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Industrie pharmaceutique et enjeux économiques : L’Algérie face au défi de la biotechnologie

05 octobre 2019 à 10 h 03 min

La production nationale économise 300 millions de dollars par an à l’Algérie», a déclaré le Dr Abdelouahed Kerrar, président de l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP), lors d’une conférence consacrée à l’industrie pharmaceutique en Algérie et au Maghreb, animée en marge du Salon international de l’industrie pharmaceutique Maghreb Pharma Expo 2019, qui s’est tenu du 1er au 3 octobre au CIC à Alger.

Cette jeune industrie a connu une bonne croissance au cours de ces dix dernières années. «Nous sommes arrivés à couvrir la moitié de nos besoins en médicaments. Ce qui n’est pas négligeable, et elle a atteint les 10% de croissance durant les cinq dernières années.

C’est le résultat des investissements des entreprises nationales qui ont enregistré 16% de cette croissance, contre 1% pour les multinationales», a-t-il indiqué.

Pour le président de l’Unop, ce résultat a été obtenu grâce à deux facteurs, à savoir les investissements massifs engagés par des opérateurs locaux, avec un total de 98 unités de production, et la protection de la production nationale à travers l’interdiction de l’importation des médicaments fabriqués localement, décidée par les pouvoirs publics.

«L’Algérie a acquis, aujourd’hui, une expertise humaine et constitue un pays potentiellement exportateur», a-t-il souligné. Et de préciser que le marché du médicament connaîtra une forte augmentation dans les prochaines années et la facture des médicaments issus de la biotechnologie atteindra un milliard de dollars d’ici à 2020, soit un tiers de la facture globale : «Il est temps pour l’Algérie d’orienter ses investissements dans ce domaine.

Pour ce faire, il est impératif de mettre en place une réglementation adéquate, notamment pour l’introduction des médicaments biosimilaires.» Ces investissements, a-t-il expliqué, doivent être accompagnés de mesures incitatives, telles que la révision des prix des médicaments. «Un véritable frein pour la production locale qui veut relever le défi de l’exportation», a-t-il encore souligné.

L’accès aux marchés régionaux et internationaux nécessite, d’après le Dr Yacine Sellam de l’Institut Pasteur d’Algérie, de s’aligner au plus vite sur les bonnes pratiques réglementaires. «L’Algérie, le Maroc et la Tunisie devraient privilégier l’échange d’informations et le travail collaboratif dans le domaine afin de s’aligner au plus vite sur les bonnes pratiques réglementaires.

De cette façon, leurs réglementations pharmaceutiques convergeraient graduellement et deviendraient de facto harmonisées avec le temps. Le credo est à la coopération réglementaire, à l’image de ce qu’ont entrepris avec plus ou moins de succès les pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et du Conseil de coopération du Golfe (GCC), pour faire face aux menaces qui découleront de l’activation effective des zones de libre-échange arabe, africaine et avec l’Union européenne», a-t-il recommandé.

Et de signaler que cette démarche ne peut être que salutaire, dès lors qu’en s’inscrivant dans un processus d’harmonisation régionale permet une «harmonisation nationale».

La priorité pour l’Algérie, a-t-il encore préconisé, au même titre que le Maroc et la Tunisie, est de se doter d’agences nationales du médicament qui concentrent toutes les prérogatives et possèdent tous les moyens nécessaires pour mettre en œuvre les politiques pharmaceutiques nationales, pour pouvoir ensuite s’engager dans un chantier régional, voire continental, en l’occurrence celui de l’Agence africaine des médicaments.

«Les expériences internationales antérieures sont là pour le confirmer, la coopération réglementaire ne signifie en aucun cas une prise de décision collégiale, soit que la souveraineté et l’autonomie nationales restent intactes», a-t-il ajouté.

L’accès aux molécules innovantes reste encore en deçà des attentes en Afrique du Nord, a noté le DKarim Bendahou de Tunisie. Il a estimé que face aux réticences des décideurs à l’égard des prix de ces médicaments, des solutions peuvent être envisagées pour permettre l’accès à ces thérapeutiques innovantes.

Pour lui, il est important de proposer le développement des études cliniques dans la stratégie nationale de santé et opter pour les contrats de performances qui «permettent d’offrir aux patients l’accès aux soins et maîtriser les dépenses», a-t-il indiqué.   


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