importations. Autrement dit, l’obligation aux importateurs d’effectuer les achats de leurs composants par crédit fournisseur s’étalant sur neuf mois en remplacement du paiement à vue qui était en usage jusque-là.

Depuis cette date, les opérateurs intervenant dans la téléphonie et l’électroménager n’ont cessé d’interpeller les pouvoirs publics sur la nécessité de revoir une telle décision, via des alertes et sollicitations du collectif des producteurs de ce secteur.

Et pour cause, comme nous l’expliquera un manager financier dans une entreprise du secteur, «aucun fournisseur étranger n’accepte d’exporter ses kits avec un délai de paiement aussi long (entre 9 et 12 mois), avec tous les risques d’inflation et de fluctuation de prix pour les fournisseurs et d’augmentation du cours des devises durant cette longue durée pour les clients algériens».

Mais rien n’a été fait. Et pourtant, des promesses portant sur le remplacement rapide de ces régimes CKD/SKD par de nouveaux cahiers de charges ont été faites par le ministère de l’Industrie. Jusqu’à ce jour, aucune nouveauté.

La situation s’est plutôt compliquée avec le blocage du renouvellement des décisions CKD/SKD pour l’industrie du montage de la téléphonie mobile et de l’électroménager.

La pandémie a également porté un coup dur au secteur. Comme conséquences l’arrêt de la production : fermeture de certaines usines, compression des effectifs et augmentation des prix.

Dans certaines entreprises, on compte plus de 80% des employés au chômage en l’absence de plans de charge. Ce sont en effet plus de 30 000 postes d’emploi créés au sein de cette filière au cours des années fastes qui sont menacés de disparition.

«Pour les téléphones mobiles, ces blocages ont encouragé le fléau des acheminements illégaux, dits ‘‘cabas’’, à des quantités importantes et avec un grand manque à gagner pour le Trésor public», fera remarquer notre manager financier, pour qui la dernière note de l’ABEF dans de telles conditions (persistance du blocage du régime SKD/CKD) est un «non-événement».

Autrement dit, l’annulation de la note du 30 septembre 2019 ne pourrait avoir d’effet sur la reprise du secteur, plus particulièrement du montage de téléphonie mobile paralysé depuis 2019 sans nouveau cahier des charges pour l’importation des kits SKD/CKD.

Certes, la mesure récente de l’ABEF annule l’obligation de régler les importations de téléphones mobiles et d’électroménagers en CKD/SKD, par un paiement différé de neuf mois, et autorise donc à nouveau le paiement à vue. Mais, aucune facilitation ne suit pour lever les contraintes de cette filière.

«La note de l’ABEF n’allège aucunement les souffrances de ce secteur, depuis plus de deux ans, contrairement à ce qu’ont fait savoir certains, du moment que les régimes CKD/SKD se trouvent toujours bloqués et qu’aucune importation n’est autorisée dans ce sens», estime notre interlocuteur. Pour ce dernier, tout comme pour les acteurs de cette filière, aucune visibilité pour le moment.

«On s’attendait au lancement d’un nouveau cahier des charges, avec prise en considération des taux d’intégration selon chaque produit ! Mais l’instabilité politique et juridique empêche les choses d’avancer ! Et les grands perdants sont les investisseurs, les employés mis au chômage et les ménages qui voient les prix, notamment de l’électroménager, augmenter», regrette t-il

Samira Imadalou


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