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L’Algérie veut faire valoir son droit de préemption : Pourra-t-elle empêcher un accord entre Total et le groupe Anadarko ?

26 juin 2019 à 9 h 00 min

Le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a réfuté, hier, l’existence de tout accord entre la société française Total et le groupe américain Anadarko pour l’acquisition des actifs de ce dernier en Algérie. Répondant à une question, en marge de la cérémonie de prise de fonctions du nouveau président-directeur général du groupe Sonelgaz, sur la possibilité de l’acquisition par Total des actifs du groupe américain en Algérie, Mohamed Arkab a fait savoir qu’«une correspondance a été adressée au groupe Anadarko à ce sujet, sans recevoir de réponse de sa part.

Ce qui signifie pour nous qu’aucun accord n’a été conclu entre ces deux parties». Dans le cas où il y a confirmation de cet accord, «nous interviendrons en temps voulu et nous userons de tous les moyens juridiques pour préserver l’intérêt de Sonatrach et celui de l’Algérie en général», a estimé le ministre. «Jusqu’à présent, nous sommes d’accord avec notre partenaire (groupe Anadarko), avec lequel nous avons réalisé de grands projets qui ont été éminemment profitables pour Sonatrach», a-t-il soutenu, ajoutant que «nous avons de très bonnes relations avec Anadarko et nous continuerons à traiter avec lui par l’intermédiaire de Sonatrach».

Seulement, le 5 mai dernier a été annoncé à Paris, par Total, la signature d’un accord engageant avec Occidental Petroleum en vue de l’acquisition des actifs d’Anadarko en Afrique (Algérie, Ghana, Mozambique et Afrique du Sud) pour un montant de 8,8 milliards de dollars, dans l’éventualité d’un succès de l’offre en cours d’Occidental pour le rachat d’Anadarko. «Cette transaction est donc conditionnée à la signature et à la finalisation de l’acquisition envisagée d’Anadarko par Occidental, ainsi qu’à l’approbation par les autorités compétentes. La finalisation de la transaction entre Occidental et Total devrait avoir lieu en 2020», indiquait la major française, qui a présenté la liste des actifs qui seraient acquis en Afrique. «En Algérie : opérateur des blocks 404a et 208 avec une participation de 24,5% dans le bassin du Berkine (champs d’Hassi Berkine, Ourhoud et El Merk) dans lesquels Total détient déjà 12,25%. En 2018, la production de ces champs a été de 320 kbep/j de pétrole.»

Au Ghana : des participations de 27% dans le champ de Jubilee et de 19% dans les champs de TEN. En 2018, la production de ces champs a été de 143 kb/j de pétrole et de gaz. Au Mozambique : avec une participation de 26,5%, opérateur de l’Area 1 sur laquelle un projet LNG de 12,8 Mt par an est largement dérisqué et proche de la décision finale d’investissement. L’Area 1 contient plus de 60 Tcf de ressources de gaz dont 18 Tcf seront valorisés au travers de deux premiers trains de GNL dont le démarrage est attendu en 2024. Et enfin en Afrique du Sud : licences d’exploration proches de Brulpadda, découverte réalisée récemment par Total. Selon Total, l’ensemble de ces actifs représente environ 1,2 milliard de barils de réserves prouvées et probables, dont 70% de gaz, ainsi que 2 milliards de barils de ressources long terme de gaz naturel au Mozambique.
La production en quote-part était de 96 kbep/j en 2018 et devrait croître à environ 160 kbep/j d’ici 2025.

«Si elle se réalise, l’acquisition d’Anadarko par Occidental nous offre l’opportunité d’acquérir un portefeuille d’actifs de classe mondiale en Afrique, ce qui renforcerait notre position de leader parmi les sociétés privées internationales sur le continent. Nous avons expliqué que nos activités de M&A créeront de la valeur en jouant sur nos forces et en améliorant notre portefeuille, et c’est exactement ce que nous pouvons réaliser ici», a commenté Patrick Pouyanné, PDG de Total. «Total s’est engagé à exécuter cette transaction dans les meilleures conditions, dans le cas où l’offre d’Occidental serait retenue pour l’acquisition d’Anadarko», affirmait-il, avant d’ajouter : «Cette transaction permettrait à Total et à Occidental de sortir tous les deux gagnants. Total accéderait à plus de 3 milliards de barils de ressources et Occidental renforcerait son bilan suite à cette acquisition en revendant immédiatement les actifs à l’international d’Anadarko.» Et tout porte à croire qu’Occidental Petroleum pourrait bien finaliser cette importante acquisition, puisque le 9 mai dernier, la major pétrolière américaine Chevron avait, dans un communiqué repris par l’APS, déclaré qu’elle n’allait pas faire une contre-offre pour racheter Anadarko, cédant la victoire à son concurrent Occidental Petroleum qui devrait reprendre le groupe pétrolier américain. Le groupe Chevron a indiqué qu’aux termes de l’accord de fusion avec Anadarko Petroleum, il ne fera pas de contre-offre supérieure à celle d’Occidental. Anadarko, qui détient d’importants actifs en Algérie, et Chevron étaient parvenus, le 12 avril dernier, à un accord définitif pour le rachat de toutes les actions en circulation du groupe Anadarko pour 33 milliards de dollars, soit 65 dollars par action.

La valeur totale de la transaction proposée par Chevron s’élève à 50 milliards de dollars, en incluant également la prise en charge de la dette nette et la valeur comptable des intérêts minoritaires. De son côté, Occidental Petroleum a proposé une offre de 57 milliards de dollars qui a ouvert la porte à une guerre d’enchères entre les deux groupes américains pendant plusieurs jours.


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